Bonnes lectures

Sommes-nous prêts pour la guerre ?

Un livre de Jean-Dominique Merchet – chez Robert Laffont, 2024, 18 euros.

Analyse M Goya à lire absolument.

Jean-Dominique Merchet vient de publier Sommes-nous prêts pour la guerre ? C’est un livre important qui traite de choses essentielles pour le présent et l’avenir de notre nation.

On ne le dira jamais assez, ce sont les nations qui font les guerres et non pas les armées. Il faut donc interroger les citoyens français dans leur ensemble sur leur capacité à faire la guerre s’il le faut et pas seulement les forces armées. Le titre du livre n’est d’ailleurs pas L’armée française est-elle prête pour la guerre ? mais Sommes-nous prêts pour la guerre ? Il nous interroge donc tous à travers neuf chapitres qui sont autant de sous-questions à cette interrogation primordiale. Les chapitres sont introduits à chaque fois par une d’une citation de Michel Audiard, qui témoigne une fois de plus que l’on peut être à la fois sérieux et drôle.

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On ne le dira jamais assez, ce sont les nations qui font les guerres et non pas les armées. Il faut donc interroger les citoyens français dans leur ensemble sur leur capacité à faire la guerre s’il le faut et pas seulement les forces armées. Le titre du livre n’est d’ailleurs pas L’armée française est-elle prête pour la guerre ? mais Sommes-nous prêts pour la guerre ? Il nous interroge donc tous à travers neuf chapitres qui sont autant de sous-questions à cette interrogation primordiale. Les chapitres sont introduits à chaque fois par une d’une citation de Michel Audiard, qui témoigne une fois de plus que l’on peut être à la fois sérieux et drôle.

Faut-il se préparer à une guerre comme en Ukraine ? Cette première question est la clé de toute la première partie consacrée à l’outil de défense français, comme si ce conflit en constituait un crash test. En clair, cela revient à demander s’il faut se préparer à un conflit conventionnel de haute-intensité et de grande ampleur, autrement dit très violent et avec des centaines d’hommes tués ou blessés chaque jour. La réponse est évidemment oui, par principe. La logique voudrait que l’on se prépare prioritairement aux évènements à forte espérance mathématique (probabilité d’occurrence x ampleur des conséquences). Autrement-dit, il faut à la fois se préparer aux évènements courants et à l’extraordinaire terrible.

Il y a ainsi les évènements très probables et même en cours auxquels il faut forcément faire face, les plus graves en priorité bien sûr mais aussi les plus anodins tout simplement parce qu’ils sont là, qu’on les voit et qu’il faut bien les traiter, plus ou moins bien. Il y a aussi les menaces à faible probabilité mais forte gravité, auxquelles il faut se préparer. La guerre nucléaire en est une et on s’y prépare correctement, c’est l’objet du chapitre 2, mais la guerre conventionnelle « à l’ukrainienne » est une autre et là c’est une autre affaire. Jean-Dominique Merchet rappelle ainsi que probabilité faible n’égale pas probabilité nulle et que sur la longue durée les évènements improbables finissent toujours par arriver, parfois même dès le premier lancé de dés. L’esprit humain est cependant ainsi fait qu’il néglige ces faibles probabilités et se condamne donc à être surpris. Si quelqu’un avait dit à des soldats de ma génération qu’ils combattraient non pas en Allemagne mais en Arabie-Saoudite face à l’Irak, puis dans une Yougoslavie éclatée ou en Afghanistan, sans parler de passages en Somalie, Cambodge et autre, on l’aurait traité de fou et pourtant…

Dans les faits, la capacité de forces armées françaises à mener cette « grande guerre » se résume à son contrat de déploiement. L’auteur souligne combien celui-ci est faible, même à l’horizon 2030 de la nouvelle loi de programmation militaire (LPM).  Jusqu’à peu dans les différents documents stratégiques on indiquait un contrat chiffré : 60 000 hommes déployables dans un conflit majeur dans le « projet 2015 » des années 1990, puis 30 000 en 2008 et enfin 15 000 en 2013. Par pudeur sans doute, on n’a pas indiqué de chiffres dans la nouvelle LPM mais des unités à déployer – pour les forces terrestres, un état-major de corps d’armée, un état-major de divisions, deux brigades interarmes, une brigade aérocombat, et un groupe de forces spéciales – qui sont en fait les mêmes que lors des plans précédents. On peut donc imaginer que l’on n’envisage pas jusqu’à 2030 de pouvoir déployer beaucoup plus qu’avant, non que les hommes manquent mais qu’on est simplement bien en peine de les équiper complètement en nombre et de les soutenir plus sur une longue durée. Le chat est donc maigre. Il est peut-être compétent, agile, équipé des armes les plus sophistiqué, mais il est maigre, voire très maigre. On serait balayé par l’armée ukrainienne si on devait l’affronter dans un wargame, alors que le budget de défense de cette armée ukrainienne représentait 10 % de celui de la France il y a trois ans. L’Ukraine consacre maintenant à peu près 22 % de son PIB à son effort de guerre mais cela représente un peu plus de 40 milliards d’euros, soit l’équivalent de notre budget de défense.

Le problème fondamental est que la France ne se donne pas les moyens de ses ambitions, comme le font par exemple les Etats-Unis. Quand on veut à la fois être une puissance « dotée » (nucléaire), défendre ses territoires et ses intérêts hors d’Europe, assurer ses accords de défense, être leader en Europe ou simplement « peser sur les affaires du monde » parce que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies, on doit au moins faire un effort de défense de 3% du PIB. A moins de réduire nos ambitions, il n’y a pas d’autre solution. Avant les attentats terroristes de 2015 on se dirigeait allègrement vers le 1% du PIB, c’est-à-dire la quasi destruction de notre outil militaire. Depuis, on remonte lentement la pente mais on est encore loin du compte. Notons au passage que les Etats-Unis sont à 3,5 % et que cela ne gêne pas, au contraire, l’activité économique.

En attendant, il faut forcément faire des choix, ce que Jean-Dominique Merchet résume d’un slogan efficace : Tahiti ou Varsovie. Et c’est là qu’interviennent les réflexes corporatistes. Les marins et les aviateurs français ne parlent pas beaucoup de cette guerre en Ukraine où les bâtiments de surface se font couler et où la défense aérienne depuis le sol contraint beaucoup l’emploi des avions de combat. Leurs regards se tourne plutôt et légitimement vers le grand large, « Tahiti » donc, en utilisant notamment le concept fourre-tout de l’Indopacifique. La guerre en Ukraine est une guerre de « terriens ». On aurait donc pu imaginer que l’armée de Terre y puise des arguments pour défendre ses conceptions. Cela n’a pas été le cas et cela reste pour moi un mystère. Jean-Dominique Merchet explique aussi cette réticence par la Russophilie supposée du corps des officiers français, la réticence à agir dans un cadre OTAN et le fait que finalement les spécialités qui pourraient jouer le plus la « carte Ukraine », comme l’artillerie, sol-air et sol-sol, ou encore le génie, sont mal représentées au sein des instances de direction. Admettons. Le fait est que la nostalgie de l’alliance (brève) avec la Russie l’emporte sur celle, pourtant plus longue et plus traditionnelle, avec la Pologne.

Pas de corps d’armée français en Europe centrale ou orientale, comme il y avait un corps d’armée en République fédérale allemande durant la guerre froide, mais peut-être des armes nucléaires. C’est la question qui fait le buzz. Le deuxième chapitre du livre est en effet consacré au nucléaire, pour constater d’abord combien la création de cette force désormais complète avec une solide capacité de seconde frappe (on peut toujours frapper n’importe quel pays même après une attaque nucléaire) a été une prouesse technique avec, c’est moi qui le rappelle, des retombées industrielles qui ont rendu l’affaire économiquement rentable pour la France. La nouveauté est qu’après une période de repli du nucléaire, dans les arsenaux comme dans les esprits, celui-ci revient en force avec la guerre en Ukraine. Cette guerre est en effet une grande publicité pour l’armement nucléaire : la Russie est « dotée » et on n’ose pas aller trop loin contre elle, l’Ukraine n’est plus dotée et elle est envahie. Le message est clair. Le buzz, c’est la proposition de l’auteur de partager le nucléaire français, autrement dit de proposer un système « double clés » (en fait, il n’y a pas vraiment de clés) à nos alliés européens, à la manière des Américains. On proposerait des missiles air-sol moyenne portée aux Européens qui pourraient les utiliser avec, bien sûr, notre autorisation. J’avoue mon scepticisme. Outre les problèmes matériels que cela poserait (il faudrait construire de nouvelles têtes nucléaires sans doute de moindre puissance et il faudrait que les Alliés achètent des Rafale) et outre le fait que cela contredit le principe gaullien de la souveraineté nucléaire, je crains surtout qu’il n’y ait aucune demande européenne dans ce sens. Quitte à accepter un protectorat nucléaire les pays européens préfèrent celui des Etats-Unis à celui de la France. On en reparlera peut-être si par extraordinaire, les Etats-Unis désertaient définitivement l’Europe. Troisième point : l’asséchement de la pensée militaire en matière nucléaire, où on est passée de la phase fluide des réflexions libres des années 1960 à une phase dogmatique où il est même interdit dans nos forces armées d’utiliser le terme « dissuasion » sans qu’il soit adossé à « nucléaire ». On a un peu oublié que justement les réflexions des années 1960 avaient abouti à l’idée que la dissuasion était globale et qu’elle impliquait une composante conventionnelle puissante, et notamment terrestre, afin de retarder autant que possible la nécessité d’employer l’arme nucléaire en premier (il n’y a évidemment aucun problème à le faire en second, en riposte). Or, on l’a vu, notre composante conventionnelle est faible. Alors certes nos intérêts ne sont pas forcément menacés, mais nos intérêts stratégiques le sont, notamment en Europe et pour reprendre l’expression du général de Gaulle, l’épée de la France est bien courte. 

Le troisième chapitre est consacré à la production industrielle. C’est celui où j’ai le plus appris. C’est une description rapide mais précise de notre complexe militaro-industriel, au sens de structure de conception et de fabrication de nos équipements militaire depuis la décision politique jusqu’à la chaine de production en passant par les choix des décideurs militaires et industriels. Peut-être devrait-on d’ailleurs parler plutôt de complexe militaro-artisanal quand on voit la manière dont sont construits ces équipements rares et couteux. Il y a en fait deux problèmes à résoudre : sortir du conservatisme technologique – et l’exemple du ratage français en matière de drones est édifiant – et produire en masse. Cela mériterait un ouvrage en soi tant l’affaire est à la fois complexe et importante. 

Après avoir décrit l’outil de défense français, avec ses forces et surtout ses limites, Jean-Dominique Merchet décrit dans les chapitres le contexte et les conditions de son emploi. Il y a d’abord ce constat évident depuis trente ans mais pourtant pas encore complètement intégré que la France est désormais une île stratégique, préservée au moins dans l’immédiat et pour l’Hexagone de toute tentative de conquête territoriale. Cela signifie en premier lieu que les conflits « subis » se déroulent d’abord dans les espaces dits « communs » et vides, qui les seules voies de passage (cyber, espace, communications, ciel, mer, etc.) pour attaquer le territoire national. La première priorité décrite dans le chapitre 4 est donc de mettre en place une « défense opérationnelle du territoire » adaptée au siècle. C’est déjà évidemment en partie le cas, mais que de trous encore.

Si l’on est une île et qu’on ne risque pas d’invasion, les guerres « choisies » sont donc au loin (chapitres 5 et 7). On connait le scepticisme de l’auteur sur les opérations extérieures françaises. Difficile de lui donner tort (cf Le temps de guépard). Outre l’oubli, assez fréquent, de toutes les opérations extérieures menées par la France avant 1990, on peut peut-être lui reprocher de sous-estimer le poids de la décision politique par rapport aux orientations militaires dans cette faible efficience. On peut s’interroger aussi sur le poids réel de l’histoire – le désastre de 1940 et la guerre d’Algérie en particulier – dans les décisions du moment. Les organes de décision collective sont finalement comme les individus qui ne gardent en mémoire vive que deux expériences passées : la plus intense et la plus récente. Alors oui, les désastres du passé peuvent influer mais il s’agit bien souvent de faire comme la dernière fois si ça a marché ou de faire l’inverse si cela n’a pas été le cas. J’étais stupéfait lorsqu’on m’a demandé un jour si l’engagement au Rwanda en 1990-1992 n’était pas une revanche sur la guerre d’Algérie, alors qu’on reproduisait simplement ce que l’on venait de faire au Tchad.

On revient dont à cette idée que ce sont les nations qui font les guerres, pas les armées. Les chapitres 6 et 8 s’interrogent sur la résilience de la nation française et sur la nécessité de renouer avec le service militaire. Dans les deux cas, je suis totalement en accord avec la description et les conclusions de l’auteur. Sans trop spoiler, oui je suis persuadé de la résilience du peuple français, et je pense aussi qu’il faut plus l’impliquer dans notre défense et imiter le modèle américain. 

La guerre se fait aussi – presque toujours – entre deux camps et normalement l’outil militaire doit être adapté aux ennemis potentiels. Le dernier chapitre est ainsi un panorama de nos adversaires et alliés actuels et possibles. Aucune surprise et aucun désaccord sur le nom des suspects. Il faut surtout bien distinguer, ce n’est pas forcément si évident pour ceux qui n’ont pas connu la guerre froide, ce qui se passe sous et au-dessus du seuil de la guerre ouverte. La norme est désormais le conflit (pas la guerre) dit « hybride » contre d’autres puissances, et l’exception est le franchissement de ce seuil. Pour autant nous devons préparer ce franchissement, ce qui également un des meilleurs moyens de l’emporter dans ce qui se passe au-dessous. Si on avait pris en compte la nécessité de pouvoir remonter en puissance très vite en cas de surprise stratégique (réserves, stocks, planification, adaptation de l’industrie, etc.), la France serait à la fois en meilleure posture actuellement dans notre confrontation avec la Russie et notre capacité à dissuader tout adversaire à franchir le seuil serait renforcé. Cela nous aurait couté moins cher que de tout faire dans l’urgence. Ce n’est pas faute de l’avoir dit.

En conclusion, l’auteur répond donc à sa propre question initiale, ce n’est pas si fréquent. On se doute de la réponse, et je suis entièrement en accord avec elle. Bref, lisez Sommes-nous prêts pour la guerre ? et discutez-en. Encore une fois, il s’agit de sujets qui doivent par principe intéresser tous les citoyens.

Permettez-moi tout d’abord de me présenter, Major CAMACHO Jean-José, amicaliste, ancien du 7 et du 8, en retraite depuis peu et désormais réserviste.

Je souhaite porter à votre connaissance la sortie du livre « Faire partie du paquetage » écrit par mon épouse Annie.

Il y est question du parcours et de la carrière d’un soldat français, sous-officier parachutiste de l’Armée de Terre, vu à travers le regard de son épouse qui livre un récit authentique et sincère entre souvenirs, anecdotes, sourires et larmes.

Je vais sans doute manquer d’objectivité pour vous dire que c’est un très beau témoignage d’épouse de militaire dans lequel un certain nombre d’entre elles pourront parfois se reconnaître.

Contact direct avec l’auteur ; Contactez Annie Camacho pour savoir plus sur son ouvrage (coollibri.com)

ou 

Commmande chez Amazone: Amazon.fr – FAIRE PARTIE DU PAQUETAGE – CAMACHO, ANNIE – Livres

Parachutistes du 14e RCP en Algérie – Des doutes à la révolte » (Septembre 1959 à avril 1961).

Bien que centré sur le 14e RCP et son dernier chef de corps, le lieutenant-colonel Pierre LECOMTE surnommé  » Le Renard Argenté « , l’ouvrage met aussi en exergue toutes les unités qui ont combattu à ses côtés de la Kabylie aux Aurès et participé au maintien de l’ordre à Alger : Le 18e RCP, le régiment  » frère « , les légionnaires du 2e REP, les paras des 1er et 9e RCP…. et tous les autres, sans oublier les fantassins, tringlots…, équipages de l’ALAT,  pilotes de l’armée de l’air, de l’aéronavale…

Bonjour,

Je me permets de vous communiquer un lien qui vous permettra de visionner un petit  diaporama/vidéo concernant mon dernier livre « Parachutistes du 14e RCP en Algérie – Des doutes à la révolte » (Septembre 1959 à avril 1961).

Réalisé avec les moyens du bord notamment les photos et les documents en ma possession, ce petit film/documentaire évoque, en 30 minutes, « le destin de ces hommes qui ne parvenaient plus à donner du sens au combat que la France leur demandait de mener en Algérie » :

https://youtu.be/_UGC4CwfHck

Si vous êtes intéressé par le livre, il peut être commandé auprès de l’éditeur, voire d’une librairie ou sur les sites de la FNAC, CULTURA, etc.

Pour ceux qui souhaitent un exemplaire dédicacé, il est aussi possible de se le procurer auprès de moi.

Je me tiens à votre disposition, le cas échéant.

Cordialement,

(Patrick-Charles RENAUD (<patrick-charles.renaud@orange.fr>)

COMMANDEMENT, le témoignage du cœur

Hugues Vial (achat auprès de l’auteur h.vial@free.fr 14,90€)

Pierre de Taillac, Juin 2023, 240 pages

Ce livre est passionnant et devrait être lu par tous ceux aspirant à commander, de la section au bataillon. Il se dévore véritablement, d’abord comme un puissant témoignage des épreuves de la guerre traversées par deux officiers, de 1943 à 1945, au sein du 4e Régiment de Tirailleurs Sénégalais ; ensuite comme de belles pages sur l’estime et la confiance entre un commandant de bataillon, le Cba Robert Gufflet, et un de ses commandants de compagnie, le Cne Robert Vial commentées par le général Delteil.

Si les textes puissants immergent le lecteur dans l’ambiance et la tension des combats de la libération, les réflexions profondes sur le style de commandement, la relation chef et subordonné et le poids partagé des responsabilités demeurent des exemples pour aujourd’hui et serviront utilement tous ceux qui s’intéressent à cette alchimie humaine que seule l’institution militaire peut produire.

Gbr (2S) Jacques Aragones

Vous pouvez acheter à l’Amicale pour 20 € le livre de notre ancien.

Histoire politique des services secrets français

De la Seconde Guerre mondiale à nos jours

Roger Faligot, Jean Guisnel, Rémi Kauffer

Voici un livre exceptionnel : il retrace l’épopée de la DGSE – le service de renseignement français à l’international – et des services qui l’ont précédée. Cette centrale d’espionnage et de contre-espionnage est en effet l’héritière d’une longue histoire commencée dans la Résistance contre les nazis. S’appuyant sur des archives originales accumulées pendant près de quatre décennies, les trois meilleurs spécialistes du sujet brossent le portrait des hommes et des femmes des services, narrent leurs opérations clandestines sur tous les continents et livrent des dizaines de témoignages inédits.

Nourrie de révélations, de récits spectaculaires, de mises en perspective novatrices, de détails techniques, cette somme retrace une aventure qui court sur sept décennies et constitue désormais une référence sans équivalent.

Version papier : 17.00 € – Version numérique : 14.99 € – © Éditions La Découverte, Paris, 2013.

Contrairement aux espoirs placés dans l’implosion de l’empire communiste soviétique, force est de constater que les relations interétatiques deviennent de jour en jour de plus en plus brutales. Après avoir mis la main sur l’économie russe, la petite coterie, principalement issue des services spéciaux, qui dirige ce pays entend maintenant reconstituer son impérium sur une Europe qu’elle estime faible et dégénérée.
Encouragée par l’absence de réponse ferme à ses coups de force précédents― l’Occident a, de fait, accepté les partitions de la Moldavie et de la Géorgie ainsi que les accords très défavorables de Minsk ― la Russie met ses menaces à exécution en s’en prenant une nouvelle fois à l’Ukraine. Nous aurions dû mieux écouter Vladimir Poutine ; ne renouvelons pas cette erreur en n’entendant pas Xi Jinping.

Face à l’inadmissible, il est temps pour l’OTAN et l’Union européenne, de repenser leurs systèmes de défense et de sécurité collective qui sont aujourd’hui à la croisée des chemins.

Voilà un document très intéressant mais qui demande du temps et de la réflexion. C’est une bonne synthèse des questions que se pose chacun d’entre nous.

Le livre

Au mois d’octobre 1950, quatre ans avant la défaite de Diên Biên Phu, le désastre que subit le corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient de part et d’autre de la route coloniale n°4 (RC 4) constitue le tournant de la guerre d’Indochine. La victoire de Mao et la proclamation de la république populaire de Chine, un an plus tôt, ont changé la donne. Désormais, le Viêt-Minh et l’armée populaire du Vietnam disposent d’un sanctuaire où équiper et instruire leurs troupes à l’abri de toute intervention française. Dans ce contexte, le chapelet de postes qui gardent la RC 4 à la frontière sino-vietnamienne et les convois qui les ravitaillent sont devenus des proies faciles pour l’adversaire. L’évacuation des garnisons françaises, notamment celle de Cao Bang, la plus importante d’entre elles, est décidée trop tardivement. Mal planifiée, mal conduite, l’opération se solde par un cuisant revers qui voit disparaître, dans les montagnes de la Haute Région tonkinoise, des milliers de combattants, français, marocains, légionnaires et supplétifs vietnamiens.

C’est cette tragédie qu’lvan Cadeau, fort notamment de sources vietnamiennes inédites, met brillamment en scène en décrivant jour après jour les combats, l’héroïsme des protagonistes, ainsi que les tergiversations d’un pouvoir politique qui ne comprend pas que cette guerre est entrée dans une nouvelle dimension et qu’une victoire en Indochine paraît désormais hors de portée.

Biographie de l’auteur

Officier supérieur et docteur en histoire, Ivan Cadeau dirige le bureau Armée de terre au Service historique de la Défense. Il a codirigé avec François Cochet et Rémy Porte le déjà classique La Guerre d’Indochine. Dictionnaire (Perrin-ministère des Armées) et est notamment l’auteur, toujours chez Perrin, d’une biographie de De Lattre ainsi que de La Guerre de Corée.

A commander en ligne sur le site de l’éditeur : https://www.medias-presse.info/cao-bang-1950-premier-desastre-francais-en-indochine-ivan-cadeau/157023/

On croyait tout savoir sur la saga des parachutistes français en Indochine, le magnifique ouvrage de Marie-Danielle Demélas nous prouve le contraire.

C’est un injuste oubli des  études historiques consacrés à  la guerre d’Algérie rie que le dernier ouvrage en date de Marie-Danielle Demélas vient réparer : l’incontournable apport opérationnel des Bérets rouges (parachutistes coloniaux), Bérets verts (Légion  Étrangère) et Bérets bleus (troupes métropolitaines).
Après avoir traité  de l’utilisation tactique des parachutistes au début de la guerre d’Algérie, l’auteure  évoque les trois types d’opération, le commando dans les djebels et le Sahara, l’intervention de Suez, et la guerre urbaine contre-terroriste   Alger.

Avenue du lieutenant Jacques Desplats

81108 Castres Cedex