Pages d'histoire

Képis noirs et bérets rouges – Sahara 1957 (Bataille de Timimoun), par le général Massu.

par Theatrum Belli  21 novembre 2023

Parmi d’innombrables faits d’armes, la tradition militaire française a lutté pour arracher à l’oubli quelques-uns de ceux qui témoignaient de l’héroïsme le plus pur.

C’est ainsi que sont connus les noms de « Camerone » pour la Légion étrangère, de « Sidi Brahim » pour les chasseurs à pied, de « Reichshoffen » pour les cuirassiers, de « Bazeilles » pour ceux qui portent au képi noir une ancre d’or, et de tous les hauts lieux de nos Marches de l’Est pour les vétérans de la deuxième guerre mondiale.

Paradoxalement, les chasseurs ont retenu le symbole d’un combat en terre d’Afrique et les coloniaux un épisode, parmi tant d’autres, des sanglantes empoignades aux frontières des Francs et des Germains.

Célébrant Bazeilles et le sacrifice de ceux qui voulaient permettre à l’armée de Châlons de rejoindre celle de Metz, les Anciens de la « Coloniale » choisissaient le cadre des Ardennes, familier aux Métropolitains.

 

Le bilan des journées du 31 août et du 1er septembre 1870 donne la mesure de l’acharnement des combats soutenus par la « Division Bleue » du général de Vassoigne : 2 500 morts, dont 315 officiers et sous-officiers. Le chiffre des pertes bavaroises varie, selon les auteurs, de 4 000 à 7 000 hommes.

1870-1970… l’histoire militaire de ce siècle est riche en combats, parfois aussi glorieux que Bazeilles, où s’illustrèrent Marsouins et Bigors. Toutefois, sollicité de mettre en lumière l’un de ceux qu’entraîna le conflit algérien, je saisis l’occasion de rompre avec l’habituelle évocation des accrochages désespérés pour traiter une entreprise offensive, audacieuse mais victorieuse, c’est-à-dire à résultat immédiatement favorable. Je l’ai choisie d’abord dans un cadre purificateur, cher à tous ceux qui ont vécu en Afrique Noire ou en Afrique Blanche, dominées par les grandes figures de Foucauld et de Psichari, comme par celles des plus illustres chasseurs de rezzous. La montagne, la mer, la forêt, le désert exercent un pouvoir formateur enrichissant. Les tâches ingrates imposées aux soldats par la guerre, conservent, au Sahara, l’auréole de clarté qu’elles perdent le plus souvent dans les casbahs.

De plus, pour des raisons logistiques, l’emploi de colonnes légères est seul possible dans les régions désertiques éloignées des rivages maritimes. C’est ainsi que la « Colonne Leclerc » de 1942-43 n’a guère excédé 400 Européens et 2 400 Africains, en moins de 600 voitures, et 17 avions allant du GlenMartin au Lysander, en passant par le Blenheim ; elle ne comptait, bien entendu, ni parachutistes ni hélicoptères, et fort peu de transmissions. Nous étions encore loin des quatre mille véhicules, aux deux tiers blindés, de la 20 D.B. lors de son débarquement de 1944 en Normandie. Vraiment, la gloire africaine de Leclerc a été forgée avec un minimum d’armes, en comparaison de celles de Montgomery et de Rommel, qui s’affrontaient, eux aussi, dans le désert, mais le long de la côte méditerranéenne.

L’opération de Timimoun menée sur de grandes distances au cœur du Sahara rentre dans cette lignée : recherche patiente du renseignement, légèreté et souplesse des moyens engagés, vitesse foudroyante d’exécution, et aussi forte personnalité du Chef, le colonel Bigeard, aux exceptionnelles aptitudes d’entraîneur d’hommes et de manœuvrier.

Parmi tous les combats qu’a livrés Bigeard, celui que je vais tenter de faire revivre devrait porter au cœur de mes lecteurs l’envie de prendre le vent du Sahara, à l’appel du beau nom de « Timimoun ».

Timimoun, « Oasis Rouge », chef-lieu du Gourara, est la reine des trois villes flamboyantes qui encerclent le Tademaït, In Salah et Adrar étant les deux autres. On y accède par la Porte du Soudan, construite en argile rouge éclatant. La ville est bâtie sur le ressaut septentrional du Tademaït ; elle est séparée des hautes dunes du Grand Erg Occidental par la Palmeraie et la Sebkha, dépression analogue au lac Léman par sa forme, sa grandeur et sa disposition. Le dessèchement date de quelques centaines d’années. Les riches palmeraies du Gourara s’étendent dans les bas-fonds salins, couvrant environ 80 km de long sur 25 à 30 km de large. L’artisanat est très important dans le Ksar et les environs de Timimoun : on y tisse les plus belles tentures du Sahara, des burnous, gandourahs, haïks, et des tapis rouges et verts aux dessins originaux.

La Compagnie des Pétroles d’Algérie était installée à Timimoun, chef-lieu de trois mille habitants, la commune de Gourara en comptant 25 000 (en 1955).

À 190 kilomètres vers le sud, Adrar est le chef-lieu du Touat (38 000 habitants) et jadis portion centrale de la Compagnie saharienne du Touat et de la Saoura, qui surveillait les confins du Sud-Marocain et établissait la liaison avec les troupes françaises de Mauritanie. Partant d’Adrar, ColombBéchar se trouve à 600 kilomètres au nord, par Kerzaz et Beni Abbès, sur la route d’Oran, et Reggane est située à 139 kilomètres au sud sur la route du Tanezrouft (Bidon 5) et de Gao.

Timimoun faisait partie du territoire militaire d’Aïn Sefra (située au nord du Grand Erg Occidental et à 255 kilomètres au nord-est de Béchar), d’où Lyautey entreprit en 1903 de pacifier le sud Oranais ; dans ce commandement, « il goûta les plus belles joies de sa carrière ». Saluons au passage, avec respect, ce chef prestigieux et, avec lui, tous ceux qui partagèrent sa devise, gravée dans la bague qu’il ne quittait jamais : « The soul’s joy lies in doing ».

Un demi-siècle plus tard, Bigeard, soldat du peuple, témoignera à son tour, dans les mêmes sables, qu’il est lui aussi, à son échelon, un merveilleux « animal d’action », sans doute le meilleur utilisateur en tous terrains des moyens aériens et des transmissions radiophoniques.

Nous nous sommes rencontrés en Bretagne, où naissait en 1947, à Vannes, la première Demi-Brigade des Commandos coloniaux parachutistes, issue de la Demi-Brigade de Parachutistes S.A.S., elle-même mise sur pied en GrandeBretagne à des heures difficiles et qui s’est illustrée dans les combats de la Libération et dans les premiers combats d’Indochine. Les Képis Noirs étaient alors heureux et fiers d’accueillir cette élite, dont l’expérience permit à la brigade de devenir le creuset des prestigieuses unités de Parachutistes d’infanterie de marine… et d’adopter leur coiffure, le célèbre Béret Rouge. De 1947 à 1954, la Demi-Brigade de Commandos Parachutistes a formé ainsi treize bataillons pour l’Indochine : engagées à fond pendant sept ans, ces unités totalisent vingt-trois citations collectives à l’ordre de l’Armée. De 1954 à 1962, en Algérie, la Brigade de Parachutistes d’Outre-Mer entretient quatre régiments. Leur action s’étend à Suez, en 1956, puis à Bizerte en 1961. Dans le même temps, les missions d’outre-mer sont assurées. Les parachutistes de l’infanterie de marine sont présents à Madagascar, en Afrique Noire, en Mauritanie.

Au cours de ces combats, 190 officiers, 550 sous-officiers, 1 900 hommes de troupe ont fait, dans les rangs des S.A.S. et des parachutistes d’infanterie de marine, le sacrifice de leur vie.

Bigeard est un survivant. Il a largement participé à cette épopée, à travers de nombreuses opérations aéroportées. Déjà il avait été largué en France, il le fut ensuite en Haute Région tonkinoise… Tulé… Lang Son… Dien Bien Phu, pour ne citer que les principales.

Depuis 1955, son régiment, le 3e régiment de parachutistes coloniaux participe à la lutte contre la rébellion dans les Djebels et dans les cités. Il est rodé.

En novembre 1957, il se trouve dans la région de Colomb-Béchar, où, dix ans auparavant, s’est écrasé l’avion « Mitchell » du général Leclerc.

Le 20 octobre, la Compagnie méhariste du Touat, après avoir tué ses cadres français, a apporté au « Front de la Libération Nationale » le renfort de 70 hommes et chameaux, deux fusils-mitrailleurs, un appareil radio C9.

Le 8 novembre, profitant de ce que toutes les troupes mobiles du secteur sont à la recherche des déserteurs, les éléments rebelles montent une embuscade sur un convoi appartenant à la Compagnie des Pétroles Algériens. 

Deux civils européens, cinq légionnaires sont faits prisonniers, ainsi qu’un certain nombre d’ouvriers musulmans, parmi lesquels quatre réussissent à rejoindre Timimoun ; un fusil-mitrailleur et une dizaine d’armes sont emportés par les rebelles.

Le 10 novembre, Bigeard est convoqué par le général commandant le territoire d’Aïn Sefra qui lui donne carte blanche pour rétablir la situation, sur les plans militaire et psychologique, la presse française ayant titré en première page la nouvelle de l’attaque contre les pétroliers. L’opération doit débuter au plus tard le 13.

Les moyens propres du 36 R.P.C. comprennent : six compagnies à l’effectif de 150 ; un P.C. avant (30 personnels), un P.C. arrière (60) et, depuis vingt jours, deux Piper, six Hélico S-58, et les véhicules nécessaires à sa motorisation. L’ensemble est déjà très soudé, mais le régiment n’a jamais travaillé dans le désert. Les moyens rattachés se composent :

  • d’un commando Air (100),
  • d’une compagnie portée de Légion étrangère (200) en cours de recherche des rebelles, à 50 kilomètres au nord-ouest de Timimoun,
  • d’une compagnie méhariste (100 fusils) en mission de protection récupération des Land-Rovers brûlés à 40 kilomètres nord de Timimoun,
  • des garnisons de Timimoun (40), Kerzaz (50), de Beni Abbès (80),
  • de trois Dassault basés à Timimoun.

Il fallait alors deux à trois jours pour relier Béchar à Timimoun sur 600 kilomètres de « tôle ondulée ». La zone de chasse s’étend sur une surface équivalant aux deux tiers de la superficie de la France !

Les véhicules disponibles sont au nombre de cinquante G.M.C., quatorze Dodge 6 x 6, vingt-neuf Jeep.

Les transmissions sont étoffées :

  • Un SCR 193 à Béchar,
  • Un SCR 193 à Timimoun,
  • Deux ANGRC7 au P.C. du régiment,
  • Un ANGRC 9 par compagnie,
  • Un SCR 300 par section,
  • Un gros stock de piles est prévu.

Le 13 novembre, Bigeard et son P.C. léger se posent à Timimoun en deux Dakota.

Les contacts sont pris avec le commandement local. L’officier de renseignement effectue aussitôt une liaison à Adrar pour récupérer les suspects arrêtés par la D.S.T., tandis que son adjoint interroge les ouvriers musulmans tombés dans l’embuscade.

Le 14 novembre arrive un P.C. Air, commandé par un spécialiste chevronné, « porté aux nues » sous le nom de « Félix » par toute l’Armée de Terre, le lieutenant-colonel Brunet.

Les moyens aériens commencent à se mettre en place et deux compagnies arrivent à 22 heures par la piste.

Le 15 novembre, Bigeard rend compte de ses intentions et de ses besoins. Il a décidé de constituer un groupement fait de la C.P.L.E. qui sera basée à Kerzaz et de la Compagnie méhariste qui sera basée à Beni Abbès, et de lui confier les missions de sécurité de l’axe Beni Abbès – Adrar, de renseignement par interrogatoires et reconnaissances vers l’est (région des Puits) et vers l’ouest (contrôle des nomades).

Il insiste par ailleurs, sur l’urgence de ses demandes antérieures, non encore honorées : trois JU-52, au lieu de deux, deux patrouilles de T-6, moyens d’appui-feu, trois Nord 2501, trois Piper au lieu de deux.

Le 15 novembre arrive presque tout le reste de son régiment : les missions sont réparties. Une liaison hélicoptère est effectuée avec les Land Rover des pétroliers, qui affluent à Timimoun de toutes les directions.

Les renseignements sur l’organisation adverse font l’objet d’une synthèse, qui dénote l’expérience du « Patron ».

Du 16 au 20, reconnaissances, recherche du renseignement, essai opérationnel des Land Rover ; 32 armes sont saisies, une organisation politico-militaire est patiemment localisée.

Tenant compte des renseignements ainsi obtenus et recoupés, une opération est montée sur Hassi Rhambou, à 80 kilomètres au nord-est de Timimoun (à vol d’oiseau) le 21 novembre.

Bigeard obtient un appui B 26 et joue le jeu où il est passé maître.

Mouvement de nuit par camions jusqu’à vingt kilomètres de l’objectif de la 3e compagnie et du P.C. opérationnel. À 8 heures ceux-ci sont héliportés après mitraillage par la chasse de la zone des « posés ».

Les traces des rebelles sont relevées à 8 h 30, les premiers coups de feu échangés à 9 h 30.

A 12 h 36, après marquage-piper et mitraillage de la zone de parachutage, la 4e compagnie, en « alerte aéroportée » à Timimoun, est larguée des « Nord 2501 » et immédiatement engagée.

Les deux unités soutiennent un contact étroit, appuyées par les B 26 qui se relaient sur leur zone d’action.

A 14 h 30, après une liaison au P.C. de la 3, « Bruno » (c’est Bigeard en langage radio codé) fait héliporter sur Hassi Rhambou un élément de renforcement de son escadron de jeeps armées et son P.C., qui avaient effectué leur approche par la piste.

Les combats demeurent acharnés jusqu’à 18 h 45. Par étapes successives Bigeard et son P.C. se sont retrouvés à l’abri d’une dune à portée de voix des combattants. Les blessés sont évacués, les moyens aériens quittent la zone de combat. Pendant la nuit, les unités montent des embuscades.

 

Sergent-chef René mortellement blessé

Le 22, la zone d’action est fouillée, des matériels, un dépôt de vivres et de munitions sont saisis. Les unités sont regroupées, les prisonniers interrogés.

Une opération analogue est effectuée le 23 sur Hassi Djedid Ech Chergui à 40 kilomètres au nord-est de l’objectif précédent :

  • approche terrestre des unités, arrivée à 7 h 30 des Sikorsky et Pipers, à 8 heures des Dassault et B 26. Reconnaissance sur l’objectif avec chasse et pipers et même les Sikorsky portant certains prisonniers, « Strafing » de la D.Z choisie et héliportage à 10 heures.

La compagnie d’accompagnement en « alerte aéroportée » à Timimoun embarque sur les « Nord 2501 » à 10 h 35 pour une « alerte en vol », mais ne sautera pas.

Après liaison de « Bruno » avec le P.C. de son escadron à 13 heures, un dépôt d’environ quatre tonnes est découvert à 14 heures et évacué par héliportage.

A 21 heures, les unités sont regroupées à Timimoun, ayant perdu onze des leurs, dont un officier, et comptant huit blessés.

Leurs adversaires ont perdu 52 hommes, dont 20 déserteurs, deux F.M., deux P.M., quarante fusils de guerre, un ANGRC 9, 5.000 cartouches, 10 tonnes de vivres, des équipements, des documents importants.

L’opération Timimoun s’est poursuivie du 24 novembre au 8 décembre par une localisation du rebelle, dans le vent de sable, ensuite par une double action au coeur de l’Erg, à 125 kilomètres au nord-ouest de Timimoun, sur Bou Krelala, puis en direction de Kerzaz, sur Belguezza.

Elle a encore coûté quatre tués et six blessés, mais elle a doublé les pertes adverses précédentes.

Dans l’ensemble, un temps favorable aux moments critiques a permis la découverte du guetteur mal camouflé : le destin de la bande aux abois était alors scellé.

Aptes à jouer aisément de l’automobile comme du parachute, de l’hélicoptère aussi bien que du dromadaire, les parachutistes, menés de main de maître, se sont dépassés généreusement.

Le désarroi causé à l’adversaire par des méthodes aussi percutantes qu’efficaces ressort de l’extrait du compte rendu de Si Omar au commandant de la Z 8, le 29 novembre, et découvert lors d’une fouille : « L’ennemi a arrêté un grand nombre de la population de Timimoun et ils ont enterré et piégé les puits où se trouvait la 1ère section. C’est pour ceci que nos hommes ont replié dans la région de Beni Abbès. Nous n’avons jusqu’à présent aucune nouvelle de la deuxième section qui se trouve à l’est de Timimoun ».

Pour Bigeard, l’expérience de la guerre révolutionnaire d’Indochine, qu’il a acquise sur le terrain et jusque dans les geôles du Viet Minh, l’a amené à conclure à la nécessité de s’attaquer avant tout à l’infrastructure politico-militaire.

Quant aux bandes, second, mais non moindre objectif, il a constaté que, dans la région de Timimoun, elles ont trouvé dans l’organisation rebelle, réalisée depuis un an, un soutien précieux à travers toutes les palmeraies. Observation valable, j’ai pu en juger par moi-même dans bien d’autres régions, où la loi du silence, notre immobilisme ont permis le classique pourrissement dont nos forces avaient été également les victimes au Vietnam !

Mais, dans cette zone désertique, la nature favorisait encore la mise en place de dépôts, dont l’importance prouvait qu’elle datait de longs mois.

La population musulmane des Palmeraies avait perdu tout sentiment de sécurité, par suite du manque de dynamisme, de la trop fréquente tactique défensive et classique, de l’éloignement, de la routine immuable et si facilement repérable des garnisons. Aussi avait-elle apporté aux rebelles un soutien total dû à la crainte, pour les plus vieux et les faibles, à l’admiration pour les jeunes qui ne trouvaient pas chez nous ce rayonnement et cet exemple exaltant dont ils ont soif.

Pour rétablir en quelques jours une position si gravement délabrée, il fallait évidemment consentir une importante dépense de moyens. Nous sommes loin des « dernières cartouches »…

Encore fallait-il savoir les utiliser, ces moyens, pour ne pas s’en trouver plus encombré qu’aidé… et ne pas donner le spectacle trop connu du « marteau-pilon incapable d’écraser la mouche ».

La région de Hassi Rhambou, en effet, est non seulement pratiquement inaccessible aux véhicules, mais elle présente un aspect buissonneux où le rebelle peut parfaitement se camoufler, se protéger. Seule l’accumulation des renseignements, obtenus par un travail patient et précisés par des reconnaissances aériennes, a-t-elle permis de situer la « Bande », point minuscule dans cette immensité désertique.

« Une fois de plus, on peut mesurer la discipline d’existence que s’impose l’adversaire, et quand on voit le courage dont il fait preuve durant le combat, on comprend combien peut être grand le rayonnement d’une bande de rebelles sur une population, au demeurant sans défense. »

Ce sont là les paroles de Bigeard, toujours prêt à saluer, en connaisseur, les mérites de ceux qu’il combat, à ferveur égale !

Sa tactique offensive de la bataille de novembre 1957 a renversé la situation.

Ce ne sont plus, la nuit, des embuscades mises en place par un ennemi sûr de l’impunité, nos troupes prudemment enfermées derrière les barbelés de leurs camps, mais celles tendues par des parachutistes, qui ont fait leurs ces méthodes payantes.

Sur le terrain, des soldats entraînés au corps-à-corps se battent dans la dune désertique contre des hommes qui se terrent, par petits paquets de trois ou quatre à la contre-pente des dunes, un seul guetteur à la crête : chaque groupuscule est un îlot de résistance qu’il faut réduire avec ténacité et courage en lui donnant l’assaut. Combat âpre et rude dans un terrain où l’uniformité des cuvettes de sable, jointives et toutes semblables, rend très précaire la localisation des coups de feu.

Tout concourt à dramatiser ce combat : les armes qui s’ensablent, les incidents de tir, le climat, le terrain mal connu des uns, si familier aux autres…

Seule une infanterie agressive et décidée peut gagner à ce terrible jeu, sous les ordres de l’homme qui a ainsi fixé le souvenir de Timimoun, « sommet » d’une tradition coloniale et saharienne :

« Un jour, on nous donna le désert pour combattre… Il nous sembla alors que nous avions trouvé dans ce dépouillement et cette solitude, dans la soif et dans la faim, cet ennemi que nous poursuivions depuis si longtemps : nous-mêmes, notre peur et ce corps qui se rappelait soudain à nous pour exiger des fruits juteux, des filles accueillantes, des lits profonds et une vie confortable. »

Général MASSU

Texte initialement publié dans la Revue historique de l’armée n°4 (1970)

Visionnez la galerie photos sur Timimoun.

 

Les derniers tirailleurs

Année 2019 – Durée 52 mn

Un film de Cédric Condon, coproduit par Kilaohm Productions et l’ECPAD en accès libre du 17 juillet au 15 août 2023

Lancée en janvier 2023, l’Année du documentaire a pour ambition de faire rayonner le genre auprès du grand public. Dans le cadre de cette opération, ImagesDéfense vous propose de découvrir chaque mois un film documentaire en accès libre coproduit par l’ECPAD et ses partenaires.

Ils s’appellent Yaro, Manoula, Keita, Abdoulaye. Ils ont sorti leurs calots et leurs médailles qu’ils ont accrochés au revers de leurs vestes. Ces vieillards se sont battus autrefois en Indochine et en Algérie. Dignes et silencieux, ils affirment leur identité d’anciens combattants. Voici les derniers tirailleurs.

Yannick LALLEMAND, l’aumônier qui a sauté sur Kolwezi

Chaque 19 mai, depuis 41 ans, le père Yannick Lallemand se souvient de l’opération « Bonite » sur Kolwezi auprès des légionnaires du 2e REP, dans l’ex-Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo. Le « padre », qui a participé à plusieurs opérations marquantes des dernières décennies, a fait ses adieux aux armes en 2018.

Le père Yannick Lallemand était en manœuvre dans les montagnes corses le 17 mai 1978. L’aumônier militaire avait alors dans son diocèse trois unités stationnées dans l’île, dont le 2e régiment étranger de parachutistes, en garnison à Calvi. La marche se termine dans une gorge où les radios ne captent pas. Ce n’est qu’à la fin de la journée qu’une estafette le retrouve pour le ramener d’urgence en Balagne. Le père Lallemand trouve le camp Raffalli en pleine effervescence. Le 2e REP vient d’être mis en alerte. Au Zaïre, dans la pro­vince du Katanga, des rebelles venus d’Angola ont pris la ville minière de Kolwezi, et ont commencé à massacrer les Européens et les Africains.

« Je suis allé à l’infirmerie où le médecin-chef m’a dit : nous allons sauter en opération. Vous partez avec nous comme brancardier. Voulez-vous une arme ? », se souvient le padre, (surnom de l’aumônier dans les régiments de l’armée française). « J’ai dit non. » « Voilà votre sac, bien plein, pour les blessés éventuels », lui répond le médecin. Le père Lallemand y ajoute ce qu’il faut pour la messe, et s’endort tout habillé. Pendant la nuit, la sirène retentit. L’opération « Bonite » est déclenchée. Le 2e REP embarque dans des camions pour la base de Solenzara, d’où il décolle pour le Zaïre.

« Il y avait des cadavres partout » 

Au matin, à peine posé sur l’aéroport de Kinshasa, il embarque avec le médecin-chef dans le premier des avions qui décollent vers Kolwezi. « Nous étions serrés comme des sardines », se souvient le père, « il faisait une chaleur torride, et nous n’avions pas de renseignements précis sur la situation au sol ». Au-dessus de Kolwezi, les appareils ont du mal à s’aligner, et font un premier passage sans larguer. Le deuxième passage est le bon. Lumière ­rouge. Lumière verte. Go ! Le père Lallemand saute juste derrière le colonel Erulin, le chef de corps du REP. L’atterrissage est brutal. « Le colonel est tombé sur une termitière et s’est bien râpé la joue », dit le père. « Quant à moi, j’ai atterri sur le cadavre d’un Noir. J’ai entendu les premiers tirs, et les premières détonations. Les combats ont commencé. Il y avait des cadavres partout, massacrés par les Katangais, c’était affreux. » Mais l’effet de surprise a joué. 700 légionnaires largués directement sur l’ennemi à des milliers de kilomètres de leur base, sans appui ni renforts, ont pris la ville. À la nuit tombée, le 2e REP tient fermement le centre de Kolwezi. Le père Lallemand est avec l’infirmerie et l’état-major tactique du régiment, qui s’installe à la nuit tombée dans le Lycée Jean XXIII.

Le lendemain matin, le PC du régiment se dé­place à l’hôtel Impala. Le 2e REP a sauté sur Kolwezi sans armements lourds ni équipement, ni soutient sanitaire. Le père Lallemand joue d’abord le rôle de brancardier, mais surtout il est au milieu des blessés, jour et nuit, faisant boire l’un, aidant l’autre à manger sa ration, lavant les treillis pleins de sang. Puis est amené dans ce qui sert d’infirmerie le premier mort ; c’est un caporal, tireur d’élite. « Le médecin-chef m’a dit : “Pouvez-vous vous occuper de nos tués, car les blessés sont assez nombreux et je suis le seul médecin ?” », se rappelle le père Lallemand. « Nous n’avions ni cercueils, ni linceuls. Je suis allé récupérer des parachutes ventraux abandonnés sur la zone de saut, et nous avons enveloppé nos morts dedans. » Le 2e REP perd cinq des siens dans l’opération. Alors que les combats se terminent, l’aumônier demande au colonel l’autorisation de célébrer une messe. La cérémonie a lieu dans les jardins de l’hôtel Impala, concélébrée avec le curé de la cathé­drale de Kolwezi. « Un grand moment de prière pour nos cinq camarades tués au combat, et pour tous ces Européens et Africains ­innocents morts dans la furie de cette semaine ­sanglante. »

Le père Lallemand dit avoir eu sa vocation religieuse vers l’âge de 10 ans. « Ce fut un choc pour mon père quand ma mère lui a fait part de mon projet de devenir prêtre. Il était lui-même militaire, et rêvait que je devienne officier de marine. Mon frère aîné avait été tué en Algérie dans les parachutistes. »

Le jeune Yannick Lallemand finit par obtenir gain de cause. Il entre au séminaire de Poitiers, mais interrompt ses études religieuses pour devenir officier de réserve. Il sert pendant presque trois ans en Algérie comme chef de section dans un commando de chasse. À la fin de son service, il retourne au séminaire.

Lorsqu’il est finalement ordonné prêtre, il annonce à son évêque qu’il ne servira que pendant cinq ans au diocèse, et qu’il deviendra ensuite aumônier militaire. Ce n’est qu’au bout de six ans qu’il rejoint sa première affectation. « J’étais aumônier de deux bataillons de chasseurs alpins, le 13e BCA à Chambéry, et le 7e BCA à Bourg-Saint-Maurice. Il fallait que je fasse plus de 140 kilomètres entre les deux garnisons, par des routes enneigées et dangereuses en hiver. On ne s’appartient plus quand on est aumônier militaire. »

Le père Lallemand est affecté ensuite dans les parachutistes, à Carcassonne, au 3e RPIMa. « C’était à l’époque une unité d’appelés très opérationnelle, qui revenait du Tchad, où ils avaient eu des tués dans des accrochages. J’allais sauter avec les jeunes brevetés à Pau. C’est un bon moyen pour un aumônier d’établir le contact avec eux, quand ils nous voient dans le même avion, ils savent qu’ils ­peuvent compter sur nous. » En 1975, il rejoint la Légion, où il participe à l’opération de Kolwezi, le 19 mai 1978. Affecté au 1er régiment de chasseurs parachutistes, le régiment de son frère tué en Algérie, il part au Liban en 1983. « Nous avons débarqué à Beyrouth sur une plage à partir de chalands, l’aéroport étant fermé à cause de la guerre. » Dans la capitale libanaise, les paras s’installent dans les immeubles à moitié détruits. Le père Lallemand fait la tournée des postes avancés. « J’aidais à remplir les sacs de sable pour protéger les bâtiments. Le dimanche, j’allais dire la messe dans un poste ou dans un autre. » Le 23 octobre 1983, le padré est au PC du régiment quand retentissent deux énormes explosions : la première en direction de l’aéroport, où sont stationnés les Marines américains. La seconde, quelques minutes plus tard, provient de l’immeuble du Drakkar, où sont déployés les paras français. Deux voitures suicides lancées par une milice dont on ignore encore le nom ont frappé les contingents occidentaux.

« En arrivant sur place, il ne restait rien qu’un amas de ferraille et de béton », se souvient le père Lallemand. « Nous entendions les blessés appeler au secours en dessous des décombres, et nous n’avions que nos pelles individuelles pour les dégager. Commence alors un chemin de passion et de douleur. J’entendais les voix de ces soldats avec qui j’avais marché, sauté. Pendant quatre jours, je leur ai parlé, les ai accompagnés de la voix, puis peu à peu leurs voix se sont éteintes. » Depuis, chaque année, il continue de visiter les tombes des soldats tués au Drakkar, avec les familles desquels il est resté en contact.

« Dix ans au Tchad »

Les Américains ont eu 241 morts, les Français, 58. « Les corps ont été transportés à la résidence des Pins, l’ancien palais des ambassadeurs de France. Chaque nuit, j’allais veiller les cercueils de mes petits et je lisais leurs noms en pleurant, en me rappelant ce que nous avions vécu ensemble. Il y a eu une cérémonie d’adieu. J’ai prononcé un message d’espérance. Ils n’étaient pas morts pour rien, ils étaient morts pour la France, pour le Liban, ce « Liban-message”, comme disait Jean-Paul II. Je continue chaque année d’aller prier sur leur tombe, avec l’association des familles, blessés et rescapés du Drakkar. »

Quatre mois plus tard, le père Lallemand est au Tchad, où l’opération « Manta » vise à contenir les Libyens de Kadhafi au nord du 16e parallèle. « Nous partions pour de longues patrouilles dans le désert. J’y ai rencontré des missionnaires extraordinaires qui avaient évangélisé là depuis les années 1930. Au bout de quatre mois, j’ai su que je devais me consacrer à ces populations chrétiennes abandonnées. » En 1987, le père Lallemand quitte l’aumônerie militaire pour retourner dans le nord du Tchad. À Moussoro, puis à Faya-Largeau, le père reste dix ans au Tchad, où il construit et reconstruit des églises et chapelles, là où se trouvent des soldats et leurs familles, la majorité venant du sud du pays.

De retour dans l’aumônerie militaire, le père Lallemand rejoint la Légion étrangère qu’il ne quittera plus. Après le 4e étranger à Castelnaudary, il est affecté au 1er étranger, la maison mère de la Légion, à Aubagne, tout en servant les maisons de retraite de la Légion étrangère, à Auriol et à Puyloubier, où il vivra avec les anciens légionnaires pendant cinq ans. Il fait son adieu aux armes au début de l’année 2018, où il lit pour une dernière fois la devise de la Légion, « Honneur et Fidélité ». Sa longue carrière a été placée sous la prière du para, qu’il a si souvent répété dans ses régiments : « Donnez-moi mon Dieu, ce qui vous reste, donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas, mais donnez-moi aussi le courage, car vous êtes seul à donner, ce que l’on ne peut obtenir que de soi. »

 

Adrien Jaulmes
Le Figaro
vendredi 17 mai 2019

 

Rediffusé sur le site de l’ASAF : www.asafrance.fr

 

Figure emblématique de la Légion étrangère, le père Yannick Lallemand, 86 ans, a été désigné pour porter ce dimanche 30 avril à Aubagne la main en bois articulée du capitaine Danjou, héros du combat de Camerone. Un honneur qui vient couronner une vie de service, d’aventures et de dévouement. Une vie d’action de grâce. Rencontre.

« Portrait du président Ho Chi Minh » offert au musée Ho Chi Minh par le vétéran français Pierre Flamen.

DERNIER SAUT SUR DIÊN BIÊN PHU

Découvrez en vidéo l’histoire hors-norme du Major Pierre Flamen, un héros de la guerre d’Indochine et d’Algérie. Meneur d’hommes fougueux, il s’évadera trois fois des camps Viet Minhs et combattra avec ses frères d’armes à la bataille de Diên Biên Phu.

Plongez dans ses combats, ses aventures et ses blessures au sein des prestigieux parachutistes français. Un hommage à tous les soldats qui ont combattu pour notre liberté et une invitation à se souvenir de leur sacrifice. Ne manquez pas cette vidéo qui vous transportera dans une des guerres modernes les plus importantes de l’Histoire militaire française.

https://www.youtube.com/watch?v=N8FlUI8uqT0 (Vidéo 1 heure)

COMMENTAIRE

En tant que secrétaire général de l’association nationale des anciens prisonniers d’Indochine (Anapi), c’est un honneur d’avoir l’ami Pierre Flamen comme adhérent. A Dien Bien Phu, il était chef d’une section totalement vietnamienne à la tête de laquelle il a participé aux deux reprises d’Eliane 1 (celle que Pierre Schoendorfer a surnommé la colline charnier…).

Tous les chefs de section ont été tués dans la matinée, le seul qui est redescendu, c’est Pierre Flamen qui vient d’être élevé à la dignité de grand Officier de la légion d’honneur. Par ailleurs, il est titulaire de 11 titres de guerre dont 5 palmes ! Ceux qui ont porté les armes savent ce que cela veut dire…

Il a dit :

 » On a fait la guerre sans haine ! « 

 » Je me suis battu pour l’honneur des parachutistes « 

Dessiné en 1948 sur du papier dó, ce portrait du Président Hô Chi Minh est le chef-d’œuvre du peintre vietnamien Phan Van Doan. Mais 1948, c’est aussi l’année où Pierre Flamen, originaire de Dordogne, débarque au Vietnam. Il découvre ce portrait en 1949 dans la province de Yên Bai et le ramène en France, en 1951, soit trois ans avant la bataille de Diên Biên Phu.  

Soixante-dix ans après, Pierre Flamen décide finalement de remettre son portrait au musée Hô Chi Minh de Hanoï, et ce grâce à l’entremise de Hiêu Constant, une Française d’origine vietnamienne.  

Eric De Verdelhan

Hommage aux héros de Diên-Biên-Phu.

« Nous pouvons désormais agir sur un terrain propre, sans la moindre tache de colonialisme.

Diên-Biên-Phu a été un bienfait caché … »

(Foster Dulles, porte-parole du gouvernement des USA, en novembre 1954).

Cliquez ici pour lire hommage d’Éric De Verdelhan à ceux de Diên Biên Phu dont son père

ERIC DE VERDELHAN

Éric de Verdelhan est né en juillet 1949, dans une famille « nombreuse et désargentée », dit-il, de la petite aristocratie cévenole. « Enfant de troupe » à 11 ans, il sert ensuite dans les parachutistes et s’initie au parachutisme sportif. Rendu à la vie civile, il entame une carrière d’inspecteur d’assurances, poste dont il gravira tous les échelons. Inspecteur général honoraire, il est diplômé de l’École Nationale d’Assurance et titulaire d’un 3ème cycle « Assurances » du CNAM. En dehors de ses activités professionnelles, il se passionne pour les sports de l’air (parachutisme, ULM, parapente). Il cultive d’autres hobbies : les voyages, l’histoire, les armes anciennes, la gastronomie et les vieilles motos. Politiquement, il se définit lui-même comme « nationaliste chrétien » et admirateur de Maurice Barrès.

En retraite depuis 2010, il se lance dans l’écriture par « devoir de mémoire ». Il publie en 2011 « Au capitaine de Diên-Biên-Phu » en hommage à son père. Puis, en 2012, « Requiem pour l’Algérie française » (épuisé), « Un homme libre » en 2013 (épuisé), en 2014 « Au capitaine de Diên-Biên-Phu » est réédité chez SRE-éditions à Annecy (www.sre-editions.com ). En 2015, il a publié « Le cœur chouan et l’esprit para » (déjà épuisé), livre dont le titre résume assez bien l’état d’esprit de l’auteur.

Les oubliés du Laos

  Thierry Mauvignier

Les oubliés du Laos, ou les maquis d’Indochine. (50 mn.)

Réalisation : Thierry Mauvignier & Christophe Guyonnaud

Musique : Michel Duponteil

© TRELYS PRODUCTIONS/2008

Patrouille de choc 1956 INDOCHINE

HNA FIKHRLA (1h.30)

Claude Bernard-Aubert réalise en 1953 un film qu’il intitule « Patrouille sans espoir« . Ce titre ainsi que le montage final sont modifiés pour l’obtention du permis du visa d’exploitation. Le film sort donc en salle sous un nouveau titre « Patrouille de choc«  et avec une nouvelle fin qui dénature totalement le projet initial. La version présentée rétablit le montage image et son original conçu par le réalisateur.

« En Avant » ! – les troupes de marine au cœur des combats

par Fréderic Bouquet (1h.05)

Commandé par les Troupes de marine, ce film donne la parole à des témoins de combat. De 1962 à 2010, de l’Afrique à l’Afghanistan en passant par le Liban et la Bosnie, 25 témoins du général au caporal, se livrent pour commenter ces moments particuliers… 6eCPIMa, 3eRIMA, 3eRPIMa, RICM… un demi-siècle d’histoire militaire, 50 ans d’engagements continus, parfois méconnus, des histoires vraies, intenses, au cœur de l’action, des témoignages inédits. Un devoir de mémoire.

Histoire des Troupes de Marine en vidéo (15 mn.)

Cliquez pour voir …

LYAUTEY, LE SOLDAT, POLITIQUE ET REBELLE.

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Avenue du lieutenant Jacques Desplats

81108 Castres Cedex