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    • Perpétuer et exalter les liens de camaraderie entre tous ceux qui ont servi au « 8 » et au « 7 » ;
    • Créer une chaîne de solidarité entre ses membres visant en particulier ceux ayant des difficultés physiques, morales ou financières ;
    • Assurer le devoir de mémoire vis-à-vis des jeunes générations ;
    • Dans la mesure de ses moyens, soutenir le 8èmeR.P.I.Ma et les Volontaires en activité.

Elle affiche une neutralité politique et confessionnelle absolue et s’interdit toute exclusive à l’égard de telle ou telle famille spirituelle dès lors que la loi n’en interdit pas l’existence. Elle conserve une totale autonomie à l’égard de tout mouvement, fédération ou comité en sorte que sa vocation ne court pas le risque d’être détournée ; elle reste seule juge des objectifs qu’elle pourrait se fixer en plus de ceux définis ci-dessus.

Mise au point du Général Jean Claude Lafourcade suite à la déclaration du Président Macron du 4 avril 2024

« La France aurait pu arrêter le génocide avec ses alliés occidentaux et africains mais n’en a pas eu la volonté » (Pdt Macron)

   En tant qu’ancien commandant de l’opération Turquoise je peux témoigner que la France a eu la volonté de rétablir la paix et d’arrêter le génocide au Rwanda.

   Dès le début de l’agression du Rwanda par le FPR tutsi, le Président Mitterrand a eu la volonté constante de rétablir la paix et de mettre fin au conflit en imposant des négociations au Président Hutu Habyarimana. Les accords d’Arusha en 1993 ont permis d’arrêter les combats et d’instituer un partage du pouvoir avec l’installation d’un bataillon du FPR à Kigali. Une force de l’Onu de 2.500 hommes, la Minuar, a été mise en place pour contrôler ces accords. Tous les soldats français ont alors quitté le Rwanda.

   L’attentat sur l’avion du Président rwandais le 6 avril 1994 a été l’événement déclencheur des massacres et du génocide. L’ONU, sous la pression des occidentaux et du FPR, a alors inexplicablement retiré l’essentiel des troupes de la Minuar alors qu’elle aurait pu arrêter les massacres. Comment ne pas penser que les américains et les britanniques voulaient laisser le champ libre à Kagame dans sa conquête du pouvoir. En effet ces occidentaux, lorsque les massacres ont pris de l’ampleur, ont refusé d’intervenir. C’est la France la première qui, dès le mois de mai, reconnait un génocide et décide d’une intervention avec la Force Turquoise sous mandat de l’ONU malgré l’opposition du FPR et de la Minuar. Aucun de ses « alliés occidentaux » ne s’est joint à elle.

   L’opération Turquoise a été la manifestation de la volonté de la France d’arrêter le génocide et le nier n’est pas acceptable pour les soldats qui ont rempli cette mission difficile avec courage et honneur.  Mais les blocages des américains à l’Onu n’ont permis l’intervention Turquoise qu’au mois de juin, laquelle, bien que tardive, a arrêté le génocide et sauvé plus de 15.000 vies rwandaises.

   Pourquoi refuse-t-on de s’interroger sur l’absence de volonté des occidentaux d’arrêter le génocide alors que la France était la plus mal placée pour le faire compte tenue de ses accords de coopération précédents avec le Rwanda ?

 

                         Lille le 5 avril, 2024                     Général (2S) Jean Claude Lafourcade

La guerre en Ukraine est-elle la nôtre ?

Alors que la guerre déclenchée par la Russie se prolonge en Ukraine, les Français s’interrogent sur leur place dans ce conflit. Pour la trouver, encore faut-il identifier les objectifs poursuivis par la Russie, au-delà de son narratif de guerre, et les conséquences pour la France et l’Europe.

Pourquoi Vladimir Poutine a-t-il ordonné l’invasion de l’Ukraine ? La fable d’une intervention justifiée par les menées hostiles du « juif-nazi » Zélensky contre la seconde puissance nucléaire du monde, trois fois plus peuplée et mieux armée ne mérite pas qu’on s’y attarde. Peut-on dire avec plus de raison que l’OTAN aurait menacé la Russie en s’étendant vers l’Est, en dépit des engagements pris par les Américains ? Les archives témoignent effectivement de certains échanges verbaux sur le sujet, portant principalement sur la RDA ; la réunification allemande et la dissolution de l’URSS les ont rendus caducs. En revanche, la signature russe figure bien au bas du mémorandum de Budapest qui garantissait les frontières de l’Ukraine en contrepartie de son renoncement aux armes nucléaires stationnées sur son sol. Les Russes qui font si allègrement fi de leurs engagements officiels semblent bien soucieux d’une parole en l’air.

L’OTAN, une menace pour la Russie ?

Moscou essaie de présenter l’OTAN comme une réplique américaine du défunt pacte de Varsovie et ne semblent pas concevoir pour les Européens d’autre destin que d’être partagés en zones d’influence. Leur argumentaire est révélateur d’une vision de l’Europe en tant qu’espace privilégié pour leur projection de puissance. Or, il y a une différence de nature entre une alliance défensive librement contractée et l’alliance contrainte imposée par un régime totalitaire, qui s’est d’ailleurs dissoute dès que la pression s’est un tant soit peu relâchée. L’OTAN ne s’est pas élargie à la manière de l’empire territorial soviétique mais parce que les pays libérés ont saisi l’opportunité de se garantir d’un réveil impérial à Moscou et une nouvelle Occupation. Ont-ils vraiment eu tort ?

L’Alliance a certes ses défauts et ses limites. Si la réalité des rapports de force rend indispensable l’engagement des Américains, leur poids disproportionné devra à terme être rééquilibré par un engagement accru des Européens. Quoi qu’il en soit, l’OTAN est bien le pilier de la sécurité collective européenne. Le général de Gaulle ne s’y était pas trompé. Sorti du commandement intégré, il n’a jamais remis l’organisation en cause. Considérer, comme le font certains commentateurs, qu’une guerre en Europe n’est pas l’affaire de la France mais des Russes et des Américains reviendrait à intégrer notre vassalité. De Gaulle n’aurait jamais commis cette erreur, qui enfermerait l’Europe dans l’Atlantisme faute d’alternative (même à long terme) et permettrait aux Américains de monnayer leur protectorat à n’importe quel prix ; celui que pourrait fixer Donald Trump, s’il était élu, pour financer la BITD américaine et se réarmer contre la Chine par exemple…

Il se murmure encore que les Américains auraient provoqué les Russes. De fait, ils ont pratiqué l’ennemy building avec une Russie qu’il n’était nul besoin de pousser tant les points de friction étaient nombreux. Puissance terrestre structurellement rivale de la puissance maritime anglo-saxonne, son modèle autoritaire s’oppose à celui des démocraties. Last but not least, la menace russe justifiait l’alignement volontaire d’une Europe désarmée sur Washington.

Les deux pays se sont livrés une guerre d’influence en Ukraine dont la révolution orange de 2004-2005 ou les événements d’Euromaïdan de 2014 ne sont que les péripéties les plus connues. Le modèle consumériste et les méthodes d’ingénierie comportementale américains ont été plus attractifs et efficaces que ceux d’une Russie oligarchique déclinante où l’espérance de vie n’est que de 65 ans pour les hommes.

Le jeu de l’Amérique n’est pas celui que prétendent les Russes. Elle n’a pas agressé ou menacé la Russie et n’en a jamais manifesté l’intention. Elle l’a simplement vaincue dans une partie qui avait pour enjeu la domination du vieux continent. Le Kremlin ne pouvait pas l’accepter et a essayé de compenser par le hard power sa défaite dans le domaine du soft power.

L’Ukraine, une base d’assaut, pas un glacis défensif

 

Il faut dire que l’Asie centrale lui échappe progressivement et demeure de toute manière enclavée. La Chine lui bouche l’Orient. Pour sortir de sa périphérie géopolitique et conserver son statut international, il ne lui reste que l’Europe, dont l’Ukraine est la clef militaire.

Les réactions somme toute modérées de Moscou après l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN montrent bien que les Russes ne se sentent pas menacés par l’Alliance, qui s’est rapprochée de Saint-Pétersbourg et avec laquelle elle partage désormais 1000 kilomètres de frontière au Nord du lac Ladoga. Elle avait peur d’un rapprochement de l’Ukraine avec l’OTAN, mais pas pour sa sécurité : parce qu’il aurait verrouillé ses capacités d’expansion vers l’Ouest.

La Russie ne cherche pas un glacis défensif dans les plaines ukrainiennes mais une base de départ qui ferait peser une hypothèque permanente sur l’Europe. À défaut de la séduire, Moscou s’accorderait un droit de regard sur ses affaires en vertu du poids de ses divisions blindées aux frontières de l’UE. A dire vrai, il s’agit probablement du seul moyen pour la Russie de demeurer une grande puissance. Elle joue son avenir géopolitique pour le siècle à venir et le sait. Mais l’Europe, elle, joue sa liberté, sa tranquillité et sa sécurité.

L’Europe et la Russie auraient naturellement tout à gagner à nouer un véritable partenariat. Pour la première fois de son histoire, cette dernière pourrait se concentrer sur le développement de sa population en produisant plus de beurre et moins de canons. Mais son poids dans la relation bilatérale ne serait que celui de son économie. L’image que la Russie se fait d’elle-même n’est pas celle d’une Espagne excentrée mais d’un empire. Elle ne cherche pas un partenariat mais la suzeraineté. C’est pourquoi les appels à la paix sont aujourd’hui vains, puisque Moscou exige la mise sous tutelle de l’Ukraine et la mise en place d’un gouvernement d’occupation à sa botte. Le seul moyen de l’intégrer serait de lui faire perdre absolument tout espoir de remodeler les équilibres à l’Ouest par les armes. C’est-à-dire de contribuer à la refouler hors d’Ukraine et de maintenir ensuite une puissance militaire conventionnelle suffisamment dissuasive pour lui éviter toute tentation, même si l’appui américain devait faire défaut.

Une guerre imposée et non choisie

La guerre en Ukraine n’est pas un accident lointain. Elle annonce d’autres conflits, d’autres défis. Si l’Europe laissait Kiev succomber, elle enverrait un signal de faiblesse au monde entier. Les remises en causes de l’ordre international avec leur cortège de violence se multiplieraient. Le conflit en cours est la matrice de la géopolitique du XXIe siècle.

La France compte dans cette partie. Elle est une puissance nucléaire autonome ; membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU ; second exportateur d’armes au monde, même si elle doit apprendre à produire plus et plus vite ; forte d’une armée reconnue pour ses capacités et son professionnalisme malgré son manque d’épaisseur. Elle compte bien plus que les Français eux-mêmes, facilement sujets à l’auto-dérision, ne le croient. Elle pèse également parce qu’elle n’est pas seule mais qu’elle est une puissance motrice au sein de son réseau d’alliances. Les Russes ne la ciblent pas pour rien. Ils n’ont d’ailleurs pas attendu d’envahir l’Ukraine pour monter des manœuvres d’intoxication et de désinformation qui ont mis en péril la vie de ses soldats et de ses ressortissants en Afrique. Neutraliser les forces morales et la volonté de résister de la France, c’est étouffer celles de l’Europe.

Quand viendra l’heure, peut-être les Ukrainiens trouveront-ils des compromis avec les Russes, c’est leur affaire. La nôtre est de fixer nos propres intérêts. La guerre nous a déjà rattrapés et nous est imposée sous différentes formes. Guerre de l’information, guerre économique, guerre industrielle. Même sans affrontement direct, la dialectique des volontés est engagée. Afficher ses limites, ses peurs et ses hésitations, c’est encourager l’adversaire à pousser ses pions. Les lignes rouges ne peuvent pas être posées en termes de moyens mais de situation géopolitique. Aucun responsable français ne songe à envoyer marsouins et légionnaires prendre une seconde fois Sébastopol. En revanche, l’indépendance de la nation ukrainienne n’est pas négociable, la mer Noire ne saurait devenir un lac russe et il serait inacceptable que tout le flanc Est de l’Union Européenne se trouve à portée des canons du Kremlin.

Cette guerre doit mettre un terme à l’expansionnisme russe sous peine d’annoncer d’autres conflits plus meurtriers encore. Pour cela, l’Europe doit se réarmer moralement et développer ses capacités militaires propres, à la fois pour parler au plus pressé et pour préparer l’avenir. Sa sécurité ne devra plus dépendre des états d’âme d’électeurs du Wisconsin qui ne savent pas où la placer sur une carte. Le développement de la BITD européenne pourrait d’ailleurs initier simultanément un mouvement de réindustrialisation autour de l’écosystème militaire pour déborder ensuite sur les productions civiles.

Le drame ukrainien ouvre peut-être l’opportunité de sécuriser notre continent, de rééquilibrer la relation transatlantique avec nos alliés américains et de retrouver enfin une Europe maîtresse de son destin qui ne soit plus qu’un simple marché mais un acteur géopolitique majeur, apte à défendre les valeurs comme les intérêts des nations et des citoyens qui la composent. Si nous y parvenons, en donnant aux Ukrainiens une place qu’ils auront gagnée, leurs sacrifices et nos efforts n’auront pas été vains. La guerre coûte cher. La défaite plus encore.

Raphaël CHAUVANCY

Raphaël CHAUVANCY

Raphaël CHAUVANCY est officier supérieur des Troupes de marine. Il est en charge du module « d’intelligence stratégique » de l’École de Guerre Économique (EGE) à Paris. Chercheur associé au CR 451, consacré à la guerre de l’information, et à la chaire Réseaux & innovations de l’université de Versailles – Saint-Quentin, il concentre ses travaux sur les problématiques stratégiques et les nouvelles conflictualités. Il est notamment l’auteur de « Former des cadres pour la guerre économique », « Quand la France était la première puissance du monde » et, dernièrement, « Les nouveaux visages de la guerre » (prix de la Plume et l’Epée). Il s’exprime ici en tant que chercheur et à titre personnel. Il a rejoint l’équipe de THEATRUM BELLI en avril 2021.

Faut-il le retour à la conscription ?

par REVUE CONFLITS

Le déclenchement du conflit russo-ukrainien, l’escalade au Moyen-Orient et les tensions persistantes en mer de Chine ont rappelé aux États européens que la guerre n’avait pas quitté l’histoire. Plusieurs d’entre eux ont ainsi décidé d’enclencher une sérieuse politique de réarmement. L’annonce de la Pologne sur la formation d’une armée de terre de 300 000 hommes et l’intégration des pays scandinaves à l’OTAN en sont les exemples les plus criants. En Suède, l’un des piliers de ce réarmement est le retour de la conscription, une idée qui revient de plus en plus ces dernières années. 

Depuis 2017, Emmanuel Macron a décidé d’augmenter le budget des armées à la suite des rapports alarmants sur l’état des armées françaises, tout en axant ses priorités autour de « l’hypothèse d’un engagement majeur en Europe ». Il parle depuis le début de son premier quinquennat d’un retour à une forme de service militaire et civique. En effet, le SNU (Service national universel) doit être étendu à l’ensemble d’une classe d’âge en 2026. Cette évolution ne se fait pas sans réticences, du côté politique avec certains partis de tradition antimilitariste qui fustigent un « embrigadement de la jeunesse », et du côté de l’armée elle-même qui estime ne pas posséder les capacités ni les compétences pour encadrer autant de jeunes. 

La question de l’armée de masse

Pourtant, les mobilisations massives de réservistes dans l’ensemble des « points chauds » de la planète appuient le modèle « d’armée de masse ».  L’armée de masse n’est envisageable qu’avec l’appel de conscrits, les difficultés de recrutement des armées occidentales nous le rappellent trop bien. Ainsi, si la France avait pour ambition de jouer à armes égales avec les plus grandes armées du globe, il lui faudrait logiquement rétablir un service militaire. Certains pourraient s’étonner de cette conclusion en arguant qu’une troupe professionnelle et aguerrie ne serait être concurrencé par une troupe d’appelés et peu ou pas expérimentée. L’histoire nous démontre que les armées de conscrits ne sont pas moins valeureuses et n’obtiennent pas moins de résultats que les armées professionnelles. Qui pourrait prétendre que les appelés Ukrainiens n’ont pas plus appris en six mois de guerre conventionnelle que les armées occidentales engagées au Moyen-Orient ou en Afrique depuis 20 ans ?

Pour autant, si l’idée fait son chemin en France, il faut questionner sa faisabilité.

La République française est une habituée de ce système qu’elle a suspendu il y a 30 ans. En effet, c’est en 1798 qu’elle crée pour la première fois, « la conscription universelle et obligatoire ». La loi d’alors dispose que « tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie ». La IIIe République, à l’image de la seconde, remettra en place le « service » car selon les mots de Gambetta : « il soit entendu que quand en France un citoyen est né, il est né soldat ». L’initiative d’Emmanuel Macron s’inscrit donc dans cet héritage en souhaitant instituer « un moment de cohésion visant à recréer le socle d’un creuset républicain et transmettre le gout de l’engagement ».

Ainsi, le service militaire, depuis sa création, porte en France une dimension idéologique en incarnant le devoir du citoyen à servir son pays, et lui donne sa légitimité à s’investir dans les choix de la nation. En effet, comment celui qui met à disposition son sang pour la nation, tels l’hoplite ou le légionnaire romain, ne serait-il pas légitime à participer au destin du pays ? 

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Le service militaire a néanmoins de tout temps provoqué des résistances. Déjà le citoyen romain, habitué à la « pax romana », est devenu ce déserteur que Renaud a chanté. L’idée que les anciennes générations acceptaient naturellement de rentrer sous les drapeaux est une illusion. L’histoire nous enseigne pourtant qu’une menace immédiate est un vecteur de mobilisation puissant. Ainsi, en 1914 et en 1939, la mobilisation générale se réalisa sans heurt. Le sentiment d’appartenir à une nation et la nécessité de défendre sa terre face à un ennemi clairement identifié sont donc les deux piliers permettant la mise en place d’une conscription. 

Pas de conscription sans commun ni appartenance à la nation

Le service militaire demande à la population d’adhérer à un socle de valeurs communes, d’aspirer à un futur commun et de reconnaître les autres habitants du pays comme son semblable. Si les populations des « deux France » du XIXe siècle affichaient une nette fracture intellectuelle, ne fréquentaient pas les mêmes écoles et étaient incarnées par des partis opposés, elles n’en étaient pas moins soudées par un socle familial et culturel commun. L’armée française imposait néanmoins un cadre particulièrement strict et des unités régionalisées pour contrer les éventuels effets de bord de cette fracture. 

La France opte pour un modèle de citoyen-soldat à compter de la IIIe république et met alors en œuvre une politique d’éducation axée sur le développement de jeunes républicains patriotes. Le citoyen français réalise son devoir en réalisant son service, ce qui lui donne la jouissance légitime de ses futurs droits. L’école de l’époque sous la houlette des « hussards noirs de la république » est réputée pour sa stricte discipline, le développement du sentiment national et le culte de la Revanche qui doit permettre de retrouver l’Alsace et la Moselle. L’instruction publique fournit à l’armée française de jeunes citoyens, habitués à un cadre et attachés sinon habitués aux valeurs en vigueur dans l’armée. Ce service militaire, alors soutenu par l’ensemble de la population, et le certificat de bonne conduite qu’il délivrait, constituait un véritable passeport pour trouver un honnête travail par la suite. L’ensemble de la classe politique de l’époque, au même titre que la population française en général, valorisait largement les atouts du service militaire. On retrouve ce modèle en Israël qui trouve une partie de son élite dans sa jeunesse passée par les forces spéciales lors des trois années du service militaire. 

Changements sociaux

La construction sociale en France est désormais bien différente. La relation hiérarchique « maître-élève » est devenue une relation de presque égalité « apprenant-enseignant ». Surtout, le règne de l’individualité et la fracture sociale si bien décrite par Jérôme Fourquet dans L’Archipel français détruisent la reconnaissance du commun. 

L’armée française connaît déjà les problèmes qui en résultent avec les jeunes recrues pourtant sincèrement volontaires et motivées. Ce qu’elle appelle le « choc de la militarité » provoque un nombre de départ important lors des formations initiales. L’armée s’autorise ainsi un taux de départ de 20% dans les premiers mois d’engagement. Si ceux qui ont librement rejoint ses rangs connaissent souvent des difficultés d’adaptations, on peut imaginer combien ce choc sur une population contrainte sera important et complexe à gérer. 

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La défense des frontières, moteur de la mobilisation

L’engagement dont ont fait preuve les volontaires de la Première Guerre, puis les appelés de 1939, ceux de la guerre en Algérie, de l’Indochine, et les conscrits des armées sur fond de menace soviétique n’a pas été motivé par autre chose que la défense des frontières intérieures et extérieures. Il faut donc s’interroger à propos de la frontière que nous avons à défendre aujourd’hui. 

Après 2015, les attentats du Bataclan ont suscité la volonté d’engagement des jeunes comme rarement en Europe. De même, aux États-Unis, de nombreux Américains se sont engagés à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Pourtant, aujourd’hui, alors que « la guerre est revenue en Europe », les armées occidentales connaissent de grandes difficultés de recrutement et de fidélisation dans leurs rangs. La crise de l’engagement que subissent l’ensemble des armées européennes montre que l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’est pas ressentie comme une menace aux frontières, à l’inverse des attaques djihadistes. L’impopularité des récentes déclarations du président de la République sur l’envoi de troupes en Ukraine renforce le constat. Le contexte actuel ne se prête donc pas à la réussite d’un service militaire en France. 

Le rétablissement du service militaire ne peut donc être une décision de principe, liée à une nostalgie d’une époque révolue. Il ne doit pas non plus être vu comme un outil permettant de mixer les classes sociales et de « faire France ». L’armée est d’abord et avant tout constituée pour défendre un territoire, des intérêts et une population. Si rien ne menace ces trois catégories, un gouvernement ne peut aujourd’hui demander un tel investissement à son service.

Interview du général Lecointre

« On ne fait pas la guerre pour la démocratie mais pour les intérêts de la France »  –  Lire le PDF

Opération Bouclier du Dniepr par M.Goya

Mars 2024

Il existe de nombreuses possibilités d’emploi de la force armée en situation de « confrontation » (ou de « contestation » si vous préférez le terme de doctrine), c’est-à-dire d’affrontement sous le seuil de cette guerre ouverte et générale qu’aucun des adversaires ne veut. L’une d’entre elles, évoquée à de nombreuses reprises sur les plateaux de télévision, mais que l’on reprend désormais depuis que le président de la République a déclaré qu’on ne pouvait rien exclure, consiste à déployer rapidement des forces afin de sanctuariser une zone. C’est un procédé à distinguer des missions d’interposition, comme les opérations sous Casques bleus ou l’opération française Licorne en Côte d’Ivoire, puisqu’il s’agit de faire face à un adversaire désigné en espérant qu’il ne devienne pas un ennemi. Cela a été fréquemment utilisé pendant la guerre froide afin de dissuader un adversaire de s’emparer d’une partie de son territoire ou de celui d’un allié, mais très rarement en s’introduisant dans une zone déjà en guerre. En fait, je n’ai que deux exemples contemporains en tête. C’est peu pour en tirer des leçons mais c’est intéressant tout de même.

Voile sur le Nil

Le premier exemple date de 1970. Nous sommes en plein dans la guerre dite d’« usure » entre Israël et l’Egypte tout le long du canal de Suez. Le 7 janvier 1970 les Israéliens profitent de la livraison par les Américains d’une trentaine de chasseurs-bombardiers F-4E Phantom pour lancer une campagne aérienne du delta du Nil jusqu’au Caire. Les Israéliens espèrent que ces frappes pousseront Nasser à céder. On imagine même que Nasser pourrait être renversé et remplacé par quelqu’un de plus conciliant. Cela ne fonctionne pas du tout. Les dégâts militaires sont réels mais pas essentiels et surtout ils n’aboutissent pas à l’érosion du soutien au Raïs, bien au contraire. Lorsque deux frappes accidentelles très meurtrières frappent des civils, dont une école, la population égyptienne réclame surtout vengeance.

Dès le début de cette campagne aérienne israélienne, baptisée Floraison, les Soviétiques décident d’intervenir. Cet engagement, baptisé opération Caucase, débute au début du mois de février avec le débarquement par surprise à Alexandrie de la 18e division aérienne. À partir d’avril, le dispositif – dizaines de batteries de missiles SA-2B et de SA-3, accompagnées d’un millier de canons-mitrailleurs ZSU 23-4 et de centaines de missiles SA-7 portables – est en place le long du Nil avec en plus au moins 70 chasseurs Mig-21. L’ensemble représente 12 000 soldats soviétiques, 19 000 à la fin de l’année 1970. Ils sont tous en uniformes égyptiens et présentés comme conseillers, mais le message est clair : attaquer le Nil c’est prendre le risque militaire et politique d’affronter les Soviétiques. Les Israéliens abandonnent dès mi-avril 1970 l’opération Floraison, tout en suggérant en échange aux Soviétiques de ne pas s’approcher à moins de 50 kilomètres du canal de Suez. L’effort aérien israélien redouble en revanche dans la région du canal où les combats atteignent un niveau de violence inégalé.

Au mois de juin et alors que des négociations sont en cours pour un cessez-le-feu, les Soviétiques décident de passer outre et de faire un bond en direction du canal. Cette fois les Israéliens ne reculent pas et poursuivent leurs frappes et raids terrestres le long du canal. Les accrochages entre Israéliens et Soviétiques sont de plus en plus fréquents, avec les batteries au sol d’abord puis fin juin avec les Mig-21 qui ont également été rapprochés du front. Le 22 juin, on assiste à une première tentative d’interception soviétique. Le 29, les Israéliens organisent en réponse une opération héliportée sur une base aérienne occupée par les Soviétiques. En juillet, les choses s’accélèrent. Le 18, une batterie S-3 soviétique est détruite mais abat un F-4E Phantom. Le 25 juillet, après plusieurs tentatives infructueuses, un Mig-21 parvient à endommager un Skyhawk israélien. Tous ces combats sont cachés au public. Alors que le cessez-le-feu se profile, le gouvernement israélien décide d’infliger une défaite aux Soviétiques. Le 30 juillet, un faux raid israélien attire 16 Mig-21 au-dessus du Sinaï où les attendent 12 Mirage III aux mains des meilleurs pilotes israéliens. C’est le plus grand combat aérien du Moyen-Orient, là encore caché de tous. Cinq Mig-21 sont abattus et un endommagé, pour un Mirage III endommagé. Deux pilotes soviétiques sont tués. Le lendemain et une semaine après Nasser, le gouvernement israélien accepte le cessez-le-feu. Le plan américain Rogers, à l’origine de ce cessez-le-feu, prévoyait une démilitarisation du canal de Suez d’armes lourdes. Égyptiens et Soviétiques ne le respectent en rien puisqu’au lieu du retrait, ils renforcent encore plus le dispositif de défense sur le canal. Trois frégates armées de missiles SA-N-6 sont mises en place également à Port-Saïd. Les Israéliens sont tentés un moment de reprendre les hostilités mais ils y renoncent, soulagés d’en finir après dix-huit mois de combats.

Une Manta dans le désert

Au début du mois d’août 1983, le Tchad est en proie à une nouvelle guerre civile où le gouvernement de N’Djamena, dirigé par Hissène Habré, s’oppose à l’ancien Gouvernement d’union nationale tchadienne (GUNT), soutenu par la Libye du Colonel Kadhafi. Les Libyens occupent déjà la bande d’Aouzou à l’extrême nord du pays, sont sur le point de s’emparer de Faya-Largeau et menacent d’attaquer la capitale. Hissène Habré demande l’aide de la France.

Le 9 août, François Mitterrand accepte le principe d’une opération de dissuasion face aux Libyens et d’appui aux Forces armées nationales tchadiennes (FANT) baptisée Manta. À cet effet, les points clés au centre du pays, Moussoro et Abéché en une semaine puis Ati en fin d’année sont occupés chacun un groupement tactique interarmes français. Dans le même temps, la diplomatie française désigne ouvertement le 15e parallèle, au nord de ces points clés, comme une « ligne rouge » dont le franchissement susciterait automatiquement une réaction forte. Derrière le bouclier des GTIA, une force aérienne de plus de 50 appareils de tout type est déployée à N’Djamena et Bangui tandis que le Groupe aéronaval oscille entre les côtes du Liban et de Libye. Avec le détachement d’assistance militaire mis en place pour assister et parfois accompagner discrètement les FANT et le détachement de 31 hélicoptères de l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) on se trouve en présence du corps expéditionnaire le plus complet et le plus puissant déployé par la France depuis 1962.

La Libye, qui ne veut pas d’une guerre ouverte avec la France, riposte de manière indirecte en organisant des attentats à N’Djamena et en soutenant les indépendantistes néo-calédoniens. En janvier 1984, les Libyens et le GUNT testent la détermination française en lançant une attaque au sud du 15e parallèle. Les rebelles se replient avec deux otages civils français. Les Français lancent un raid aérien à sa poursuite, mais les atermoiements du processus de décision politique sont tels qu’un Jaguar est finalement abattu et son pilote tué. Pour compenser cet échec, la ligne rouge est placée au niveau du 16e parallèle, les effectifs français renforcés jusqu’à 3 500 hommes et les conditions d’ouverture du feu plus décentralisées. Le colonel Kadhafi finit par céder et accepte de retirer ses forces du Tchad en échange de la réciprocité française. C’est en réalité une manœuvre diplomatique et une tromperie. Le dispositif français est effectivement retiré en novembre 1984, mais au mépris des accords les Libyens continuent de construire une grande base à Ouadi Doum dans le nord du Tchad. Les hostilités reprennent en février 1986 avec une nouvelle offensive rebelle et libyenne qui franchit 16e parallèle. La France réagit par un raid frappant la base de Ouadi Doum depuis Bangui. La Libye répond à son tour par le raid d’un bombardier sur N’Djamena, qui fait peu de dégâts et s’écrase au retour. Un nouveau dispositif militaire français, limité cette fois à un dispositif aérien et antiaérien, est mis en place au Tchad. Il est baptisé Épervier.

Le déblocage de la situation intervient en octobre 1986 lorsque les rebelles du GUNT se rallient au gouvernement tchadien. Celui-ci est alors assez fort pour lancer en janvier 1987, une vaste offensive de reconquête discrètement appuyée par la France avec les « soldats fantômes » du service Action de la DGSE et plus ouvertement par des frappes aériennes revendiquées ou non. Les forces tchadiennes coalisées s’emparent successivement de toutes les bases libyennes. Le 7 septembre, trois bombardiers libyens sont lancés en réaction contre N’Djamena et Abéché. L’un d’entre eux est abattu par un missile antiaérien français.

Le 11 septembre 1987, un premier cessez-le-feu est déclaré et des négociations commencent qui aboutissent à un accord de paix en mars 1988. Le 31 août 1989, la signature de l’accord d’Alger entre le Tchad et la Libye met fin au conflit. Les hostilités ouvertes cessent, mais le dispositif militaire français reste sur place. Le 19 septembre 1989, les services secrets libyens organisent la destruction d’un avion long-courrier au-dessus du Niger qui fait 170 victimes, dont 54 Français. Comme lors des attentats d’origine iranienne, la « non attribution » de l’attaque permet de justifier de ne rien faire. La confrontation contre la Libye aura donc coûté à la France toutes ces victimes civiles et 13 soldats tués, dont 12 par accident.

Et rien en Ukraine

Ce qu’il faut retenir de ces exemples est qu’une opération de sanctuarisation en pleine guerre est un exercice délicat qui suppose d’abord d’avoir bien anticipé la réaction de l’adversaire et donc de bien le connaître, d’être ensuite très rapide afin de déjouer les contre-mesures éventuelles et enfin d’être suffisamment fort et clair pour être dissuasif. En admettant que la dissuasion réussisse, ce qui a été le cas dans les deux exemples, il faut néanmoins s’attendre à la possibilité d’accrochages, ces morsures sur le seuil de la guerre ouverte, et donc des pertes ainsi qu’un accroissement sensible du stress de l’opinion publique. Il faut surtout que cette opération risquée ait un intérêt stratégique et change véritablement le cours de la guerre en protégeant son allié d’une grave menace à laquelle il ne peut faire face tout seul.

Tous ces éléments ne sont pas réunis dans la guerre en Ukraine. Il n’y a pour l’instant pas de menace existentielle pour le pays, et on notera au passage que lorsque l’Ukraine était beaucoup plus en danger au printemps 2022, personne n’avait envisagé de prendre le risque de sanctuariser quoi que ce soit. Un tel engagement, sur le Dniepr ou aux abords de Kiev et d’Odessa sur les lignes claires, pourrait éventuellement permettre de soulager un peu l’armée ukrainienne qui pourrait ainsi consacrer plus de forces dans le Donbass. Ce n’est cependant évidemment pas avec les 15 000 hommes déployables par la France que l’on aurait la possibilité de tenir une ligne très longue. L’opération de sanctuarisation ne peut être crédible et efficace qu’avec une masse critique de moyens, très supérieure à celle de Manta et même de Caucase, et nécessiterait donc une coalition de pays un peu courageux. On n’y trouvera donc ni les neutres, ni guère de pays d’Europe occidentale hors le Royaume-Uni et la France ou peut-être encore les Pays-Bas. Avec la Pologne, les pays baltes et scandinaves ainsi que la Tchéquie, on peut atteindre cette force crédible. Avec les Etats-Unis, on doublerait sans doute tout de suite de moyens, mais les Etats-Unis accepteraient-ils de prendre de tels risques ? C’est peu probable. Ajoutons ensuite cette évidence que si on a les moyens matériels, dont des munitions, pour constituer une grande coalition militaire, même entre Européens seulement, on pourrait aussi fournir ces moyens directement à l’armée ukrainienne. Dans tous les cas, cela se ferait dans une grande cacophonie politique où les Russes actionneraient tous leurs alliés sur le thème « plutôt céder à Poutine que mort », et avec suffisamment de délais pour tuer toute surprise. Dès le déploiement de cette force éventuelle, les Russes ne manqueraient pas de la tester en la frappant « accidentellement » par exemple, afin de stresser encore plus les opinions et de jauger la volonté des uns et des autres.

Est-ce que cette opération réussirait en dissuadant les Russes d’aller jusqu’à Kiev et Odessa, en admettant encore une fois qu’ils battent l’armée ukrainienne dans le Donbass ou qu’ils décident de reporter leur effort vers Kharkiv et Kiev à partir de la Russie ou la Biélorussie ? On ne sait pas. La vraie dissuasion réside dans le fait que tout le monde redoute que le franchissement du seuil de la guerre ouverte et générale entre puissances nucléaires entraîne une escalade rapide vers cet autre seuil que personne ne veut aborder, celui de l’affrontement atomique. Or, le franchissement du seuil de la guerre ouverte contre un corps expéditionnaire en Ukraine signifierait-il automatiquement cette escalade interdite ? C’est ce qu’on laissera entendre dans les opinions publiques européennes afin de les apeurer mais en réalité rien n’est moins sûr. Même en invoquant la désormais fameuse « ambiguïté stratégique », l’Ukraine ne fait incontestablement pas partie des enjeux vitaux français et britanniques, qui justifieraient l’emploi en premier de l’arme atomique, synonyme de riposte de même nature, et c’est la même chose pour la Russie.  Autrement-dit, les Russes pourraient vraiment saisir l’occasion d’essayer de vaincre un contingent de l’OTAN, surtout si les Américains n’en font pas partie, et ce sans que personne n’ose utiliser d’armes nucléaires. Y parviendraient-ils ? c’est une autre question.

En conclusion, une opération de sanctuarisation au cœur de l’Ukraine est à l’heure actuelle une chimère. Cela aurait pu éventuellement être efficace avant la guerre avec un déploiement rapide de forces de l’OTAN, y compris américaines, à la frontière de l’Ukraine et de la Russie. Que n’aurait-on entendu sur « l’agressivité de l’OTAN et les plans machiavéliques américains face à la gentille Russie qui ne fait que se défendre et n’a aucune intention belliqueuse », mais cela aurait pu, peut-être, effectivement dissuader la Russie d’engager la guerre…si on avait la volonté et les moyens. Nous Européens et nous Français, avions en fait détruit depuis longtemps les moyens nous permettant de réaliser une telle opération sauf avec quelques centaines de soldats français, quelques milliers tout au plus en coalition européenne. L’urgence est pour l’instant de reconstituer ces moyens perdus tout en aidant l’Ukraine autant que possible, y compris éventuellement avec des soldats ou des civils en soutien, et puis de renforcer militairement le flanc Est de l’Europe comme avait pu l’être la République fédérale allemande durant la guerre froide. Il sera alors temps de voir.

L’ASAF propose une sélection de documents sous forme de 5 dossiers traitants de façon pédagogique et critique des sujets d’actualité sur la Défense :

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    1. la loi de programmation militaire (LPM)
    2. le Service National Universel (SNU)
    3. le conflit russo-ukrainien : impact sur l’OTAN et l’Europe
    4. la France dans la zone Indo-Pacifique
    5. la Cyberdéfense : un nouveau défi pour nos armées

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