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L’armée de Terre a créé un nouveau galon à quatre chevrons pour les « sergents chefs BM2 »

Afin de répondre à des « besoins croissants en technicité » générés par le programme SCORPION ainsi qu’à la perspective d’un engagement de « haute intensité », l’armée de Terre a récemment revu le parcours qu’elle proposait jusqu’alors à ses sous-officiers.

Ainsi, cette réforme s’est notamment traduite par le remplacement du Brevet supérieur de technicien de l’armée de Terre [BSTAT] par un « Brevet militaire de deuxième niveau » [BM2], qu’un sous-officier peut obtenir au bout de cinq ans de service [contre 7 à 10 ans pour le BSTAT, ndlr].

« Un sergent ne peut plus attendre sept ans pour être formé au niveau auquel il est d’ores et déjà employé. C’est pourquoi le nouveau brevet militaire du 2e niveau […] deviendra un passage imposé du cursus des sous-officiers de recrutement direct et semi-direct, dans leur cinquième année de service en tant que sous-officier. La réussite du BM2 entraînera dans l’année la promotion au grade de sergent-chef », avait alors expliqué la Direction des ressources de l’armée de Terre [DRHAT], en décembre 2020.

L’une des conséquences de cette mesure est l’apparition d’un nouveau galon à quatre chevrons pour distinguer les sergents chefs titulaires de l’ancien BSTAT ou qui viennent d’obtenir leur BM2.

Après avoir créé le galon de caporal-chef de première classe, l’armée de Terre se distingue par rapport à la Marine nationale et à l’armée de l’Air & de l’Espace, qui comptent chacune dix grades pour leurs sous-officiers et militaires du rang… Mais elle se rapproche de plusieurs armées de l’Otan, à commencer par l’US Army et la British Army, dont l’équivalent pour « sergent-chef BM2 » est « Sergeant First Class » [code Otan : OR-7].

Parmi les autres armées de l’Otan, l’Esercito Italiano a aussi un tel grade, appelé « Sergente maggiore capo ». Justement, l’armée française avait institué le galon de « sergent-major » en 1776. Puis il fut remplacé par celui de « sergent-chef » en 1928, avant de réapparaître entre 1942 et 1962 pour désigner le sous-officier responsable de la comptabilité de la compagnie. Il a été définitivement supprimé en 1971. Sans doute serait-il opportun de le remettre au goût du jour pour ces « sergents-chefs BM2 »?

Quoi qu’il en soit, les premiers galons de « sergent-chef BM2 » ont été remis par le général Pierre Schill, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT] à l’occasion d’une visite de commandement au 61e Régiment d’Artillerie [RA] de Chaumont, le 5 septembre.

Photo : armée de Terre

Barkhane : une génération française au combat contre l’islamisme

Dans un communiqué, l’Elysée a annoncé ce lundi 15 août la fin de la présence française au Mali. Neuf ans durant nos soldats y ont lutté contre le terrorisme. 59 d’entre-eux y ont laissé la vie. Récit de leurs faits d’armes.

Par Maxime Coupeau

Un détachement de commandos s’apprête à partir au combat © État-major des Armées / Ministère des Armées

« Contact, contact ». Au sol, une trentaine de djihadistes se regroupent dans les bois. Depuis la base de Gao, des hélicoptères sont dépêchés sur place pour traquer les fuyards. Le combat s’engage entre la force Barkhane et les terroristes. Des commandos sont acheminés sur place pour stopper la fuite des islamistes. Acculés, ils ouvrent le feu. Ordre est donné aux commandos de neutraliser cette menace. Les tirs échangés se font à courte portée. Dans les airs, les Tigre pilonnent les positions adverses pour débusquer les tireurs isolés. Sept heures de combats, la traque est interminable. Le Tigre est relevé par un hélicoptère Gazelle. À son bord, le caporal-chef Maxime Blasco.

Le chasseur alpin occupe le poste de tireur d’élite. Assis à l’arrière de la Gazelle, le soldat a les djihadistes dans l’objectif de sa lunette de visée. Soudain, l’ennemi tire en rafale sur l’hélicoptère. L’appareil est touché. Il perd de l’altitude. Les voyants d’alarmes à bord s’affolent. Maxime Blasco s’agrippe au siège du pilote. La Gazelle s’écrase brutalement au sol. « Crash de la Gazelle, ils se sont crashés. » À la radio, la pression monte dans les cockpits des équipages des Tigre. Sous le feu ennemi, ils survolent la zone à la recherche de survivants. Le Tigre repère des sources de chaleur en provenance des débris de l’appareil. L’équipage de la Gazelle est en vie. Mais pour combien de temps ? Les djihadistes font mouvement en direction du lieu du crash. Un deuxième danger, plus grave, se profile pour l’équipage. L’appareil en flammes peut exploser à tout instant.

Comme Maxime Blasco, ils sont des milliers de soldats à risquer leur vie tous les jours pour  protéger la France du péril islamiste

Maxime s’en sort miraculeusement. Ses deux frères d’armes, eux, sont gravement blessés. Le commando doit agir vite pour dégager les pilotes de la scène de crash. L’ennemi n’est pas très loin et demeure prêt à les abattre. Le Tigre se pose à quelques mètres de l’épave de la Gazelle. L’hélicoptère assure la sécurisation de la zone. Le caporal-chef Blasco tire un des deux pilotes en direction du Tigre. Il le protège en le mettant en sécurité derrière une roue de l’aéronef. Le chasseur alpin se précipite alors vers le deuxième pilote. Il le tire lui aussi en direction du Tigre. Cet appareil est un chasseur de combat. Il n’est pas conçu pour transporter des troupes, et encore moins des soldats blessés. La tension est à son maximum. Comment évacuer ces blessés ?

Maxime ne se pose pas de questions. Il accroche ses deux camarades aux trains d’atterrissage du Tigre. Le caporal-chef Blasco s’agrippe tant bien que mal à une poignée de la cabine de pilotage. Le Tigre manœuvre hors de la zone des combats. Cette action de Maxime Blasco ne figure pas dans les manuels de procédures d’évacuation de blessés du ministère des Armées. Ce qu’il a accompli ce soir-là – comme il le reconnaît lui-même – est digne d’un scénario de film hollywoodien.

Cette histoire, les Français l’ont déjà entendue. Été 2020, dans un reportage télévisé, « Max » raconte ce fait d’armes – à ses yeux très banal. Les téléspectateurs découvrent son acte de bravoure et le sauvetage des deux pilotes. Le commando fait alors la une du journal de France 2. Si la vidéo l’élève au rang de héros, lui ne se considère pas avec tant d’égard. « On ne peut pas qualifier une action comme ça. Je ne vois pas vraiment de héros. Je trouve le terme un peu fort. C’est au ressenti de chacun. C’était une action collective », confie l’intéressé à France 2. Nul ne se doute alors que les paroles de ce héros du soir seront les dernières qu’il prononcera devant une caméra.

Âgé de 34 ans, le caporal-chef Maxime Blasco servait dans le prestigieux corps des chasseurs alpins. Il en était à son cinquième déploiement dans la bande sahélo-saharienne. Le caporal-chef ne s’étendait pas sur ses faits d’armes. Auparavant, il a fait prisonnier cinq terroristes en montant à de leur position, a aussi participé à la destruction d’un convoi ennemi et a également contribué à la neutralisation d’un groupe d’une trentaine de terroristes. Le 18 juin 2021, au Mont-Valérien, Emmanuel Macron le décore de la médaille militaire pour sa bravoure au combat. Comme Maxime Brasco, ils sont des milliers à avoir connu leur baptême du feu au Mali. Nos soldats combattent sans relâche un ennemi qui exacerbe leur résilience. Alors que la France se désengage progressivement de ce théâtre d’opérations, ces milliers d’anonymes – dont leur actualité ne se limite qu’aux pertes – risquent tous les jours leur vie pour protéger la France du péril islamiste.

Un groupe de soldats français au cours d’une opération de fouille dans le Gourma malien © État-major des Armées / Ministère des Armées

« Il fonce sur nous », le chef Jérémy déjoue un attentat suicide contre un convoi de Barkhane.

Route nationale 16. Janvier 2021. Les soldats français viennent d’établir un campement temporaire près de la ville d’Homboro, non loin des Monts-Hombori. La zone couverte par les militaires se situe en plein territoire occupé par les groupes armés terroristes. Ces hommes et ces femmes appartiennent au 1er régiment de Tirailleurs d’Épinal (Vosges). Ils constituent le groupement désert Lamy. Parmi eux, le chef de patrouille Jérémy. Sa mission : assurer l’escorte d’un convoi logistique pour la base de Gossi.

La route nationale couvre un terrain escarpé et rocheux. Cette zone est connue des soldats, en raison de la menace IED. Ces mines artisanales sont le cauchemar des soldats français. Jérémy le sait et ajuste son dispositif pour assurer la sécurité du convoi. Il embarque dans son véhicule blindé : le VBCI. Ce mastodonte d’acier – 32 tonnes de blindage – est conçu pour le combat d’infanterie. À bord du blindé, Dylan (pilote), Camille (auxiliaire sanitaire), Jordan (tireur) et cinq autres combattants.

Le véhicule de Jérémy prend la tête du convoi. Ils s’apprêtent à parcourir une zone à risques, la forêt de Serma. Le convoi progresse lentement. Jérémy et son équipage sont aux aguets. Soudain, dans les broussailles, Jordan distingue des mouvements suspects. Une moto à trois roues double à vive allure le convoi.

Le motocycliste, au visage enturbanné, effectue plusieurs allers-retours en direction de l’arrière de la colonne. Jordan prend ordre auprès de son supérieur d’établir le contact avec le conducteur suspect. Avec ses camarades, le soldat effectue des gestes à l’attention du pilote. Ce dernier feint les avertissements des tirailleurs. Il se rapproche dangereusement du convoi. Jérémy décèle les intentions du pilote. Il sait qu’il a face à lui un terroriste.

Il donne ordre à Dylan de barrer la route de la moto. Le pilote s’exécute et positionne son VBCI. Le terroriste – affilié à la katiba Serma, responsable de deux attaques à l’IED ayant coûté la vie à cinq militaires français – dévie sa course et charge brutalement sur le blindé de Jérémy. À quelques mètres du VBCI, il déclenche son détonateur. Il percute de plein fouet le blindé qui absorbe le souffle de la détonation. À l’intérieur, l’équipage est sonné. Camille effectue alors les premiers soins pour ses camarades blessés. Ce jour-là, le chef Jérémy vient de déjouer un attentat kamikaze. Son action sauve les vies de toute une colonne.

Radu-Mihai, le sang versé pour la patrie

Jardins du Sénat, loin du tumulte des combats. Comme chaque année, en cette veille du 14 Juillet, la Haute assemblée met à l’honneur les soldats qui ont versé leur sang pour la Nation. Gérard Larcher, président du Sénat remet leur décret de naturalisation à deux légionnaires. Parmi les heureux élus se trouve le caporal-chef Radu-Mihai.

Un sourire angélique se dessine sur son visage. L’émotion est palpable. En lui remettant ce document, le président Larcher lui énonce ces mots : « vous êtes devenu français, non par le sang reçu, mais par le sang versé. » Ces paroles ont une résonance toute particulière pour Radu-Mihai. C’est au Mali qu’il a gagné ce précieux privilège.

Équipier commando au sein du 2e régiment étranger de parachutistes, il est projeté au Sahel en 2019. Originaire de Roumanie, l’aridité du désert sahélien tranche avec le climat de son pays natal. Lors d’une patrouille dans le Gourma, il participe à une mission de reconnaissance contre un campement terroriste. Déposés par hélicoptères, le groupement de commandos dont fait partie Radu-Mihai s’engage dans une infiltration d’une dizaine de kilomètres.

Au cours de leur progression, les légionnaires sont pris en embuscade. Lourdement équipés, les islamistes tentent de stopper l’avancée des bérets verts sur leur campement. Le caporal-chef Radu-Mihai ne se laisse pas faire. Il abat l’un des assaillants et réussit à déjouer le piège adverse. Le légionnaire et ses coéquipiers entament alors la poursuite du groupe de fuyards. La quiétude des bois est coupée par les détonations des rafales de tirs. À bout portant, les coups de feu désintègrent les broussailles avoisinantes.

Les combats durent plus de trois heures. Le légionnaire Radu-Mihai décide de mettre un terme à cette attaque. Il fonce en direction de la position adverse. Il tire encore et encore pour pousser les djihadistes à se rendre. L’ennemi ne recule pas. Il monte à l’assaut du bosquet farouchement défendu par les islamistes. Dans sa course, il ouvre le feu et neutralise plusieurs adversaires. Alors qu’il appuie ses camarades, un tireur embusqué le fauche de plusieurs tirs en rafale avec sa Kalachnikov. Cinq balles atteignent le légionnaire. Le caporal-chef est alors grièvement blessé à la jambe et au thorax. Sur place, le caporal-chef  se pose un garrot en attendant son évacuation sanitaire. Son action permet la saisie d’armes et de moyens de télécommunications, outre des pertes importantes dans les rangs de l’ennemi. Le caporal Radu-Mihai a fait sienne la devise de son unité : « La Légion est notre patrie ».

L’assaut du lieutenant Thomas

L’ennemi est imprévisible. Sa cruauté est sans limite. Au quotidien, les soldats de Barkhane composent avec cet adversaire, qui frappe sans prévenir et sème la mort sur son passage. Le lieutenant Thomas va en faire la terrible expérience. Officier du 93e régiment d’artillerie de montagne, il est projeté sur l’opération Barkhane, de janvier à mai 2017. Il occupe le poste de chef de groupe de commandos montagne. Ce 18 avril, lui et ses hommes sont dépêchés sur le village de Gourma-Rharous. Les terroristes viennent de passer à l’acte.

Plusieurs véhicules ennemis se regroupent dans cette zone. L’officier et ses hommes embarquent dans des hélicoptères. Au sol, ils engagent le combat. Le lieutenant manœuvre avec son groupe pour encercler son adversaire. Les terroristes ne veulent pas se rendre et ouvrent le feu à courte portée. Les djihadistes prennent la fuite devant l’avancée des Français. D’un sous-bois, un assaillant tire sur le groupe de Thomas. En tête de la colonne d’assaut, l’officier l’abat et intime l’ordre à ses subordonnés de poursuivre la progression. Le lieutenant Thomas coordonne depuis le sol la manœuvre d’aérocombat. Dans les airs, les hélicoptères pilonnent les positions de l’ennemi et couvrent la progression du deuxième groupe de commandos. Thomas et ses hommes acculent les terroristes. L’officier installe un point d’appui-feu. Il neutralise un deuxième djihadiste. Sur cette manœuvre, le groupe de Thomas capture trois prisonniers. Enfin, c’est lui qui coordonne la manœuvre héliportée pour l’extraction de ces hommes de la zone de combats.

Terrorisme au Sahel : l’exception mauritanienne

Au Sahel, la Mauritanie est le seul pays à ne pas avoir connu d’attaques djihadistes depuis 2011, alors même que la région connaît une forte dégradation sécuritaire et que son voisin malien subit des attaques répétées. Cette « exception mauritanienne » s’explique par une stratégie à la fois multidimensionnelle et spécifiquement sahélienne, pragmatique et adaptée à la guerre dans le désert.

Une analyse inspirante à lire

Chers amis,

Veuillez trouver ci-joint notre bulletin n°134. Vous y trouverez la fiche d’inscription et le lien d’inscription de l’École Militaire pour notre réunion du 14 octobre 2022.

La procédure d’inscription de l’École Militaire nous impose de vous demander de vous inscrire auprès du Club, mais aussi directement sur le lien qui vous est communiqué.

En cas de problème, vous pouvez nous contacter par courriel ou par téléphone au 06 11 25 82 13, à compter du 19 septembre. Nous procéderons à votre inscription avec l’adresse électronique du club et vous remettrons votre laissez-passer à l’accueil le jour même.

Respectueusement et amicalement

Lettre d’information ASAF de septembre 2022

« La vérité du temps »

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Bulletin de Liaison Qui ose Gagne de l’amicale du 1er R.P.I.Ma

Avec, entre-autres, un témoignage du général (2 s) René Landrin, ancien chef de corps du 1er RPIMa (1986-1988).

Il y a 25 ans… PÉLICAN : une opération humanitaire exemplaire. (Brazzaville – juin 1997)

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FORCES SPÉCIALES : DESTINÉ AUX CHUTEURS OPÉRATIONNELS, LE SMTCOPS EST ENFIN EN COURS DE QUALIFICATION PAR LA DGA

Par Laurent Lagneau

Cela fera bientôt six ans que les unités du Commandement des opérations spéciales [COS] attendent l’arrivée du « Système de mise à terre des chuteurs opérationnels » [SMTCOPS] de type « Phantom Canopy », commandés à 750 exemplaires par la Direction générale de l’armement [DGA] auprès de Zodiac Aerosafety Systems [groupe Safran], via un contrat d’une valeur de 65 millions d’euros. Et cela, afin de remplacer les parachutes G9 d’Air Azur, dont la charge est limitée à 160 kg [chuteur et matériel compris].

« Extrêmement performant, ce système [le SMTCOPS] permettra de sauter à plus de 9.000 mètres, en emportant jusqu’à 200 kg », avait précisé la DGA, dans le communiqué annonçant cette commande.

Seulement, ces SMTC-OPS tardent donc à être livrés… Et les unités concernées s’impatientent… Au point que, comme l’a révélé Intelligence Online en juillet 2021, les états-majors de la Marine nationale et de l’armée de l’Air & de l’Espace ont donné leur feu vert à l’achat de parachutes Hi-5, produits par Airborne Systems, pour en équiper respectivement le Commando Hubert et le Commando parachutiste de l’Air n°10 [CPA 10].

Cela étant, dans son dossier de presse publié à l’occasion de l’édition 2022 du salon EuroSatory, dédié à l’armement terrestre, la DGA a indiqué que le SMTCOPS était en cours de qualification, avec le concours des parachutistes d’essais des centres DGA Techniques aéronautiques [DGA TA] et DGA Essais en vol [DGA EV]. Ce qui laisse augurer la livraison prochaine des 750 exemplaires commandés en 2016.

Le programme SMTCOPS « vise à équiper les chuteurs opérationnels français d’un ensemble complet d’équipements et accessoires de parachutage de haute performance. Le SMTCOPS permet de franchir des distances de l’ordre de 50 km, et des atterrissages sur des zones sommaires. Le nouveau parachute amènera de meilleures performances de stabilité, et de confort », assure la DGA.

Dans le détail, le SMTCOPS se compose d’un parachute, de moyens de communication et de navigation, des équipements d’aide au poser de nuit ainsi que d’une protection thermique et balistique. Il offre également des capacités d’emport de charge sous gaine ou de colis autoguidés.

Qualification du véhicule Fardier destiné aux troupes aéroportées et aux forces spéciales

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE LA DIRECTION GÉNÉRALE DE L’ARMEMENT

Posté le mercredi 15 juin 2022

La Direction générale de l’armement (DGA) a qualifié le 10 juin 2022 le véhicule Fardier destiné aux troupes aéroportées de l’armée de Terre, ainsi qu’aux forces spéciales. Les huit premiers véhicules devraient être livrés aux armées d’ici à la fin de l’année.

Petit véhicule de transport tout-terrain aérotransportable, aérolargable et héliportable, le Fardier permettra de déployer rapidement des commandos, d’alléger le combattant débarqué en toute zone, et de faciliter l’autodéfense des zones de déploiement.

La Loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit la livraison de 300 véhicules Fardier à la 11e brigade parachutiste de l’armée de Terre et au Commandement des opérations spéciales (COS) d’ici à 2030.

Le marché a été notifié par la DGA en 2017 pour un montant de 44 millions d’euros à la société française UNAC (Gard). 172 remorques ont également été commandées.

La qualification du Fardier a été prononcée après une campagne d’essais menée dans les centres d’expertise et d’essais de la DGA, en lien avec la Section technique de l’armée de Terre, représentatifs des divers théâtres d’opérations où sont couramment déployées les unités combattantes qui recevront ce véhicule. En décembre 2020, la DGA avait notamment réalisé avec succès une campagne de qualification du largage depuis un A400M. Les essais de mobilité se sont déroulés dans le sable de Biscarrosse, dans la boue de Fontevraud et la rocaille de Canjuers.

Le Fardier répond au besoin des troupes aéroportées de la 11e brigade parachutiste et également des forces spéciales françaises de disposer d’un véhicule rustique, à forte capacité de projection par vecteur aérien, avec une excellente mobilité et une capacité de transport importante. Grâce à ces différents atouts, le Fardier permet de déployer rapidement des commandos par aérolargage ou poser d’assaut, de participer à une saisie rapide du terrain, d’assurer des missions de reconnaissance, d’aide aux déplacements logistiques, d’appui et de commandement.

Le Fardier peut être embarqué à bord d’un avion de transport militaire (C130 Hercules et A400M Atlas), parachuté (depuis C130 Hercules et A400M Atlas) et transporté par hélicoptère sous élingue (Caracal et NH90). Grâce à ce véhicule, les commandos pourront être largués ou déposés à distance de sécurité puis se déplacer rapidement avec leur matériel vers leurs objectifs. Ainsi allégés, ces combattants qui portent environ 50kg sur le dos gagnent en agilité et augmentent leur rayon d’action.

Véhicule de servitude, le Fardier peut tracter un mortier de 120mm ou transporter plusieurs gros équipements au moyen d‘une remorque disposant d’une charge utile de 400kg. Il permet également d’évacuer rapidement un blessé couché vers un lieu de prise en charge.

Véhicule léger tout terrain compact de 2 tonnes, il dispose d’une forte capacité de franchissement ainsi que de déplacement sur des terrains inaccessibles aux 4×4 classiques. Robuste et fiable, le Fardier a été conçu sans aucun système électronique pour éviter toute panne non-réparable en opération.

Le marché Fardier représente 250 emplois, directs et indirects, chez UNAC et ses sous-traitants.

Vingt-six ans après la fin de la conscription en France, l’armée française face à de nouveaux défis

Arnaud Florac 27 mai 2022

C’était un 28 mai, le 28 mai 1996 pour être précis. Jacques Chirac annonçait ce jour-là que la conscription, c’est-à-dire le service militaire obligatoire, allait être suspendue – pas supprimée, précision qui a son importance. Les raisons qui avaient présidé à cette annonce étaient nombreuses et de divers ordres. Tout d’abord, la fin, en 1992, de l’URSS avait, dans l’esprit du temps, laissé croire à une paix perpétuelle que ne rompraient, çà et là, que des expéditions en Afrique, menées par des troupes d’infanterie légère. Il n’y avait, pour les analystes politiques de l’époque, aucune raison de croire à la résurgence d’une menace d’affrontement majeur. Rétrospectivement, il est difficile de leur en vouloir. Ensuite, l’idée de Chirac était de professionnaliser nos forces armées, c’est-à-dire d’en finir avec le modèle à deux vitesses qui mettait dos à dos des troupes d’élites presque entièrement professionnalisées (troupes de marine, parachutistes, Légion étrangère), destinées à la guerre proprement dite, et des troupes d’amateurs, porteuses de numéros de série peu prestigieux et affectées dans des garnisons peu enviables. Les armées occidentales peuvent être divisées, depuis bien longtemps, en 20 % de fanatiques faits pour le combat et 80 % de cas sociaux rééduqués par l’institution militaire. Le projet était, cette fois, de faire de l’armée un véritable métier. La troisième raison, sous-jacente, était sans doute un peu moins avouable. L’immigration commençait, en ce mitan des années 90, à poser problème. On était déjà loin des enthousiasmes puérils de l’antiracisme à la Mitterrand, avec ses mains jaunes, ses concerts festifs et sa propagande pour simplets. Les attentats islamistes du GIA, en 1995, avaient ensanglanté Paris. La proportion de jeunes gens qui, bien que détestant la France, étaient susceptibles d’en porter les armes par obligation légale posait problème.

Zoom avant jusqu’en 2022 : à quoi servait de supprimer la conscription ? Face au conflit ukrainien, en cohérence avec la vision stratégique (assez prophétique, d’ailleurs) de l’actuel chef d’état-major des armées, la France redécouvre la menace d’un engagement majeur, c’est-à-dire d’une vraie guerre. Les expéditions légères en Afrique ont vécu : le Mali a unilatéralement chassé, sans excès d’élégance, le contingent français qui lui a pourtant sacrifié des dizaines de ses soldats, et il y a peu de chances qu’un continent désormais dominé par la Chine et la Russie rappelle un jour d’anciens colons qu’il a appris à haïr. Les opérations de maintien de la paix pour le compte de l’ONU (au Liban, notamment) entretiennent une présence symbolique, pas davantage. La prochaine guerre, contre un ennemi de rang équivalent voire égal, sera peut-être totale : ce sera un terrible Moloch qui engloutira dans ses fournaises des centaines de vies de soldats. Nous ne sommes probablement pas prêts à l’entendre, mais c’est ainsi. La Russie, par exemple, aurait perdu approximativement 25.000 hommes en Ukraine, selon les estimations les plus prudentes.

La professionnalisation, elle, n’a pas fait disparaître le clivage fondamental, au sol, entre « troupes combattantes » et « arrière » : malgré le sacrifice de nombreux soldats des armes dites de soutien, les troupes de mêlée continuent de fournir la totalité des grands chefs de l’armée de terre et les unités d’appui (artillerie, génie) ou de soutien (train, matériel) continuent de servir dans l’ombre, sans moyens ni gratitude. Par ailleurs, malgré la disparition provisoire des lignes de front, le décalage des recrutements entre élite et masse ne s’est pas réduit : selon les chiffres de la presse (L’Opinion, 19/5/2015), le taux de sélection est en moyenne de trois candidats pour une place, toutes catégories confondues. Il descend jusqu’à 1,6 pour certaines spécialités, mais remonte jusqu’à 9 pour 1 dans la Légion étrangère. Le pourcentage de 20 % de guerriers pour 80 % de cas sociaux rééduqués semble toujours pertinent et explique peut-être la fascination des parlementaires pour un « tout Forces spéciales » au Sahel, comme l’avait montré un rapport de 2014 (désormais largement révisé par un nouveau rapport de 2022) : en confiant toutes les missions à des soldats d’élite, on les épuise et on leur fait faire n’importe quoi, mais on achète une sérénité provisoire.

Enfin, les enjeux liés à l’immigration ne se sont pas, loin s’en faut, évanouis : bien que le Grand Remplacement soit officiellement une théorie d’extrême droite, les exigences religieuses (alimentaires, d’adaptations liées au ramadan, etc.) ont donné lieu à la création de rations halal, produites en nombre. Il faudrait demander aux militaires si le ramadan donne lieu à des demandes d’horaires adaptés. Enfin, les cas de militaires refusant de se battre en Afghanistan ou partant rejoindre la Syrie après leur contrat, bien qu’il s’agisse de cas isolés, posent la question de la pertinence d’une mobilisation de masse. À quoi sert, en effet, d’apprendre le maniement des armes françaises à des gens qui haïssent le pays dont ils détiennent les papiers d’identité ?

En somme, vingt-six ans après la suspension de la conscription, aucun problème n’est réglé. On en a même ajouté quelques-uns : celui des effectifs ; celui de l’acceptation de la mort au combat par l’opinion publique ; celui de la compréhension du conflit par la nation et même celui de la participation active de l’opinion publique à la guerre, qui se joue dans tous les domaines, y compris au quotidien. Nous vivons une époque intéressante.

«Il est urgent de réinvestir dans notre Défense face à l'ampleur de la menace»

Par Jean-Louis Thiérot

«En 100 jours, l’armée ukrainienne a ainsi perdu l’équivalent de notre parc de blindés lourds et ses pertes en homme représentent le quart de notre armée de terre.»

FIGAROVOX/TRIBUNE – La Défense a été la grande absente de l’élection présidentielle, déplore le député LR Jean-Louis Thiériot. Pour lui, la capacité à «gagner la guerre avant la guerre», c’est-à-dire à l’éviter, mérite de relever d’un «quoiqu’il en coûte» de la sécurité.

Jean-Louis Thiériot est ancien président du conseil départemental de Seine-et-Marne. Avocat et historien, il a notamment publié «De Gaulle, le dernier réformateur» (Tallandier, 2018). Actuellement député LR, il est candidat aux élections législatives dans la 3e circonscription de Seine-et-Marne.

Malgré les armes qui partaient en Ukraine, la Défense a été la grande absente de l’élection présidentielle. Plus surprenant encore, alors que de nombreux pays européens adaptent leur outil militaire (Belgique: passage à 2,1% du PIB, Pologne à 3%, Allemagne: fonds spécial de 100 milliards), la France est totalement silencieuse. La situation de nos finances publiques, le stock de dette, les menaces inflationnistes et son corollaire, la hausse prévisible des taux, expliquent aisément ce silence gêné. Pourtant la situation est préoccupante et les décisions à prendre, urgentes.

Qu’il s’agisse de la mission parlementaire sur le «combat de haute intensité» que j’ai eu l’honneur de co-rapporter ou du récent rapport de la Cour des comptes, le constat est le même. Hors dissuasion, l’armée française a pour elle d’avoir un «modèle d’armée complet» et d’avoir l’expérience du combat. Mais elle est échantillonnaire, sans la «masse» et les stocks nécessaires pour durer dans un combat de haute intensité. En 100 jours, l’armée ukrainienne a ainsi perdu l’équivalent de notre parc de blindés lourds et ses pertes en homme représentent le quart de notre armée de terre.

La Cour des Comptes constate que, même en respectant la hausse annuelle de 3 milliards prévue par la loi de programmation, l’objectif d’un modèle complet à l’horizon 2030 ne pourra être atteint.

Face à ce constat, après avoir salué à juste titre le respect de la LPM, la Cour constate que, même en respectant la hausse annuelle de 3 milliards prévue par la loi de programmation, l’objectif d’un modèle complet à l’horizon 2030 ne pourra être atteint. Elle propose trois scénarios dont les deux premiers sont inacceptables: l’abandon de certaines de nos capacités sur le modèle de l’integrated review du Royaume-Uni, la «réduction homothétique» de nos investissements – l’allongement des programmes au prix d’une hausse des coûts finaux – ou l’augmentation de nos efforts, difficile à atteindre dans le contexte budgétaire que l’on connaît. Eu égard à l’ampleur des menaces, notamment en Europe, c’est pourtant le seul acceptable. Il suppose quelques mesures courageuses:

  • Rédiger un nouveau Livre Blanc, posant sur le papier les intérêts français, la nature des menaces et les moyens nécessaires pour y répondre. Malgré l’actualisation de 2017, le dernier Livre Blanc date de 2013 et est partiellement obsolète.
  • Combler d’urgence les trous capacitaires déjà identifiés: stock de munitions, frappes dans la profondeur (artillerie lourde dont le conflit ukrainien a montré l’ardente nécessité), génie, logistique, minage-bréchage, drones et lutte anti-drone, défense aérienne, parc Rafale à renforcer, armement de nos navires, pour n’en citer que quelques-uns, sans oublier l’entraînement des forces et le maintien en condition opérationnelle des matériels.
  • Réfléchir à l’équilibre technologie/masse et renforcement du volume des forces probablement par un appel accru à la réserve et à la réduction des opérations intérieures telles que Sentinelle.
  • Anticiper les défis de demain à l’horizon 2040 car les systèmes d’armes se bâtissent très en amont: armes hypersoniques, armes à énergie dirigées, ordinateur quantique, IA, guerre cognitive…

L’heure est au courage politique d’assumer des dépenses souvent impopulaires – encore que l’image des armées soit exceptionnelle et qu’il existe un véritable multiplicateur keynésien.

Tout cela coûtera cher, mais plus qu’en toute autre matière, la capacité à «gagner la guerre avant la guerre», c’est-à-dire à l’éviter, mérite de relever d’un «quoiqu’il en coûte» de la sécurité.

Elle est aussi à des solutions innovantes.

Pourquoi ne pas approfondir les possibilités du leasing avec un fonds privé, extérieur au budget de l’État, dédié à l’acquisition du matériel de Défense permettant de louer le matériel et de ne budgéter que le loyer ou ce qui serait détruit. Enfin, à Bruxelles, le combat doit être mené pour que les dépenses de Défense soient exclues des critères de Maastricht. La Belgique, la Pologne en ont déjà fait la demande. À la France d’être leader sur ce dossier.

Le pilier européen de la Défense de l’Europe est un enjeu clé, à condition d’être conduit avec lucidité sans naïveté. Tout ce qui renforce la capacité des Européens à se défendre eux-mêmes est une bonne chose. Mais, «l’autonomie stratégique européenne» demeure une chimère pour nombre de nos partenaires. Pour nos alliés, de l’Est notamment, l’Otan demeure l’horizon indépassable. Les 7 milliards du fonds européen de Défense (à comparer aux 1000 milliards de dépenses annuelles), les coopérations structurées permanentes et même l’excellent rapport de Thierry Breton sur l’Europe de la défense ne posent que des jalons. Pour longtemps encore la défense demeurera nationale et les accords bilatéraux ad hoc l’instrument le plus efficace.

Cette maxime, «autant d’Europe que possible, autant de nationale que nécessaire» s’applique aussi à l’industrie de défense. In abstracto, il serait souhaitable de disposer de géants européens. In concreto, sur des projets comme le SCAF ou le MGCS, on mesure les difficultés de coopérations qui n’ont de sens que si elles permettent d’obtenir pour moins cher, et plus vite, des matériels répondant aux besoins réels de nos armées. C’est loin d’être toujours le cas. Si l’on y ajoute le tropisme américain de certains acteurs – Airbus qui motorise l’Eurodrône avec des moteurs GE ou l’Allemagne qui dès l’annonce de la création du fond de 100 milliards commande des F35 américains- la vigilance doit être de mise.

La Défense, c’est bien plus que la défense militaire, c’est la défense civile, la défense économique, la défense cyber, la défense culturelle et morale.

Quelques priorités se détachent:

  • mise en place d’un European buy act de l’armement en contrepartie des coopérations ;
  • préservation de la liberté française en matière de grand export ;
  • sauvegarde du financement de la BITD (base industrielle et technologique de défense) menacé par certains critères ESG ou certains projets funestes comme la taxonomie sociale et le label finance durable qui exclurait le secteur de la Défense.

La création d’un secrétariat d’État à la BITD qui coordonnerait les différents acteurs pourrait être une réponse.

Tous ces éléments doivent être intégrés dans la notion de «Défense globale» définie par l’ordonnance de 1959 dont il faut retrouver l’esprit: la Défense, c’est bien plus que la défense militaire, c’est la défense civile, la défense économique, la défense cyber, la défense culturelle et morale. C’est la résilience de la nation, la promotion de la souveraineté pour les industries vitales, la constitution de stocks stratégiques. Sans tomber dans une fièvre obsidionale hors de propos, le renforcement des cellules planification du SGDSN (secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale) est une réelle nécessité.

Bref, l’heure est à l’action ! Elle est aussi, sur ce sujet clef, si le courage est au rendez-vous, à l’union nationale des partis de gouvernement. L’épée de la France est au-dessus des partis !

Armement, logistique, cyberdéfense… Ce que la guerre en Ukraine nous apprend sur l’armée française

La France est préparée pour des conflits asymétriques, mais pas pour une guerre inter-étatique comme celle qui oppose la Russie à l’Ukraine. Des experts analysent ce que le conflit révèle de nos armées et des défis qui les attendent.

Lire l’article…

Ci-joint un mémento du cérémonial, du protocole, de la préséance et des usages élaboré par le DMD de l’Eure qui se veut un guide pratique pour l’organisation des cérémonies et l’application du protocole.

Toutes les associations doivent en avoir pris connaissance avant d’organiser une cérémonie patriotique  et notamment avant d’organiser une remise de décorations.

   HISTORIQUE DE LA BRIGADE DE PARACHUTISTES D’OUTRE-MER

Il décrit de façon chronologique l’histoire des unités des Troupes de Marine de la BP. Ce document se décompose en trois périodes :

1) Les « Grands Ancêtres », d’où elle est issue.

2) La 1ére Demi B.C.C.P. et les formations qu’elle a mis sur pieds.

3) La Brigade et les formations qu’elle a engendrées.

Pour chaque formation (Bataillon, Groupe de Commando, régiment), il a été établi :

a) Une fiche « d’état-civil », dont tous les renseignements ont été puisés dans des pièces officielles.

b) Un résumé des activités établi d’après les journaux de marche et C.R. d’opération.

c) Une copie de chacune des citations collectives.

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Avenue du lieutenant Jacques Desplats

81108 Castres Cedex