Contrairement à ses pairs qui se sont complaisamment mis en valeur à travers d’innombrables publications d’après-guerre, lui s’est muré dans le silence.
A un journaliste qui l’interrogeait à ce propos, il avait répliqué d’un ton goguenard : « Pourquoi écrire mes mémoires, je n’ai rien à me reprocher ».
Plus sérieusement, il avait ajouté : « Seuls dans cette guerre, nos soldats et nos sous-officiers et nos officiers en première ligne furent admirables. Nous les généraux, ce ne sont pas des honneurs que nous méritons, mais des remords que nous devrions éprouver pour ne pas avoir été f… de leur donner plus tôt la victoire. »
Comme le journaliste continuait en s’étonnant que Castelnau ne se soit pas élevé contre l’injustice qui lui avait été faite de ne pas l’avoir nommé maréchal, il répondit : « Moi et mes fils (trois d’entre eux y ont laissé leur vie) avons fait notre devoir. Cette pensée nous place au-dessus de toutes les dignités. Elle nous protège et nous protégera de l’amertume qui pourrait nous venir de la malice des hommes. »
Édouard de Castelnau, né le 24 décembre 1851 à Saint-Affrique (Aveyron) et mort le 19 mars 1944 à Montastruc-la-Conseillère (Haute-Garonne), au château de Lasserre, est un général d’armée français, grand-croix de la Légion d’honneur et médaillé militaire.
Il est commandant de groupe d’armées et chef d’État-Major des armées durant la Première Guerre mondiale. Il joue un rôle important dans la victoire française lors de la bataille de Verdun.
Élu député en 1919, président de la Commission de l’armée pendant la législature, il prend ensuite la tête d’un mouvement politique confessionnel, la Fédération nationale catholique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, opposé au maréchal Pétain et au régime de Vichy, il soutient la Résistance. Il fut longtemps controversé en raison d’un catholicisme militant jugé outrancier. Les historiens modèrent sensiblement ce portrait en soulignant sa loyauté aux institutions républicaines, contestant notamment qu’il ait pu être réactionnaire.
Il est marié à Marie Barthe (1858-1927).
Trois de ses fils, Gérald (1879-1914), Xavier (1893-1914) et Hugues (1895-1915), sont tués lors de la Grande Guerre. Lors de la Seconde Guerre mondiale, son petit-fils Urbain de La Croix (1919-1945) et ses petits-neveux, Jean de Castelnau (1913-1944) et Noël de Mauroy (1924-1944), tombent également au champ d’honneur.
Avenue du lieutenant Jacques Desplats
81108 Castres Cedex
