Les titres honorifiques du président de la République française

Le président de la République française est de facto grand maître de l’ordre de la Légion d’honneur et également de l’ordre national du Mérite.

Mais la fonction suprême comporte également d’autres dignités moins connues…

Co-prince d’Andorre

Armoiries de la principauté d’Andorre, reprenant les blasons d’Urgell, de l’ancien comté de Foix, de la Catalogne et du Béarn.

Au XIIIe siècle, la petite principauté d’Andorre est prise dans une querelle entre deux autorités qui souhaitaient obtenir sa souveraineté : côté français, le comte de Foix, dont la ville se situe à 50 kilomètres d’Andorre, et côté Espagnol, l’évêque d’Urgell.

En 1278, une solution à ce conflit est conclue : un traité établi un système de souveraineté partagée sur le territoire d’Andorre, d’où le titre de co-prince, transmis depuis jusqu’à la République française et donc à ses présidents.

Et ce titre n’est pas seulement honorifique. Selon la Constitution d’Andorre, les co-princes disposent conjointement du droit de grâce d’un condamné, de nommer les membres du Conseil supérieur de la justice, ou encore ceux du Tribunal constitutionnel.

Emmanuel Macron est le premier président français à avoir présenté au gouvernement andorran un portrait officiel incluant les drapeaux des deux pays.

Chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran

Croix de chanoine de Saint-Jean de Latran.

L’origine de ce titre remonte à Henri IV, protestant converti au catholicisme pour monter sur le trône de France. En 1604, Henry IV offre à Rome l’abbaye bénédictine de Clairac, dans le Lot. En remerciement, le pape lui octroie le titre de chanoine de la basilique Saint-Jean-de-Latran, transmis depuis aux chefs d’État français.

Ce titre a progressivement perdu de son importance avant d’être réinvesti en 1957 par René Coty. Depuis, plusieurs Présidents, comme de Charles de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron ont pris possession de ce titre, tandis que Georges Pompidou, François Mitterrand et François Hollande ne l’ont pas fait.

Le président de la République détient plusieurs autres titres honorifiques de chanoine, dont certains sont inactifs, comme celui de proto-chanoine de la cathédrale Notre-Dame-du-Réal d’Embrun. Il est également proto-chanoine de la basilique Notre-Dame de Cléry et chanoine d’honneur de diverses cathédrales et églises, bien que ces titres soient principalement symboliques.

Protecteur du domaine national de Chambord

Le château de Chambord, construit par François Ier entre 1519 et 1547, est un joyau architectural de la Renaissance, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981. Acheté par l’État en 1930, il devient Domaine national en 2005, placé sous la protection du président de la République.

C’est un lieu privilégié de la diplomatie française, conformément au vœu de George Pompidou d’en faire un lieu emblématique et symbolique, alliant histoire, diplomatie et prestige de la France.

Ce titre de Protecteur du domaine de Chambord est très récent et remonte à 2005, lorsque par une loi, l’établissement public du domaine est placé sous la haute protection directe du président de la République.

Protecteur de l’institut de France

Institut de France

Le président de la République était jusqu’en 2006 protecteur de l’Académie française, créée par le cardinal de Richelieu en 1634. 

Le titre de protecteur s’étend depuis 2006 à l’Institut de France, fondé en 1795, et ses cinq académies (Académie française ainsi que celles des inscriptions et belles lettres, des sciences, des beaux-arts et des sciences morales et politiques).

Protecteur de l’ordre de la Libération

L’ordre de la Libération, créé par le général de Gaulle en 1940, est une distinction honorifique française récompensant les contributions exceptionnelles à la libération du pays pendant la Seconde Guerre mondiale. Unique en son genre, il n’est plus attribué depuis 1946 pour préserver son caractère symbolique. Deuxième ordre national après la Légion d’honneur, il ne comporte qu’un seul titre, celui de Compagnon de la Libération, et un insigne unique, la croix de la Libération. Au total, 1 038 croix ont été décernées à des personnes, 18 à des unités militaires et 5 à des communes françaises. Le dernier Compagnon, Hubert Germain, est décédé en 2021, et un hommage national lui a été rendu.

Placé sous la protection du président de la République, l’Ordre perpétue la mémoire des Compagnons et promeut les valeurs de courage et de sacrifice. Ce rôle symbolique renforce le lien entre les générations et assure la transmission de l’héritage historique de la Libération.