Le sort des Hmongs, il en fera une cause. Car depuis que le Laos est devenu communiste après le coup d’état de décembre 1975, ces derniers sont considérés comme des traîtres. Aujourd’hui, soixante ans après la fin de la guerre, ils sont toujours traqués et affamés dans les montagnes laotiennes par le régime communiste en place.
Pendant des années, Robert Jambon tenta d’avertir les plus hautes autorités de l’État de ce qu’il appelait « un génocide ». En vain. Puis il y a eu en 2009 le coup de grâce, lorsque 4700 réfugiés Hmongs en Thaïlande ont été expulsés et rapatriés au Laos, qu’ils avaient fui trente ans auparavant. Si l’événement avait suscité une vague internationale de protestations à l’époque, le colonel n’acceptera jamais l’inaction qui s’en est suivi.
Découragé un temps, de son propre aveu, le colonel Jambon, commandeur de la Légion d’honneur, a finalement décidé qu’il allait subir le même sort que ses « frères d’armes » tombés 60 ans plus tôt sur les champs de bataille. C’est ainsi qu’il a justifié sa décision d’en finir, à 86 ans, non par « une fuite honteuse » mais par un « acte de guerre ».