Le soldat qui refusa la fin de la guerre pendant 29 ans…

Le 10 mars 1974, le sous-lieutenant japonais Hiro Onoda (1922–2014) se rendit enfin aux autorités philippines, mettant fin à l’une des plus extraordinaires histoires de la Seconde Guerre mondiale.

Envoyé en janvier 1945 sur l’île de Lubang aux Philippines, Onoda reçut un ordre clair de son supérieur, le major Yoshimi Taniguchi : « Le suicide est strictement interdit ! Résiste trois à cinq ans. Je viendrai te chercher sans faute. Continue le combat tant qu’au moins un soldat reste en vie. »

Avec trois hommes, Onoda mena une guérilla contre les forces américaines et les autorités philippines.

Retirés dans la jungle après la défaite japonaise, ils se nourrissaient de fruits, de bétail volé et vivaient dans des abris improvisés, persuadés que la guerre se poursuivait.

Malgré la diffusion de tracts, d’annonces radio et même de journaux largués par avion, Onoda resta convaincu que la reddition du Japon n’était qu’une ruse ennemie.

Entre 1945 et 1974, les attaques menées par son petit groupe firent 30 morts et une centaine de blessés parmi les civils et militaires philippins. Deux de ses compagnons furent tués lors d’accrochages, et le troisième se rendit en 1950, laissant Onoda seul dans sa mission impossible.

Pendant tout ce temps, il entretint son fusil Arisaka Type 99, conservant des munitions, des grenades et son katana, symbole de son devoir.

Hiro Honoda le jour de sa reddition

En 1974, il fut localisé dans la jungle. Il refusa encore de déposer les armes, affirmant qu’il attendait l’ordre direct de son supérieur.

Le major Yoshimi Taniguchi, son ancien commandant, fut retrouvé au Japon alors qu’il était à la retraite et rappelé. Le 10 mars 1974, Onoda, toujours en uniforme, accepta enfin de se rendre devant son ancien supérieur.

Accueilli comme un héros par une partie de l’opinion japonaise, il fut également critiqué pour les victimes causées pendant sa longue résistance. Grâce à l’intervention du ministère japonais des Affaires étrangères, il bénéficia d’une grâce présidentielle du gouvernement philippin.

Il mourut dans son pays natal en 2014 à l’âge de 91 ans.