Bonnes lectures

DROLES DE GUERRES

Poursuivant son exploration décalée de l’histoire militaire commencée en 2018 avec son « Fusil à tirer dans les coins », Hugues Vial présente aujourd’hui « Drôles de guerres », un recueil d’anecdotes étonnantes de toutes époques abondamment illustré. 

Savez-vous qui sont les « vieux de la vieillle » ? Et le chef indien Wakia-Wa-Takapi ? Connaissez-vous la mitrailleuse à vapeur, le fusil à vent et  le revolver Enouy à 48 coups ?   

Découvrez l’histoire authentique de « René-le-con », ce résistant qui a fourni aux Alliés le plan des défenses allemandes  de Normandie ou celle, non moins incroyable de François de Civille, quatre fois mort, mais trois fois ressuscité ? Vous suivrez aussi le parcours du caporal Wojtek, grand amateur de bière et de cigarettes anglaises… et bien d’autres histoires encore !

Un joli livre  qui tombe à pic en cette période où il faut penser aux cadeaux. En vente ( 24,90€ ) à l’amicale auprès du major Antoine.

Après les moines, les soldats : dix-sept écrivains découvrent servitudes et grandeur militaires.

bvoltaire.fr – Auteur : Gabrielle Cluzel le 2 décembre 2022.

Après Trois jours et trois nuits : le grand voyage des écrivains à l’abbaye de Lagrasse, voici Les Écrivains sous les drapeaux, nouveau volume de la collection « Promenades singulières » (Fayard). Cette fois, à l’occasion des 400 ans des troupes de marine, dix-sept écrivains ont été envoyés durant cinq jours dans un régiment de cette arme mythique, plus couramment nommée – horresco referens – « la Coloniale ».

Pourquoi qualifier cette balade de « singulière » ? On les croirait envoyés sur la Lune ou en Patagonie. Du temps du service, l’armée était pourtant familière, puisque c’était le passage obligé de toute une classe d’âge. Mais si l’on va par là, dans un pays ataviquement catholique, une abbaye n’est pas non plus, en principe, une terre complètement étrangère.

On apprend au détour des pages que c’est Charles de Foucauld, saint-cyrien et saint tout court fêté ces jours-ci, qui a légué aux troupes de marine son cri de ralliement : « Et au nom de Dieu, vive la coloniale ! » On tient les deux bouts de la corde. Le moine et le soldat partagent le sens du sacrifice, l’habit – holiste par essence, un uniforme porté par un seul n’en est plus un -, un bien commun qui les dépasse et dont ils peuvent douter parfois, c’est le propre de la foi. Une liturgie, aussi, dans laquelle l’humilité des officiants contraste avec le faste du rite. « Le verbe donner y a encore un sens », écrit dans sa préface Nicolas Diat. Et tout cela est devenu, de fait, « singulier ».

Soyons francs : aujourd’hui, le moine et le soldat nous font l’effet de vestiges d’une Atlantide engloutie. On ne sait plus de quel bois celle-ci était faite. On sent confusément que ces institutions, comme des serviteurs fidèles qui planquent l’argenterie quand la maison s’effondre, ont gardé un mode d’emploi oublié, celui qui sert à faire des hommes fiers et droits. « Nous recevons des pierres brutes et il en sort des pierres précieuses », lâche, lapidaire dans tous les sens du terme, un lieutenant du régiment de marche du Tchad à Étienne de Montety, du Figaro, l’un des auteurs.

Quelle est la recette ? Pas le choix, il faut mettre sa lampe frontale et plonger pour regarder de plus près. Il y avait autrefois des officiers un peu moines soldats – Psichari, de Gaulle – qui savaient écrire. Mais le sabre et le goupillon ont été si brocardés, caricaturés, qu’il faut le regard distancié d’écrivains-explorateurs, comme dans une réserve zoologique, pour en retracer les contours avec crédibilité.

Cette aventure littéraire est aussi « singulière » au sens de solitaire : nos écrivains se sentent bien seuls face aux acronymes obscurs, horaires baroques, exercices improbables… Certains, officiers de réserve, connaissent la boutique, d’autres surjouent la candeur du néophyte germanopratin. Quand on travaille comme Adélaïde de Clermont-Tonnerre à Point de vue, où la bimbeloterie d’apparat des familles royales est omniprésente, peut-on réellement confondre une fourragère avec une embrase à rideaux ? Quant à Beigbeder, il ressemble à un héros houellebecquien égaré dans un camp scout. Qu’importent les effets de style, le résultat est là, décapant. Les régiments sont très différents, tant par leur localisation que leur vocation : Patrice Franceschi – fils du général bien connu des lecteurs de BV – est à Bayonne, au 1er RPIMA, régiment d’élite projeté sur tous les théâtres d’opérations, Pascal Bruckner en Guadeloupe au 1er RSMA (régiment de service militaire adapté), où « l’ennemi n’est pas un pays étranger ou une puissance proche et hostile, mais un virus plus pernicieux, né des noces de Mai 68 et du narcissisme contemporain : le refus du travail et de l’effort ». Mais des constantes demeurent et les écrivains, par petites touches, décrivent un quotidien prosaïque, simple, tout fait d’entraînements, de discipline, d’efforts.

La facilité aurait été de dépeindre l’instant fanfare et étendard, quand les soldats sortent de la boîte, bien rangés comme de petits santons. Ou le coup de feu tragique. Mais le tableau est d’autant plus vrai qu’il ne vend pas le panache ni les points d’orgue. Il montre la boîte. Bien sûr, au bout il y a « la possibilité du trépas », selon le mot de Nicolas Diat, mais elle est comme l’Alsace-Moselle : y penser toujours, n’en parler jamais.

Du soldat à l’officier, les hommes obéissent à l’injonction de saint Augustin : fleuris là où Dieu – enfin l’armée – t’a planté : une île perdue sous les cocotiers ou une bourgade paumée de la France périphérique – Meyenheim, Mourmelon… – dont ils constituent pour bonne part le dernier tissu social. Les familles de ces nouveaux pêcheurs d’Islande s’y enracinent aussi. Comme elles peuvent. Seules. « En sept ans de service, confie un caporal-chef du 2e régiment d’infanterie de marine d’Auvours à Laurence Debray, j’ai passé un an et neuf mois à la maison », sans parler des « sapins de Noël qu’ils ne voient pas », des « naissances annoncées au téléphone », des « vacances maintes fois reportées ». L’auteur a raison : « Il n’y a pas que ceux tombés au combat qui sont des héros. »

« Ce pour quoi tu acceptes de mourir, c’est cela seul dont tu peux vivre. » Cet aphorisme de Saint-Exupéry est in fine la toile de fond de ces promenades singulières. Après Dieu et la patrie, pour quoi, pour qui se sacrifierait-on, sinon sa terre et ses enfants ? À quand

Frédéric Beigbeder en immersion dans une famille nombreuse et Adélaïde de Clermont-Tonnerre sur le tracteur d’un paysan de l’Aubrac ? Cette collection est une trouvaille.

Le livre

Au mois d’octobre 1950, quatre ans avant la défaite de Diên Biên Phu, le désastre que subit le corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient de part et d’autre de la route coloniale n°4 (RC 4) constitue le tournant de la guerre d’Indochine. La victoire de Mao et la proclamation de la république populaire de Chine, un an plus tôt, ont changé la donne. Désormais, le Viêt-Minh et l’armée populaire du Vietnam disposent d’un sanctuaire où équiper et instruire leurs troupes à l’abri de toute intervention française. Dans ce contexte, le chapelet de postes qui gardent la RC 4 à la frontière sino-vietnamienne et les convois qui les ravitaillent sont devenus des proies faciles pour l’adversaire. L’évacuation des garnisons françaises, notamment celle de Cao Bang, la plus importante d’entre elles, est décidée trop tardivement. Mal planifiée, mal conduite, l’opération se solde par un cuisant revers qui voit disparaître, dans les montagnes de la Haute Région tonkinoise, des milliers de combattants, français, marocains, légionnaires et supplétifs vietnamiens.

C’est cette tragédie qu’lvan Cadeau, fort notamment de sources vietnamiennes inédites, met brillamment en scène en décrivant jour après jour les combats, l’héroïsme des protagonistes, ainsi que les tergiversations d’un pouvoir politique qui ne comprend pas que cette guerre est entrée dans une nouvelle dimension et qu’une victoire en Indochine paraît désormais hors de portée.

Biographie de l’auteur

Officier supérieur et docteur en histoire, Ivan Cadeau dirige le bureau Armée de terre au Service historique de la Défense. Il a codirigé avec François Cochet et Rémy Porte le déjà classique La Guerre d’Indochine. Dictionnaire (Perrin-ministère des Armées) et est notamment l’auteur, toujours chez Perrin, d’une biographie de De Lattre ainsi que de La Guerre de Corée.

A commander en ligne sur le site de l’éditeur : https://www.medias-presse.info/cao-bang-1950-premier-desastre-francais-en-indochine-ivan-cadeau/157023/

Résumé
– Mon lieutenant, c’est à la mort que vous nous envoyez !
– Oui, monsieur, je vous fais cet honneur ! (Lieutenant de Galbert, 20 juin 1940).
Que ce soit dans le drame de la défaite ou dans la gloire de la victoire, l’armée française aime le panache. Parfois tragique, souvent épique, toujours sublime, celui-ci est indissociablement lié au concept de furia francese.
Celui-ci intervient dans ce moment particulier et délicat, entre la vie et la mort, où le combat prend une tournure dramatique, où il atteint une dimension…
Caractéristiques :
Date de parution : 10/02/2022
Editeur : Ring
Nombre de pages : 362

Lire un extrait …

C’est un injuste oubli des  études historiques consacrés à  la guerre d’Algérie rie que le dernier ouvrage en date de Marie-Danielle Demélas vient réparer : l’incontournable apport opérationnel des Bérets rouges (parachutistes coloniaux), Bérets verts (Légion  Étrangère) et Bérets bleus (troupes métropolitaines).
Après avoir traité  de l’utilisation tactique des parachutistes au début de la guerre d’Algérie, l’auteure  évoque les trois types d’opération, le commando dans les djebels et le Sahara, l’intervention de Suez, et la guerre urbaine contre-terroriste   Alger.

On croyait tout savoir sur la saga des parachutistes français en Indochine, le magnifique ouvrage de Marie-Danielle Demélas nous prouve le contraire.

Tout livre est un voyage. Qui de page en page vous emporte dans des êtres, des pays, des situations où, seul, vous ne seriez jamais allé ; où, seul, vous n’auriez jamais osé vous aventurer. Mais ce livre-là est un voyage à nul autre pareil. Car il vous conduit en des régions extrêmes, là où la vie côtoie quotidiennement la mort. Feuilleter ce livre

Le Tchad est un pays pivot, que la France a choisi comme base majeure pour sa lutte contre les groupes armés terroristes dans le cadre de l’opération Barkhane. Ce choix de 2014 s’inscrit comme un héritage du passé, de la lente évolution des relations franco-tchadiennes depuis l’indépendance de ce pays le 11 août 1960. Les éléments qui ont présidé au choix de N’Djamena pour Barkhane sont à rechercher dans les décennies 1970 et 1980, période durant laquelle la France a mené des opérations, implanté des bases et conservé des relations privilégiées avec les Tchadiens. Feuilleter ce livre

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