Le mot du Président

Edito septembre / Saint Michel

Chers Anciens, chers amicalistes,

Réchauffement climatique ou pas, il a fait chaud, très chaud cet été, même pour d’anciens paras colos habitués au soleil brulant de l’Afrique !  Nul doute que chacun aura trouvé un coin d’ombre – à défaut d’un baobab – pour palabrer en famille ou entre amis et boire une bière fraiche. Mais la fin de cette période estivale caniculaire ne doit pas nous faire oublier deux rendez-vous majeurs.

Tout d’abord, la commémoration des combats de Bazeilles et le traditionnel rassemblement des TDM dans les arènes de Fréjus. Ce rassemblement était cette année exceptionnel car il célébrait en particulier le 400ème anniversaire de la création des Troupes de Marine en 1622 par le cardinal de RICHELIEU. L’Amicale était bien sûr présente. N’oublions jamais que nous sommes les héritiers des marsouins de la Division bleue et qu’il est de notre devoir d’honorer nos grands Anciens. Nous devons aussi perpétuer leur histoire, notre histoire, notamment en contribuant au financement du Musée des Troupes de Marine dont l’agrandissement tant attendu vient d’être inauguré. Bien sûr, cela a un coût ! Raison de plus pour ne pas oublier notre cotisation à la Carte du Marsouin. Assumons pleinement notre double filiation.

Marsouin donc, mais parachutiste aussi, et l’Amicale fêtera bien sûr la Saint-Michel.

Souvenons-nous, cette tradition née en Indochine, a pris naissance il y a 70 ans. Ils étaient tous là, ce 13 juin 1948, toutes unités paras confondues présentes à Hanoï. Dans leurs cœurs et leurs pensées, il y avait leurs frères parachutistes morts au champ d’honneur, ou absents en raison de leurs blessures. Tous, chrétiens ou non, croyants et non croyants, assistaient à la première grand-messe solennelle placée sous le tout récent patronage de Saint Michel. Le père JEGO, après avoir béni les fanions au nom de l’Archange, concluait son homélie par une vibrante acclamation qui depuis se perpétue : « Et par Saint Michel, vivent les parachutistes ».

L’idée de proposer et finalement de faire accepter comme saint patron l’Archange descendant du ciel pour combattre le dragon de l’Apocalypse, avait germé un soir de septembre 1947. Malgré quelques oppositions, une certaine cohérence se dégageait pour cette proposition car une médaille représentant Jeanne d’Arc d’un côté et Saint Michel de l’autre avait déjà été remise et portée en signe de reconnaissance par les SAS français parachutés en Bretagne.

Le 13 février 1949 dans cette même cathédrale d’Hanoï drapée de parachutes multicolores, le choix du Saint Patron fut réaffirmé. Et le 29 septembre suivant, jour de la fête de la Saint Michel, partout où se tenaient des unités parachutistes, eut lieu la « Saint-Michel ». Cette tradition allait marquer définitivement l’esprit parachutiste, empreint de cette cohésion, de cette fraternité qui unit tous ceux qui ont franchi la porte d’un avion pour le saut dans l’inconnu, dans l’incertitude, du ciel au combat, pour combattre et vaincre.

Symbole de cet esprit parachutiste parmi tous nos héros de Dien Bien Phu, le caporal VISSCHERS a été choisi par le colonel DEGAND pour doter la place d’armes du 8ème RPIMa d’une statue symbolisant les racines indochinoises du régiment et commémorer le sacrifice de tous les hommes du rang tombés en Indochine ou lors des engagements ultérieurs du « Grand 8 ».

Né à Oran le 12 janvier 1931, Roger VISSCHERS s’engage pour partir en Indochine au sortir d’une jeunesse troublée. En 1953, il est affecté au 8ème RPC, futur 8ème RPIMa. Il sert en qualité d’opérateur radiophonie auprès du capitaine TOURRET. Il est parachuté à Dien Bien Phu le 21 novembre 1953 à ses côtés lors de l’opération Castor. Le 13 mars 1954, la bataille débute et le caporal VISSCHERS participe directement aux combats : il se distingue au feu. Le 7 mai, il est fait prisonnier et entame avec ses camarades « la longue marche » à travers la jungle, à destination des camps. Il tente une évasion mais se fait reprendre. Affaibli et privé de nourriture, il parvient enfin au camp n° 73 dans le Than-Hoa. Malade, de plus en plus faible malgré les soins dérisoires de ses compagnons de captivité, il meurt dans la nuit du 11 juillet 1954, sans bruit.

Cette statue du caporal VISSCHERS veillera notre monument aux morts sur lequel sont inscrits en lettre d’or plus de 500 noms de Volontaires tombés au champ d’honneur. Ainsi l’ombre de nos grands Anciens planera encore longtemps sur le quartier Fayolle et nous pourrons continuer à honorer nos héros.

Là aussi, bien sûr, ce projet a un coût et il est évident que l’Amicale participera au financement. Dans ce cadre, une campagne de dons est lancée et vous pouvez dès maintenant envoyer votre participation (chèque ou virement en précisant « Don Para d’Indo »). Nous sommes d’anciens paras colos du « 8 » et je suis sûr que notre volonté de « servir encore et toujours » ne se démentira pas.

Et au nom de Dieu, vive la Coloniale,

Et par Saint-Michel, vivent les parachutistes !

 

Jean Louis TURPIN

Avenue du lieutenant Jacques Desplats

81108 Castres Cedex