Articles de presse

Ce jeudi 2 septembre 2021, Jeudi, a lieu à l’ENSOA de Saint-Maixent le baptême d’une promotion d’élèves sous-officiers issus du recrutement rang. Elle recevra le nom de Harouna Diop décédé en Afghanistan le 13 janvier 2010.

Harouna Diop, né en 1969, s’était engagé en 1994 au sein du 8e RPIMa. En 1998, il avait rejoint le 517e régiment du Train de Châteauroux, ville où un square porte son nom depuis 2012. Fin octobre 2009, il avait été déployé en Afghanistan (c’était sa 10e opex). Le 13 janvier, le VAB du MLC Diop a été touché par un IED sur la route de Bagram à Nijrab (Kapisa).

Harouna Diop repose dans son village natal, au Sénégal. Au carré militaire de Déols (36), une stèle est érigée en sa mémoire.

Lire sa biographie complète.

La 207e promotion de l’ESM, a choisi le général Robert CAILLAUD comme parrain de promotion.
PAR LAURENT LAGNEAU · 26 JUILLET 2021

Que ce soit pour les élèves officiers comme pour les élèves sous-officiers, le baptême d’une promotion est toujours un moment particulier dans la mesure où il constitue un signe fort d’identité et d’appartenance. Aussi, le choix du « parrain » est déterminant. Et il arrivé qu’il ait été sujet à caution, comme en novembre 2018, quand le chef d’état-major de l’armée de Terre, qui était le général Jean-Pierre Bosser, décida de « débaptiser » la promotion « général Loustanau-Lacau » de l’École spéciale militaire [ESM], en raison des sympathies politiques qu’il avait affichées dans les années 1930.

Lors du Triomphe 2021 de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, organisé le 24 juillet, la 60e promotion de l’École militaire interarmes [EMIA] s’est donnée pour parrain le général Jean-Baptiste Eblé, qui s’était illustré durant les guerres de la Révolution et du 1er Empire. Quant à la 207e promotion de l’ESM, elle a fait un choix plus contemporain, avec le général Robert Caillaud. Et au regard des états de service de ce dernier, on se demande pourquoi son nom n’a pas été choisi plus tôt…

Saint-cyrien de la promotion Charles de Foucauld [1941-42], et alors qu’il vient tout juste d’obtenir sa « ficelle » de sous-lieutenant, Robert Caillaud retrouve son Auvergne natale et rejoint la Résistance. C’est ainsi que, au sein de son maquis, il prendra part aux combats de la Libération, dont celui du pont de Décize, lequel se soldera par la reddition de la colonne du général Botho Elster. La « division Auvergne » étant intégrée à 1re Armée du général de Lattre de Tassigny, le jeune officier prend part aux campagnes d’Alsace et d’Allemagne, au cours desquelles, selon la Fédération des sociétés d’anciens de la Légion étrangère [FSALE], il fait preuve d’un « goût certain pour les solutions originales » qui marqueront la suite de sa carrière. L’un d’elles aura consisté à former une section de reconnaissance dans la profondeur avec des Jeep.

La Légion étrangère justement… Promu lieutenant à la fin de la guerre et comptant trois citations sur sa Croix de guerre, Robert Caillaud décide de rejoindre ses rangs. Après un court passage à Sidi Bel Abbès [Algérie], il est affecté au 2e Régiment Étranger d’Infanterie [REI], avec lequel il débarque à Saïgon. Pendant deux ans, il va se distinguer par ses qualités militaires mais aussi par sa capacité à sortir des sentiers battus, en créant, par exemple, un peloton à cheval. Cela lui vaudra quatre citations de plus et la Légion d’Honneur, à 27 ans. De retour en Algérie en 1948, l’officier se voit confier la mission de former la 1ère compagnie du 2e Bataillon Étranger de Parachutistes [BEP]. Puis il retrouve à nouveau l’Indochine avec sa nouvelle unité en février de l’année suivante. En décembre 1949, à la tête de la 1ère compagnie, il saute, de nuit et dans des conditions difficiles, sur la garnison de Tra Vinh, alors encerclée par trois régiments Vietminh. Au prix de trois tués parmi les légionnaires, l’attaque ennemie sera repoussée.

Lors de ce second séjour en Indochine, le capitaine Caillaud est blessé à deux reprises. En 1954, et après avoir été chargé de l’instruction du 3e BEP, il retrouve l’Extrême-Orient. Là, il se porte volontaire pour faire partie de l’état-major du groupement aéroporté du colonel Langlais à Dien Bien Phu. Au côté du commandant Marcel Bigeard, il organise les contre-attaques. La suite est connue : le camp retranché français finit par tomber. Commence alors une longue période de captivité dans les camps Vietminh. « Sa conduite en captivité au camp n° 1 sera exemplaire, marquée par son soutien aux plus faibles et son refus de toute compromission avec l’adversaire », souligne Jean-Pierre Simon, son biographe [*].

Une fois libéré, l’officier est affecté au 2e REP, avec il prend part à de nombreuses opérations en Algérie. Il y gagne trois nouvelles citations. Resté à l’écart des événements d’Alger [putsch des généraux en avril 1961] en raison de son affectation à l’état-major des Troupes aéroportées [TAP], il est nommé officier de liaison et instructeur parachutiste en Allemagne. Puis, en mai 1963, promu lieutenant-colonel, il devient le chef de corps du 2e REP, alors installé à Bou-Sfer, afin d’assurer la sécurité de la base de Mers-el-Kébir. Commence alors la « révolution Caillaud », qui donnera le visage que cette unité a de nos jours. « Il est l’acteur principal de la course à l’innovation du régiment et de la spécialisation des sections qui permet aux compagnies de pouvoir remplir immédiatement les missions les plus diverses », écrit la FSALE. « Jamais, peut-être, Robert Caillaud n’aura eu à ce point le sentiment d’avoir aussi abondamment semé. Jamais, sans doute, n’a-t-il pu autant tester, inventer, créer, exiger et recevoir de cette troupe de valeur, qu’il a su faire vibrer. Depuis toujours, il portait en lui cette pierre qu’il voulait tailler et sculpter à la mesure de ce qu’il était, clef de voûte de toute une vie, œuvre magistrale qu’on laisse derrière soi en trace indélébile », abonde Jean-Pierre Simon.

Après un passage [bref] à l’état-major des forces alliées en Centre Europe, puis au bureau des troupes aéroportées et amphibies de la direction technique des armes, le colonel Caillaud prend le commandement de l’École des Troupes aéroportées [ETAP] en 1972. Il y passe son brevet de saut opérationnel à haute altitude. Il a alors 52 ans [ce qui en fera le doyen des chuteurs opérationnels]. Promu général trois ans plus tard, il prend les rênes de la 1ére Brigade parachutiste [BP], avant de terminer sa carrière militaire à l’état-major de la 11e Division parachutiste [DP], en 1978.

Le général Caillaud s’est éteint en 1995. Il était Grand-Officier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de Guerre 1939-1945 avec trois citations, de la Croix de Guerre des T.O.E. avec huit citations dont trois à l’ordre de l’armée, de la Croix de la Valeur militaire avec trois citations dont deux à l’ordre de l’armée.

[*] Le Général Caillaud: Soldat de l’insolite – Jean-Pierre Simon

Le Noratlas de Coëtquidan trône fièrement sur le site de l’Académie militaire

Lu dans notre édition de Ploërmel  (Cliquez sur l’article pour agrandir)

La longue marche des paras du « 8 ».

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