Le 29 septembre, les parachutistes célèbrent Saint-Michel…

Saint-Michel est mentionné plusieurs fois dans la Bible en tant que chef de la milice céleste. Il joue un rôle majeur dans l’Apocalypse (dernier livre du Nouveau Testament), texte qui relate son combat contre le démon. L’Archange symbolise ainsi la force des puissances du bien contre le mal. Mais comment est-il devenu le saint patron des parachutistes ?

L’Ecriture nous parle de Saint-Michel comme de celui qui combat au nom de Dieu contre les forces du mal, à la tête des légions angéliques. Il est, par conséquent, celui que l’on invoque pour s’encourager au juste combat (il parle en ce sens à Jeanne d’Arc) et recevoir protection à l’heure du danger. Les médiévaux voyaient aussi dans Saint-Michel celui qui, au moment de la mort, conduisait l’âme du défunt jusqu’à Dieu, d’où son titre d’archange psychopompe.

Ce combattant céleste descendant sur la terre des hommes, il était légitime de le choisir comme protecteur du pays et de ses armées ; déjà en 709, l’évêque d’Avranches, saint Aubert, fonda une chapelle qui deviendra l’abbaye du Mont Saint-Michel, où viendront en pèlerinage, entre autres, Charlemagne et Louis IX (Saint-Louis) pour demander protection pour la France.

Protecteur des paras

Le 5 juin 1944, les militaires du 2e régiment de chasseurs parachutistes se préparent à sauter sur la Bretagne occupée. L’aumônier du régiment remet alors à chacun d’entre eux une petite médaille à l’effigie de Saint-Michel. Parachutés le 6 juin, les militaires rejoignent les 3 000 résistants du maquis de Saint-Marcel, un petit village du Morbihan. Repliés dans la campagne bretonne, ils harcelèrent l’ennemi à chaque occasion favorable.

Dans la dureté des combats pour la Libération, le médaillon de Saint-Michel devint alors leur signe de ralliement.

En février 1945, l’aumônier du corps français de l’Air (Valin de la Vaissière) proposa formellement que Saint-Michel devienne le protecteur officiel des troupes aéroportées, en raison de son rôle de chef de la milice céleste combattant dans les airs.

Le père Jego

Le père Marcel Jego

En 1946, à l’issue d’un important parcours dans la Résistance, Marcel Jégo, alias Jean-Michel Bayard, signa son engagement d’aumônier militaire au 1er régiment de chasseurs parachutistes à Pau.

Affecté au 3e bataillon stationné en Algérie, et la veille de son départ pour l’Extrême-Orient, il célèbrera une messe pour ses Paras dans la cathédrale de Bône, et terminera son homélie par ces mots : « Priez, mes frères, non pas que nous en revenions sains et saufs, de ces prières, nous n’en avons besoin ; mais priez pour que, sans cesse, avec le sourire, nous soyons à la hauteur de notre tâche ! » ; puis conclura par cette expression que tous les parachutistes feront leur : « Et par Saint-Michel, vive les parachutistes ! »

Le père Jégo célébrera, le 13 juin 1948 en la cathédrale d’Hanoï, la première messe dédiée à Saint-Michel, proclamé officiellement patron de tous les parachutistes.

Le père Casta, aumônier des parachutistes, fit frapper en Indochine la première médaille officielle en argent massif représentant l’archange ailes déployées terrassant le démon, avec trois parachutes ouverts en arrière-plan.
Voir dans la rubrique « Communication/Bonnes lectures » l’ouvrage du père Richard Kalka intitulé « Père Jego, un prêtre, un para, une légende ».