Les vétérans : que faire des anciens militaires ?

Depuis la plus ancienne Antiquité, lorsque l’être humain a combattu, puis a été blessé, a vieilli, on a vu naître une catégorie d’hommes « anciens », à qui le pouvoir en place a reconnu un certain statut, et qu’il a fallu entretenir, pour des raisons à la fois liées à la gloire, aux services rendus, et à la grande expérience que ces hommes ont pu distiller parmi les jeunes générations.

 

C’est sans doute le sens donné à deux mots grecs anciens, que l’on retrouve dans de nombreux discours, récits, mais aussi dans des textes réglementaires, qui forment un corpus important pour les questions de défense statique, dans des territoires, des cités, des ports contre lesquels certaines menaces pesaient toujours.

Ces deux mots grecs anciens sont tous deux traduits par « vétéran », sans qu’il soit possible de distinguer, de manière étymologique ou philologique ce qui les distingue vraiment.

Ces deux mots sont : « ὁ ἁπεστρατευμένος » et « ὀ διαστρατευσάμενος ».

Certains auteurs pensent que le premier était privé de statut, c’est-à-dire que les vétérans dont il s’agit pouvaient être issus de mercenaires, alors que le deuxième pouvait désigner ceux provenant d’un recrutement « régulier », notamment en ce qui concerne les armées et les marines chargées de veiller sur l’empire grec.

On note d’ailleurs des mouvements de contestation, dans les armées d’Alexandre le Grand, dans celles de Périclès, à travers les propos de Platon, de Démosthène, ou encore de Xénophon. Dans les années 300 avant notre ère, les vétérans servent surtout, lorsqu’ils suivent les armées « conquérantes », aux besoins logistiques, mais aussi à constituer une première diaspora grecque, lors du départ des armées vers d’autres conquêtes. Ils servent à construire et à protéger ainsi l’étendue de l’empire. Mais ils servent aussi à répandre une certaine culture grecque, à tel point que la langue elle-même est parlée et comprise « aux extrémités de la terre ».

Les auteurs grecs dont on connaît la langue « fleurie », et le goût pour la périphrase les caractérisent de noms qui portent en eux la signification et la vénération que les vétérans suscitent :

 

« Ceux qui couverts de gloire ancienne révèlent la gloire nouvelle de l’Empire. Ils n’achètent pas des esclaves barbares, comme le font les gens aisés, et livrent donc à leurs nouveaux parentes les vertus de la réussite. » (Xénophon)

« Les plus anciens, appelés aussi vétérans, sont ceux qui affirment la confiance des armées pour la vraie vertu de l’âme grecque ». (Démosthène)

Les îlots formés par les tâches des vétérans grecs servent à une forme élaborée en direction des peuplades de l’Asie mineure, puis de la Perse, et enfin de l’Indus.

Quand les armées d’Alexandre reviennent vers la Grèce, ils laissent au passage des soldats, qui deviennent à leur tour des sortes de notables au sein des pays investis. Ce sont les vétérans.

La devise des vétérans grecs se retrouve bien des siècles plus tard sur les drapeaux napoléoniens :

« Le courage ne vieillit pas » (το θάρρος δεν γερνάει : to thárros den gernáei)

Les Grecs étaient mobilisables, de 18 à 60 ans, répartis en quarante-deux classes. Dans cette disposition des « réserves », la cavalerie avait un destin à part, et pouvait être mobilisée sur un ordre simple ou par décret.

 

Toujours dans l’Antiquité, les statuts diffèrent, avec les questions posées, par exemple, lors des déportations du peuple hébreu vers la Perse, ou encore en Egypte. Les « vieux » soldats sont traités avec une déférence inhabituelle par les vainqueurs auprès des vaincus.

Les textes bibliques ne renseignent guère sur cette part de l’histoire, si ce n’est que des débats apparaissent avec l’exégèse des premiers siècles, notamment sur des mots plus forts, car les vétérans sont allés poser les questions les plus fortes à Jean « le baptiseur » (selon Flavius Josèphe) ils lui demandent comment ils doivent se comporter, dans leurs fonctions. Jean, qui baptise dans les eaux du Jourdain répond d’une phrase à la fois concise et si révolutionnaire, que les soldats en sont bouleversés.

« Ne faites de tort ni de violence à personne, et contentez-vous de votre solde »

Cette phrase résonne encore dans le statut de nos militaires du XXIe siècle, et nous devons poser la question, à notre tour : qui sont les vétérans ?

 

Les vétérans, un statut et une histoire qui ont traversé les siècles.

A vrai dire, les mots grecs correspondent à deux réalités, qui sans diverger, ne sont pas dans la même acception statutaire. D’une part, il y a ceux qui ont servi pendant un certain nombre d’années, sous l’autorité militaire, et d’autre part, il y a ceux qui, blessés au combat, ou/et ayant combattu au sein des armées, doivent être reconnus pour ce qu’ils ont accompli. Que l’on comprenne bien la position des soldats – ceux qui étaient justement soldés, c’est-à-dire qui percevaient une solde – était précaire, non seulement de par les combats, mais aussi de par la condition dangereuse de leur service.

Par exemple, dans les armées romaines, on distinguait de nombreuses catégories militaires, celle ayant les reconnaissances les plus importantes étant celle issue des légions. Aussi, alors que les autres – tous les autres – devaient prouver leur vétérance par un diplôme, les légionnaires n’en avaient pas besoin, et on ne leur en délivrait pas. A ce sujet, les réclamations fusaient dans tous les sens, et souvent, les réclamations collectives étaient portées jusque devant le juge, afin de se faire reconnaître de la cité dans laquelle « on », c’est-à-dire les anciens soldats des ailes, des autres catégories se retiraient.

 

Il a existé un véritable statut de vétéran dans l’armée romaine.

 

Le légionnaire terminait sa carrière de manière différente, selon qu’il avait atteint la limite de ses possibilités de servir.

Soit il avait atteint un âge avancé, soit il était atteint de différentes infirmités qui l’empêchaient de se battre.

 Vétéran romain

 

La dernière position statutaire formait le vétéran : il s’agissait d’une position définitive, telle qu’on en a connu les effets, avec le statut de 1972, dans l’armée française (article 68). Les droits qui découlent de cette position sont nombreux et s’étendent jusqu’à la descendance, qui bénéficie d’une priorité pour s’engager dans l’armée. On parle volontiers d’un « office héréditaire » (Pr Bels, université de Montpellier).

Les auteurs ont découvert, il y a de nombreuses années, que César avait décidé de doter ses anciens soldats de terres plus ou moins cultivables, et qui donnait ainsi la propriété – et donc la défense des territoires – de manière sûre et confiante. Ainsi la « pax romana » pouvait perdurer avec les dons impériaux, qui n’engageaient pas moins de 120 000 répartitions terriennes, aux bons soins de soldats heureux et récompensés de leur service, de leur bravoure, dans des dévolutions concrètes et définitives.

Les cérémonies de départ des vétérans sont de grandes fêtes, où le tribun, le préfet ou une autre grande autorité, remet aux légionnaires, qui quittent le service, les attributs de leur départ. Dans les « Guerres civiles », les vétérans sont appelés à continuer à servir, avec honneur et fidélité, au sein des cités qui les accueillent. Ils sont appelés à la tempérance, à se placer dans les entités qui concourent à la défense de la cité, et à devenir des citoyens affranchis, quand ils quittent le service. Est-ce à découvrir que les vétérans, par ce statut, deviennent des hommes libres ? Il y a des textes qui affirment le contraire, sauf dans les écrits du deuxième siècle, et jusqu’à la chute de Rome, où l’on compte sur les vétérans pour assurer les défenses des cités où ils se sont retirés – ou encore, où la volonté de l’Empereur les a désignés pour recevoir leur lopin de terre.

Les différentes désignations hors des concessions de propriété foncière montrent des choix de grande qualité pour ceux qui, blessés ou gravement handicapés par la maladie, ne peuvent cultiver la terre qui leur a été remise.

Souvent, on les trouve au service d’une villa, dans des tâches ne demandant pas des efforts physiques importants.

L’autre difficulté naît de la grande disparité des recrutements des armées romaines. De plus en plus, l’Empire est contraint d’avoir recours à des « personnes recrutées localement », ce qui induit des difficultés majeures lors du départ de ces militaires, qui veulent surtout retourner dans leur contrée d’origine, au moment de leur départ des légions qui les ont incorporés. Il s’ensuit des procès et des décisions souvent surprenantes, certains légionnaires refusant de se plier à une affectation ultime qui les verrait s’installer dans la contrée en question.

Cependant deux phénomènes doivent être soulignés. D’une part il y a une interaction sur trois domaines culturels évidents : la romanisation et la barbarisation des domaines viennent consacrer une approche presque féodale des villas, qui prennent peu à peu l’aspect de châteaux ; d’autre part la chrétienté s’étend jusque dans l’armée romaine, où les vétérans même s’ils veulent conserver le caractère païen de leur engagement, en viennent à embrasser la religion « nouvelle », pour s’attirer les avantages promis par de nombreux propriétaires terriens. D’ailleurs, des vétérans ayant acheté des domaines jouxtant ce qui leur a été concédé à la fin de leur service, sont devenus eux-mêmes des propriétaires fonciers, dont les défenses apparaissent de plus en plus et de mieux en mieux fortifiées.

 

Les soldats barbares s’emparent de Rome après la démission de l’Empereur Augustule, en 476, après avoir mis la ville à feu et à sang, en 410.

Le Moyen-âge commence

 

Les Francs forment une peuplade jeune et guerrière. Le soldat franc est un homme libre. Le service doit être laissé à l’élite, et des Mérovingiens aux Carolingiens, l’armée franque prenant de nouveaux aspects avec l’apparition de la cavalerie, tend à devenir une armée de métier, avec le terme des « vassi ». Les plus jeunes, encore appelés « juniores », sont appelés à soutenir les plus anciens « seniores », qui demeurent au service des seigneurs, sans qu’ils puissent, à un moment ou à un autre, quitter le service, attachés personnellement à leur maître. Il en résulte une crise de loyauté envers la couronne, qui perdure jusqu’au IXème siècle au moins. De 888 à 1328, les derniers Carolingiens et les premiers Capétiens entretiennent des armées dont les vétérans ne sont pas aussi visibles que ceux de l’armée romaine, ou encore des bribes de l’armée franque.

En 1204, Philippe Auguste forme une armée importante : 2133 gens de pied et 500 cavaliers. Les gens de pied sont répartis selon leur destination : 2000 sergents et 133 arbalétriers. Ils sont « soldoyés », et chacun s’équipe selon sa solde (Un sou par jour).

La guerre de cent ans réaffirme les éléments du droit canon et de l’autorité du roi.

Mais jusqu’en 1515 au moins, il n’y a pas de statut de vétérans à proprement parler. Les hommes qui quittent le service sont « envoyés à la terre », pour résoudre les crises agricoles qui se sont succédées au cours des conflits.

 

La fortune à la base d’une définition.

« Vieux soldat sans fortune », est ainsi défini le vétéran. Soit qu’il soit blessé, malade et inapte à continuer à servir – et encore – soit qu’il soit indigent quand il quitte le service des armes. Le soldat étant éloigné systématiquement de sa famille, il devient « le père éloigné », et les moqueries sur sa progéniture portent celle-ci à endosser à son tour le métier des armes, selon la possibilité héréditaire qui lui est offerte par les textes.

Jusqu’à la première guerre mondiale, on relève des mots très forts, dans ce que l’on appelle aujourd’hui la notation et l’avancement. Les chefs ont le goût de la formule, de la litote, de la périphrase.

« Officier sans fortune, donc sans avenir ».

Il faut cependant rappeler quelques faits d’armes qui démentent l’inaptitude au combat des plus anciens ou des plus atteints.

 

L’aventure du sergent « Va-de-bon-cœur » du régiment de Tournaisis est significative. Il ne veut se rendre aux Piémontais, alors qu’il est abandonné dans un hospice de Castel Alfiéri, en 1746, que lorsque ses 200 éclopés, blessés et malades, auront donné toutes leurs ressources face à l‘ennemi. Le sergent se fait reconnaître en qualité de gouverneur de la place, et après deux jours de tranchée ouverte, obtient les honneurs de la guerre. (« Le fantassin de France, Page 83 »)

 

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Au fil des siècles, la reconnaissance

La Renaissance a « copié » sur les armées italiennes un certain nombre de concepts, comme par exemple les termes « fantassins » et « cavaliers », qui font référence à la fois à la culture classique que tout le monde admire, surtout chez les dirigeants, et qui reproduisent la magnificence et la notoriété des armées impériales du Sud de l’Europe. Sur le plan des armées « du Nord », la culture germanique entretient les anciens soldats, non encore appelés « vieux », dans une certaine condition, notamment chez les Prussiens et les Bo-Russes, pour lesquels la fonction militaire a un retentissement important dans la population.

Le XVIIe siècle donne aux vétérans l’hôtel des Invalides, décidé par Louis XIV, le 24 février 1670. L’édit royal du 12 mars suivant donne les raisons de cette construction : « assurer aide et assistance aux soldats invalides des armées » ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie passent le reste de leurs jours dans la tranquillité ». Auparavant, la transformation du château de Bicêtre avait accueilli la « commanderie Saint-Louis », pour recueillir les soldats invalides. L’hôtel comprend l’église, la manufacture, l’hospice pour ceux de la retraite, et l’hôpital militaire. Mais il faut de plus en plus de chambrées, et les ateliers sont vite transférés ailleurs, pour en faire des chambres supplémentaires. Les Invalides ont joué, dans l’histoire militaire française un rôle très important, et cette bâtisse prestigieuse continue aujourd’hui encore d’accueillir des blessés de nos armées, et de mettre en œuvre la mission créée après la guerre du Golfe, la cellule d’aide aux blessés, appelée « CABAT ».

L’ordonnance sur la Marine, de Colbert est un monument qui marque la condition militaire et maritime, dont les termes ont encore une influence au XXIe siècle, puisqu’il a fallu réévaluer les pensions d’invalidité, et harmoniser les pensions des militaires non officiers des autres armées, sur la base de celles des marins et officiers mariniers. (31/07/1681)

 

Le XVIIIe siècle marque le commencement d’une reconnaissance des « vieux soldats sans fortune », avec la création, sous Louis le Quinzième du médaillon des deux épées, appelés encore médaillon de vétérance ou médaille des vétérans. Cette distinction adoptée le 16 avril 1771 était décernée après vingt-quatre années de services, dispensait de la taille et des corvées, et permettait d’accéder au logement des troupes. Il obligeait de prêter fidélité au Roi. Il y eut des soldats et des bas-officiers qui reçurent même un double médaillon, et un seul est répertorié avoir reçu le triple médaillon : Jean Thurel. Ce médaillon devient, en 1792, la seule décoration officielle, reconnue par le régime révolutionnaire.

 

La révolution française, avec les mouvements des émigrés, les levées en masse, et les désordres de toutes natures, accuse un point d’arrêt à toute condition statutaire. On pratique l’élection, et souvent, faute de candidats, les « vieux » sont rappelés, soit à des postes qui ne correspondent pas à leurs capacités, soit à des emplois des grades détenus dans l’Ancien régime.

Le Premier Empire est significatif, pour les vétérans. La Légion d’honneur offre un traitement différent, et les invalides sont reconnus par des émoluments qui semblent conséquents. Les vétérans réunis aux Invalides en demi-brigades reçoivent un drapeau.

Mais la chute de l’Empire, la dette et les occupations diverses, le retour à l’Ancien régime, portent les germes d’une mise à l’écart de ces vieux soldats – souvent sans fortune – que l’on va pour une grande part, mettre en position de « Congé Absolu », et d’autre part, congédier en demi-solde. Balzac évoque tous ces troubles dans « Le colonel Chabert », dont sera tiré bien plus tard un film tout aussi intéressant pour le sujet qui nous intéresse.

 

Vers un statut

 

Cependant, la condition militaire progresse, et celle des vétérans également. Les statuts des officiers, qui suivent la réforme des retraites, de 1831 à 1834, dénotent la volonté, pour le pouvoir, de ne pas laisser ses militaires dans une condition misérable. Le second Empire va faire intervenir d’une manière inattendue, le terme de vétéran, mais pas parmi les armées françaises. En France, dès 1873, on érige des monuments à la gloire des « morts pour la France, dont les coûts sont laissés à l’appréciation des sociétés d’anciens et aux familles des tués, (Il n’y a pas d’associations de la Loi de 1901, en 1873) alors que, chez l’ennemi, est mis en place le statut de vétérance des anciens de la guerre de 1870. Cette approche très consensuelle va avoir une conséquence très importante, en 1918. Car, quand il s’agit de discuter comment reconnaître les vieux soldats et les invalides en nombre considérable du fait de la Première guerre mondiale, le terme « vétéran » est écarté, aux termes qu’il est d’abord le statut des anciens soldats chez l’ennemi. Le pouvoir lui préfère le terme « anciens combattants ».  Dès 1919, est reconnu le droit à réparation, et en 1926, le terme « ancien combattant » est officialisé, par André Maginot, ministre des pensions, avec comme avantages le port de la croix du combattant, et la retraite du combattant.

 

D’autres valeurs ont été ensuite créées, pour reconnaître la participation aux différents conflits auxquels la France a participé : les distinctions qui en résultent en sont la marque extérieure, et constituent des titres de référence pour la reconnaissance de la Nation. On y retrouve d’ailleurs les valeurs mises en avant par des distinctions très anciennes, comme le médaillon des deux épées : l’esprit de discipline, le désintéressement, le loyalisme.

D’autres Nations ont préféré le statut de vétérance, avec le terme explicite : les Etats-Unis, le Canada, la Belgique. L’Allemagne, qui a fait beaucoup pour se libérer des conditions de la deuxième guerre mondiale, semble avoir abandonné le terme, pour lui préférer celui de victime du nazisme.

 

Depuis la valorisation juridique – et médiatique – des opérations extérieures, la vétérance, en France, renoue avec une condition militaire dont les termes rappellent ceux de l’ancien régime. Il est exact que quelques années du temps de paix, et la fin de la conscription ont milité en faveur d’une nouvelle phase de reconnaissance nationale.

La retraite des militaires de carrière n’est plus une position statutaire, et les armées ont vu leur condition contractuelle mieux prise en compte notamment en ce qui concerne les blessures, qu’elles soient physiques et psychiques, reçues lors des missions à l’extérieur, à l’intérieur, et dans certaines conditions de l’exécution du service.

 

Demain, il est envisagé de construire et d’établir des maisons des vétérans : c’est sans doute là la raison d’une évolution de la reconnaissance pour celles et ceux qui se dévouent ainsi au service de la Nation.

 

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