31 août : les troupes de Marine commémorent Bazeilles…

La bataille de Bazeilles (ou combats de Bazeilles) a lieu du 31 août au 1er septembre 1870, dans le cadre plus général de la bataille de Sedan, pendant la guerre franco-prussienne.

La guerre franco-allemande oppose, du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, la France de Napoléon III à la Prusse de Guillaume Ier.

Commencée en Alsace et en Lorraine, elle voit l’armée allemande prendre l’avantage sur l’armée française du Rhin qui, commandée par le Maréchal Bazaine, est refoulée et assiégée dans la ville de Metz.

Une deuxième Armée, sous les ordres du maréchal Patrice de Mac-Mahon – et comprenant la division d’infanterie de marine – est aussitôt formée pour lui porter secours et dégager la ville. Cependant, lors de sa difficile progression vers Metz, elle se heurte au gros des forces allemandes et doit se replier en direction de Sedan qu’elle atteint le 31 août.

Général Elie Jean de Vassoigne, commandant la « division bleue »

Pour la première fois de leur histoire, marsouins et bigors sont groupés dans une même division, la division de marine. Surnommée « la division bleue » (surnom venant de la couleur de son uniforme), elle est commandée par le général de Vassoigne.

La division bleue est une composante du XIIe corps d’armée, sous les ordres du général Lebrun, lui-même rattaché à l’armée de Mac-Mahon. Elle est composée de marsouins (fantassins) et de bigors (artilleurs) et comprend deux brigades :

  • La première, sous le commandement du général Reboul, est formée du 1er régiment d’infanterie de marine de Cherbourg et du 4e régiment d’infanterie de marine de Toulon.

  • La seconde, sous le commandement du général Martin des Pallières, se compose du 2e régiment d’infanterie de marine de Brest, du 3e régiment d’infanterie de marine de Rochefort et de trois batteries du 1er régiment d’artillerie de marine de Lorient.

Le 31 août, la division de marine reçoit l’ordre de reprendre le village de Bazeilles dont l’ennemi vient de s’emparer.

La 2e brigade du général Martin des Pallières, composée des 2e et 3e régiments d’infanterie de marine ainsi que du 1er régiment d’artillerie de marine, lance son attaque et mène un combat acharné dans le village. Elle est bientôt soutenue par la 1re brigade du général Reboul formée par les 1er et 4e régiments d’infanterie de marine.
A la tombée de la nuit, Bazeilles est entièrement repris.

Dès l’aube du 1er septembre, le IVe corps d’armée bavarois contre-attaque, appuyé par une puissante artillerie. Commence alors une lutte farouche, rue par rue, maison par maison. Se battant à un contre dix, éprouvés par la chaleur et par la soif, la gorge brûlée par la fumée des incendies, écrasés sous les obus, les marsouins vont à deux reprises chasser l’ennemi du village.

Tous témoignent de la même ardeur, du même mépris de la mort. Mais vers 16h00, les munitions manquent et les défenseurs sont submergés par le flot de l’ennemi.

Maison Bourgerie

Quelques officiers et une trentaine de soldats, dont la plupart sont blessés, se retranchent alors dans une auberge, la maison Bourgerie. Pendant 4 heures, ils arrêtent la progression des assaillants et ne succombent qu’à bout de munitions.

Les unités françaises ont perdu 2 650 hommes (tués, blessés, portés disparus) au cours de ce seul affrontement. Quarante Bazeillais, dont une partie en résistant aux bavarois, trouvèrent également la mort au cours des combats des 31 août et 1er septembre. Cent cinquante autres moururent des suites de leurs blessures dans les six mois qui suivirent la bataille. L’adversaire, pour sa part, aura laissé sur le terrain plus de 4 000 tués, dont 213 officiers.

Le tableau « Les Dernières cartouches » d’Alphonse de Neuville, peint en 1873, est conservé au musée de la Maison de la dernière cartouche à Bazeilles.

Le général (2s) Nicolas Graff, premier vice-président de la FNAOM chargé de la mémoire, explique :

« Dans ce tableau évidemment ce qui saute aux yeux c’est l’absence de troupes de Marine puisque tous les corps d’armée ou du moins de fantassins présents ici à Sedan en 1870 sont représentés. Vous avez de l’infanterie de ligne avec les pantalons rouges, des chasseurs avec les pantalons bleus, vous avez même un turco représentant l’armée d’Afrique… Ce choix esthétique a été aussi un effet d’aubaine, puisque finalement tous les combattants de 1870 se sont reconnus au travers de ce tableau, d’où son succès. »

Mais ce sont bien des soldats des troupes de Marine de la division bleue qui ont combattu à Bazeilles « jusqu’à la dernière cartouche »…