Actualités de la Défense

Interventions militaires françaises en Afrique : retour d’expérience par Olivier HOSOTTE

Après plus d’un demi-siècle de « petite guerre [1] », en quoi les opérations extérieures de l’armée de terre l’ont préparée à mener la guerre de haute intensité de demain ?

Article paru dans le numéro 50 de mars 2024 – Sahel. Le temps des transitions.

Depuis l’agression russe en Ukraine, la question de la préparation de l’armée de terre à mener une guerre de haute intensité est régulièrement posée. En effet, exception faite de la première guerre du Golfe en 1991, les forces terrestres ont principalement mené des opérations de basse intensité – maintien ou rétablissement de la paix, contre-insurrection – entrecoupées d’épisodes sporadiques de haute intensité que ce soit en ex-Yougoslavie au début des années 1990, en Afghanistan au début des années 2000 ou en Afrique de façon régulière, et ce dès la décolonisation [2].

De ces « petites guerres » aux objectifs non existentiels pour la nation et impliquant des volumes de troupes limités, les forces terrestres ont tiré une culture de l’alerte et acquis leurs lettres de noblesse, reconnues parmi les armées occidentales, dans le domaine de la contre-insurrection. De prime abord, cette expérience face à un adversaire furtif, tenace, mais faiblement armé peut sembler inadaptée à la culture du combat à grande échelle, celui de la division et du corps d’armée en particulier, contre un ennemi au moins aussi bien équipé et déterminé et nécessitant des moyens lourds (blindés, artillerie, génie, défense sol-air, etc.).

Certes, ce serait une grave erreur de croire que l’expérience acquise dans le combat de contact, celui de la compagnie ou du groupement tactique, nous exonère de l’effort nécessaire de réappropriation des savoir-faire des opérations à grande échelle. Néanmoins, les retours d’expérience de nos opérations, spécialement en Afrique, constituent à bien des égards une préparation aux engagements de haute intensité qu’il ne faut pas perdre de vue.

Une solide culture de la projection d’urgence à développer au niveau division

Les forces terrestres ont une culture de l’engagement d’urgence entretenue pour répondre au circuit de décision particulièrement court du pouvoir exécutif de la Ve République. Qu’il s’agisse des opérations Épervier et Boali, Sangaris ou Serval, et dans une moindre mesure de la création de l’EUFOR Tchad, le scénario de la mise en place rapide d’une force d’interposition qui sauve une situation militaire mal engagée se répète à intervalles réguliers.

Cette culture d’alerte permanente et de déploiement en urgence des forces terrestres doit être conservée et adaptée au nouveau contexte stratégique. Certes, nous n’avons pas de menaces militaires à nos frontières, mais nous devons être capables de déployer rapidement nos forces dans le cadre de la solidarité stratégique sur le flanc est de l’Europe au sein de l’OTAN – c’est tout le sens du Nato Force Model [3] – mais aussi celui de la protection du territoire national dans nos territoires d’outre-mer et de la prévention, que ce soit en Afrique, au Proche et Moyen-Orient ou en Indopacifique.

Avec 5 000 hommes et 1 400 véhicules projetés en 2013, l’opération Serval au Mali illustre cette culture de la projection qui fonde la réactivité et la capacité à empêcher la stratégie du fait accompli. Déclenchée sans préavis, elle a souligné l’aptitude des armées, en particulier des forces terrestres, à entrer en premier sur un théâtre distant de plusieurs milliers de kilomètres [4] et à combattre dans ce milieu particulièrement abrasif qu’est le désert. Ce déploiement s’est appuyé sur trois piliers : des forces prépositionnées, un dispositif d’alerte permettant notamment l’engagement d’urgence et le transport stratégique, aérien et maritime nécessaire à la projection.

Ces piliers sont aujourd’hui l’objet de l’attention de l’armée de terre pour pouvoir passer à une projection à grande échelle : cela passe notamment par une plus grande autonomisation des brigades, une montée en gamme de l’échelon national d’urgence incluant des moyens lourds blindés et la régionalisation des deux divisions des forces terrestres – une dédiée aux engagements en Europe et la deuxième dans le reste du monde – afin de faciliter une meilleure appropriation des modalités de déploiement et des théâtres potentiels [5].

Ce que la France a réalisé avec l’équivalent d’une brigade au Mali en 2013, elle doit pouvoir le faire au niveau division en 2027. En effet, l’objectif fixé par le chef d’état-major de l’armée de terre est d’être capable de déployer à cette échéance une division à deux brigades françaises et une brigade multinationale en trente jours, ce qui suppose un haut niveau d’interopérabilité. Rappelons que dans ce domaine, la France ne part pas de rien et qu’elle a déjà effectué nombre de déploiements multinationaux y compris en tant que nation pour l’EUFOR Tchad [6].

De la maîtrise du combat interarmes et interarmées à la guerre multi-milieux multi-champs

La doctrine d’emploi des forces terrestres est principalement conçue pour un engagement interarmes de haute intensité dans un cadre interarmées. La dimension interarmes du combat est nativement inscrite en organisation via les sept brigades interarmes et s’applique donc tout naturellement à l’entraînement et aux opérations. Cette doctrine s’est bien sûr adaptée pour tenir compte de la nature de nos engagements, mais sans remettre en cause ces principes clés de combat interarmes et interarmées essentiels pour obtenir une plus grande synergie des effets. Que ce soit en haute intensité ou dans une opération de contre-insurrection en Afrique [7], un franchissement ou un raid blindé reste une opération fondamentalement interarmes.

Le retour d’expérience de l’opération Serval est, là encore, éclairant : sans préavis et sans connaissance intime du terrain [8] et de l’ennemi, les forces françaises ont planifié et conduit avec succès une manœuvre interarmes et interarmées offensive. Pour aller plus loin, on peut même dire que l’engagement au Mali préfigure ce qu’il est convenu d’appeler maintenant les opérations multi-domaines ou multi-milieux – multi-champs intégrant les effets dans les champs immatériels à la manœuvre aéroterrestre via notamment des opérations de déception pour tromper l’ennemi et des opérations d’influence afin de contrer les manœuvres d’intoxication adverses comme celle du groupe Wagner à Gossi en mai 2022. Cette société paramilitaire cherchait à faire croire à la présence de charniers à proximité d’un camp français.

L’exercice ORION en 2023 a été l’occasion d’expérimenter l’approche multi-milieux – multi-champs au niveau opératif, donc interarmées, comme au niveau tactique. L’armée de terre en a tiré rapidement les enseignements en réorganisant les grands commandements en cohérence avec les sept fonctions opérationnelles majeures retenues depuis l’été 2023 : commandement/systèmes d’information et de communication ; renseignement ; cyber et guerre électronique ; manœuvre interarmes ; soutien/protection ; feux et actions de la profondeur ; influence.

Les forces morales au cœur de la performance de l’outil de combat

En Afrique, les forces terrestres ont servi des matériels et appliqué des doctrines conçues autour de la perspective du combat conventionnel en les adaptant à la réalité du terrain et de l’ennemi. Cette expérience d’un demi-siècle d’engagements a aussi forgé le caractère et les forces morales des cadres et des soldats qui ont été confrontés aux combats, aux blessures physiques et psychiques ainsi qu’à la mort face à un ennemi, certes moins équipé, mais extrêmement motivé et connaissant parfaitement le terrain.

L’armée de terre doit aujourd’hui capitaliser l’expérience acquise par les petits échelons de combat et se préparer, en lien avec le service de santé des armées, à faire face à des pertes supérieures en nombre. Il s’agit aussi d’être capable de résister à l’influence exercée par nos adversaires et compétiteurs. Cette dernière s’exerce d’ailleurs largement via les réseaux sociaux, un milieu dont la permissivité permet les opérations psychologiques les plus audacieuses capables d’ébranler la cohésion des unités et de la nation si l’on n’y prend pas garde. C’est tout le sens de la politique des forces morales développées par l’armée de terre qui vise à renforcer la résilience du soldat et de sa famille.

Les savoir-faire de la « petite guerre » seront mis en œuvre dans un affrontement majeur

Certes, l’armée de terre n’a pas l’expérience d’une guerre symétrique même si elle bénéficie du retour d’expérience de l’armée ukrainienne qu’elle contribue à former. Pour autant, cela ne signifie pas que son expérience opérationnelle ne correspond pas à ce que sera une guerre de haute intensité dans toutes les dimensions du champ de bataille et dans tous les milieux contestés.

D’abord parce qu’une guerre symétrique multi-milieux et multi-champs nécessitera une maîtrise de la zone arrière sur laquelle se trouvent les intérêts vitaux de la France ; zone qui sera toujours plus contestée jusqu’à faire l’objet de compétitions ou d’affrontements. Cette maîtrise requerra une véritable capacité de contrôle de zone. Il convient à ce titre de se rappeler que pendant la guerre froide, la 11e division parachutiste avait pour mission la sécurisation des arrières du front et le contrôle de zone en cas de déclenchement des hostilités avec le pacte de Varsovie. Les savoir-faire éprouvés par les forces terrestres françaises en Afrique auront donc une application très concrète en cas d’engagement majeur, particulièrement sur le territoire national. Ensuite parce que rien n’indique qu’un ennemi qui voudrait s’en prendre à la France mettra en œuvre une stratégie d’approche directe. Comme le dit le ministre des Armées : « La Russie pourrait-elle nous attaquer frontalement ? Je n’y crois pas. Pourrait-elle, en revanche, elle ou ses proxies, nous attaquer plus sournoisement, de manière détournée, hybride, via des tiers ? Cela est plus réaliste [9]. » Cette approche indirecte pourrait très bien passer par la déstabilisation d’un pays allié de la France au sein duquel les forces terrestres françaises interviendraient en contre-insurrection.

Les opérations extérieures des forces terrestres françaises sont généralement l’occasion de mettre en œuvre la coopération interalliée au combat. Lors des combats de Tigharghâr au nord du Mali en 2013, les armées française et tchadienne ont combattu avec succès côte à côte contre AQMI et Ansar Dine. Cette expérience est intéressante car elle démontre que l’interopérabilité au combat avant d’être technique ou doctrinale, est d’abord culturelle et faite de capacités d’adaptation et de compréhension de l’autre. La bonne tactique tient compte de ce qu’est capable de faire son allié et ne cherche pas à exporter coûte que coûte un mode opératoire. Aucun système de communication aussi sophistiqué soit-il, ne remplacera un officier de liaison et son intelligence de situation. [OH]

Conclusion

Les forces terrestres doivent impérativement s’approprier le combat à grande échelle du niveau divisionnaire et corps d’armée en s’appuyant sur les enseignements tirés de nos opérations extérieures. Dans le domaine militaire, s’il est toujours ardu de remonter en puissance, il est bien plus difficile de tout réinventer. Les difficultés de projection d’un corps expéditionnaire, la guerre hybride, le levier que représentent l’influence et les effets immatériels, les forces morales ne sont pas que des mots, mais des réalités déjà expérimentées qu’il faut mettre à profit.

Le défi consiste donc à ne pas oublier l’expérience acquise et être capable de l’adapter aux exigences du combat futur. C’est tout le sens de la création en 2024 du commandement du combat futur assurant la convergence du retour d’expérience, de la doctrine, des équipements et de l’innovation ; un commandement capable d’éclairer l’armée de terre sur les grandes tendances stratégiques et tactiques des années à venir.

A lire aussi:

Guerre future : quelles organisations tactiques pour combattre dans la profondeur ?

[1] À l’origine, la « petite guerre » désigne les opérations de harcèlement et d’embuscades menées sur les arrières de l’ennemi par des troupes franches ou des « volontaires royaux ». Les corps francs, les hussards et les chasseurs à cheval sont des unités légères et autonomes spécialement créées pour ces circonstances. Aujourd’hui, le terme de « petite guerre » regroupe les opérations asymétriques principalement de contre-rébellion en deçà d’un niveau d’affrontement de grande ampleur entre forces symétriques.

[2] Entre mars 1969 et juin 1971, l’opération Limousin est menée par la France : 2 500 soldats français sont déployés au Tchad pour réorganiser l’armée tchadienne et l’appuyer dans sa lutte contre la rébellion. En septembre 1979, la France déclenche l’opération Barracuda en République centrafricaine. Depuis, les opérations en Afrique centrale et sahélienne n’ont jamais cessé. À ce jour, des troupes françaises sont toujours déployées au Tchad.

[3] Nouvelle organisation de la force de réaction de l’OTAN.

[4] « Déclenchée sans préavis, l’opération Serval a été une réussite […]. Une force de 5 000 hommes et 1 400 véhicules a été projetée en quelques semaines à plusieurs milliers de kilomètres. » Retour d’expérience Rôle de l’armée de terre dans la montée en puissance et la conduite de l’opération Serval (DR).

[5] Le retour d’expérience du déploiement de l’EUFOR Tchad rappelle que la connaissance fine du terrain et du maillage administratif d’un pays facilite grandement le déploiement et la conception des ordres d’opération.

[6] À la suite du vote de la résolution 1778 des Nations unies du 25 septembre 2007, l’EUFOR Tchad-RCA a vu la France commander le déploiement d’unités provenant de 25 pays membres de l’Union européenne aux contributions disparates. La France a alors également été confrontée à des lacunes capacitaires à combler pour être nation-cadre.

[7] Lors de l’opération Serval, l’état-major tactique, doté d’un officier mouvement, fait réaliser un franchissement du Niger à ses unités et réaliser des raids blindés à sa cavalerie. Ces deux manœuvres sont typiquement conçues pour des guerres symétriques.

[8] La plupart des unités de manœuvre ne disposaient pas de cartographie exploitable et récente de leurs zones d’action. Certaines cartes avaient dû être fournies par le service historique de la défense.

[9] Sébastien Lecornu et Thomas Gomart : « La France face au nouvel ordre post-guerre d’Ukraine », Le Figaro, 17 février 2023.

CREATION. Le CAPR : un commandement dédié à l’action dans la profondeur et au renseignement.

Nouvel organisme de l’armée de Terre créé en 2024, le Commandement des Actions dans la Profondeur et du Renseignement (CAPR) est l’un des trois « commandements Alpha ». De niveau divisionnaire, le CAPR est organisé autour d’un état-major, du centre de renseignement Terre (CRT) et de trois brigades : la 4e brigade d’aérocombat (4e BAC), la 19e brigade d’artillerie (19e B.ART) et la brigade de renseignement et de cyber électronique (BRCE).

Il contribue à renforcer la puissance de combat de l’armée de Terre, focalisant son action sur le compartiment spécifique de l’espace de bataille qu’est la profondeur tactico-opérative (30-500km).

Pour ce faire, le CAPR doit :

  • Organiser et animer le cycle permanent du renseignement dès le temps de compétition au profit de l’armée de Terre pour préparer le temps de l’engagement (orienter, contribuer à la recherche, capitaliser) ;
  • Organiser et conduire la préparation opérationnelle des acteurs de la profondeur au sein d’exercices de niveau corps d’armée ou division (appelés DIODORE) permettant l’entraînement des chaînes métier (artillerie, renseignement), l’accélération de la désignation et du traitement de objectifs (synergies capteurs-effecteurs) et l’entraînement des unités interarmes combattant dans cette zone (4eBAC, 11e BP, unités alliées, organisation de circonstance) dans un contexte de haute intensité ;
  • Contribuer aux réflexions capacitaires (emploi des unités tactiques, équipements spécifiques de court terme, procédures) facilitant l’action et l’obtention d’effets tactiques pour façonner l’adversaire des divisions et brigades ;  
  • Mettre à disposition des divisions et du corps d’armée ses capacités spécifiques (postes de commandements et unités) pour leur propre entraînement (Ex Warfighter ou Loyal Leda) et les opérations.

Grand Duc 2024 : exercice majeur du CAPR du 15 au 29 mars 2024.

Dans un contexte de haute intensité, GD24 fait évoluer le groupement de recherche multicapteurs (GRM) du corps d’armée sur le quart Nord-Est de la France, en terrain libre et dans les camps de Champagne, face à une force adverse manœuvrante et en coordination avec les autres unités agissant dans la profondeur (aérocombat, artillerie).

Anticipant sur le regroupement des capacités de ses trois brigades à l’été 2024, le CAPR préfigure au travers de cet exercice les axes principaux d’efforts des exercices DIODORE qu’il organisera dès 2025 :

  • entrainer les centres de renseignement à agir à distance au profit des unités tactiques (reachback) ;
  • entraîner les unités tactiques (renseignement, artillerie, aérocombat) à accéder à la profondeur du CA et à y agir en discrétion dans la durée ;
  • entraîner les unités tactiques à désigner des objectifs/cibles et à conduire les feux sur ces derniers en réduisant les délais de la boucle RENS-FEUX.

Il s’agit de représenter avec réalisme les élongations et le combat face à un adversaire à parité qui peut nous dénier l’accès à certains compartiments du champ de bataille, grâce à sa défense sol-air, ses aéronefs, ses drones, ses feux d’artillerie.

Une préparation opérationnelle du CAPR lors de Grand Duc 2024

Le CAPR a l’ambition d’être le cœur de la préparation opérationnelle interarmes communes des unités agissant dans cette zone du champ de bataille, afin de développer leur intégration tactique et d’augmenter la réactivité et l’efficacité de l’action coordonnée au-delà de la zone des contacts.

Dans ce sens l’exercice Grand Duc 2024 démontre et développe les capacités des unités du CAPR à manœuvrer dans la profondeur de la division et du corps d’armée dans un contexte de conflit de haute intensité, face à un adversaire à parité qui peut nous dénier l’accès à certains compartiments du champ de bataille, grâce à sa défense sol-air, ses aéronefs, ses drones, ses feux d’artillerie.

Le CAPR contribue à l’accélération de la boucle renseignement / acquisition / neutralisation des cibles (ciblage ou destruction d’opportunité). Il anime la réflexion capacitaire des acteurs de la profondeur pour faciliter l’émergence des procédures et moyens améliorant l’interopérabilité nécessaire à leur action.

Ce commandement Alpha préserve donc la liberté d’action du chef interarmes et à densifier la bulle aéroterrestre en favorisant létalité, transparence du champ de bataille et protection de la force.

Le Groupement de commandos parachutistes va être doté du nouveau fusil MCX Spear LT de SIG Sauer

PAR LAURENT LAGNEAU · 31 MARS 2024

Héritier des Commandos de renseignement et d’action dans la profondeur [CRAP], le Groupement de commandos parachutistes [GCP] se compose de détachements fournis par les régiments relevant de la 11e Brigade Parachutiste [BP]. Avec ses chuteurs opérationnels, l’une de ses tâches consiste à opérer en avant d’une force terrestre, afin de marquer, par exemple, des zones de parachutage. Sans pour autant faire partie des forces spéciales, il peut également être engagé dans des missions exigeant un savoir-faire dépassant les capacités des unités « classiques » de l’armée de Terre.

C’est donc à ce titre que le GCP commence à mettre en oeuvre le « Système de mise à terre des chuteurs opérationnels » [SMTCOPS] qui, partiellement qualifié par la Direction générale de l’armement [DGA] en septembre 2022, permet de sauter à partir d’une altitude supérieure à 9’000 mètres et de parcourir, sous voile, environ 50 km, avec une charge de 200 kg [chuteur et équipement compris].

En effet, dans son dernier numéro, le magazine RAIDS indique que le GCP était en train de s’approprier ce SMTCOPS, qui remplacera les parachutes G9 d’Air Azur qu’il utilise jusqu’à présent. Dans le même temps, les commandos de la 11e BP pourraient très prochainement compléter leur armurerie avec de nouveaux fusils d’assaut.

Actuellement, le GCP dispose de pistolets automatiques Glock 17 et HK USP, de lance-grenades HK LG40, de mitrailleuses Minimi 5,56/7,62 mm, de pistolets-mitrailleurs HK MP5 ainsi que de plusieurs modèles de fusils, comme le Sako TRG [précision], le SCAR-H [7,62 mm], le HK-416 [commun à toutes les unités de l’armée de Terre] et le HK-417. À cette liste, selon RAIDS, viendra donc s’ajouter le SIG Sauer MCX Spear LT en calibre 5,56 mm ou .300 Blackout [7.62×35 mm, ndlr].

Dans son catalogue, l’armurier suisse précise que le MCX Spear LT est une évolution du MCX Virtus, lequel est en dotation au sein du 1er Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa], qui relève du Commandement des opérations spéciales [COS]. Le Groupement des commandos de montagne [GCM] en est également doté.

L’armée de terre en action

Notre environnement nous confirme chaque jour l’importance d’être prêts à faire face à de nouveaux engagements, différents de ceux que nous avons connus et sans doute plus difficiles. Alors que les années à venir seront marquées par l’incertitude, l’armée de Terre fait le choix de consolider ses atouts d’armée d’emploi éprouvée tout en se transformant pour s’adapter à ce changement d’ère stratégique.

Vidéo de 9 mn

https://www.youtube.com/embed/cHlEy2rQEeU?si=TuIwIgUNTxtCp-1F

Connaissez-vous le principe de la bourse au recrutement ?

Vous êtes lycéen ou étudiant, l’armée de Terre vous aide à financer vos études grâce à la bourse au recrutement. Cette allocation financière est versée à des élèves ou des étudiants qui s’engagent en contrepartie à servir dans l’armée de Terre après l’obtention d’un diplôme ou d’une formation.

En fonction de votre niveau d’études, vous signerez un contrat en tant que militaire du rang, sous-officier ou officier. Le montant de l’aide est lié au niveau d’étude :

    • 2500 euros brut par année pour un CAP ou un BEP
    • 3000 euros brut par année pour un Bac Pro ou technologique
    • 1500 euros brut par année pour un BTS en lycée militaire
    • 4000 euros brut par année pour un BTS/ BUT / Licence professionnelle
    • 7000 euros brut par année pour une licence
    • 10 000 euros brut par année pour un master

Le candidat sera accompagné par un référent militaire tout au long de son parcours.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur notre site : Financez vos études | Sengager.fr

Merci de diffuser ce dispositif intéressant qui mérite d’être mieux connu.

Guide à l’usage des porte-drapeaux associatifs

 » Le porte-drapeau associatif invité à participer à une manifestation officielle apporte constamment une attention toute particulière à ses gestes, son attitude, sa présentation et sa tenue. « 

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Ce guide est avant tout destiné à contribuer à l’harmonisation des usages lors des cérémonies officielles de niveau national ou local, auxquelles les porte-drapeaux associatifs participent généralement sur invitation.

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B.Lugan : Responsabilité (s) du génocide Rwandais

Monsieur le président Macron, en avril 1994, c’était aux 2539 soldats de l’ONU commandés par général canadien Roméo Dallaire de s’opposer au génocide … Non aux forces françaises qui avaient quitté le Rwanda depuis le mois d’octobre 1993 …

La seule question qui se pose est en effet celle de la responsabilité de l’ONU. Pourquoi le général Roméo Dallaire qui avait tous les moyens de le faire, ne fit-il rien de sérieux pour empêcher le génocide ?

Devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), loin du héros médiatique, « capitaine courageux » face à l’indicible génocidaire, c’est tout au contraire le portrait d’un homme désemparé qui est ressorti des longues audiences. Ses fautes de commandement, ses atermoiements, ses hésitations, son absence de décision sur le terrain ainsi que ses initiatives politiques aberrantes, et parfois même incohérentes, prises en violation de la chaîne de commandement de l’ONU, font que nous sommes désormais devant l’alternative suivante :

  • Soit le général Dallaire commandant des Forces de la Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda fut dépassé par les évènements.
  • Soit, comme l’a écrit son supérieur, M. Booh-Booh[1], il avait reçu pour ordre de faire gagner le général Kagamé et le FPR[2].

En application des accords de paix d’Arusha, l’ONU devait en effet garantir la Transition  démocratique. La Résolution 872 (1993) du Conseil de Sécurité du 5 octobre 1993 porta ainsi création de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR). Le chef de cette mission était M. Jacques Roger Booh-Booh, nommé Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Rwanda. Il avait sous ses ordres le général canadien Roméo Dallaire qui était le chef militaire de la mission. Or, ce dernier était un officier qui n’avait aucune expérience du commandement opérationnel. De plus, il ne connaissait rien de l’Afrique.

Après l’attentat du 6 avril 1994, le général Dallaire ne fit rien pour s’opposer à la reprise des hostilités par les forces du général Kagame.

Alors qu’il se devait de sécuriser au moyen de ses 2539 hommes et de ses blindés, l’axe menant du centre-ville de Kigali à l’aéroport, au lieu de montrer sa force, il la replia tout au contraire dès la nuit du 6 au 7 avril, en commençant par abandonner cet axe vital pourtant sous sa garde et que le FPR coupa…

Plus largement, dès la reprise des hostilités, le général Dallaire aurait dû imposer un couvre-feu et déclarer qu’il ferait tirer sur quiconque le violerait. Le général Kagamé aurait alors hésité à lancer son offensive. Avec la compagnie para-commando belge, il disposait d’une excellente unité qui pouvait sans problèmes majeurs remplir une telle mission. Il lui aurait également fallu, avec ses blindés, occuper en ville les points stratégiques dont la tenue aurait freiné l’extension des massacres et des débordements, ce qu’il n’a pas davantage fait.

Le 7 avril, quand le FPR eut unilatéralement rouvert les hostilités, le général Dallaire ne condamna pas cette violation gravissime des accords d’Arusha. Encore plus insolite, au lieu d’agir sur la partie qui avait déclenché la reprise de la guerre, il somma au contraire les forces gouvernementales de rester dans le cadre des Accords d’Arusha, leur interdisant de fait de simplement se défendre. Les manquements du général Dallaire qui présida au plus grand échec militaire de l’ONU depuis sa création sont à ce point nombreux qu’il est licite de demander si une telle incompétence est concevable chez un officier général, ou si l’explication de tels errements ne se trouve pas dans l’hypothèse de M. Booh-Booh, à savoir la « connivence » avec le général Kagamé.

Ce général canadien aurait-il donc été nommé à la tête de la MINUAR afin de permettre la réalisation du plan américain visant à évincer la France du Rwanda puis du Zaïre, et pouvoir faire main basse sur les richesses du Kivu ?

Page 123 de son livre qui a pour sous-titre éloquent « Révélations sur les dérives d’un général de l’ONU au Rwanda », J.R. Booh-Booh qui était donc le supérieur hiérarchique de Roméo Dallaire écrit ainsi sans détours que : « Dallaire n’était pas neutre : il était plutôt de connivence avec le FPR. Voilà la clé qui permet de comprendre cette situation ».

Tant que François Mitterrand eut la capacité de gouverner, ce plan anglo-saxon fut mis en échec. Mais, après les élections législatives de 1993, et la « cohabitation » qui s’en suivit, le suivisme atlantiste des dirigeants français fit que tout fut bouleversé. Ces évènements provoquèrent même une totale redistribution des cartes en Afrique centrale au profit du Rwanda, principal allié de Washington qui reçut un blanc-seing pour mettre l’est de la RDC (l’ex-Zaïre), à savoir le Kivu, en coupe réglée.

  • Monsieur le président Macron étiez-vous informé de cela, avant de faire porter la responsabilité des évènements sur votre propre pays et sur son armée… ?

[1] Booh-Booh, P-R., (2005) Le patron de Dallaire parle. Révélations sur les dérives d’un général de l’ONU au Rwanda. Paris.

[2] Pour tous les détails concernant l’attitude et les responsabilités du général Dallaire, on se reportera au chapitre VIII de mon livre « Rwanda, un génocide en questions.a

Afrique réelle n° 171

Dans son édito B. Lugan analyse les rapports diplomatiques avec le Maroc et l’Algérie.

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Dans son édito B. Lugan analyse l’avenir de l’exploitation gazière algéienne.

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